LES PREMIERS COMBATS DANS LES VOSGES
Les Allemands en Alsace. — Combat de Raon-l'Âtape. — Le général Gambriels. — Le générale. Werder. — Combat de la 3oargonee. — Retraite sur Besanyon. — Situation dans l'Est vers le 15 octobre.
Dès le mois d'août 1870, les succès inouïs des Allemands en Alsace, sur la Sarre et la Moselle , tout en leur ouvrant la route de Paria, rendirent plus délicat le maintien de leurs communications avec la mère patrie. Entre nos places du Nord, le bassin de la Hauje-Saône et le plateau de Langres, le territoire occupé par eux dessinait un coin, dont Tangle devenait toujours plus aigu à mesure qu'ils se rapprochaient de Paris. En même temps ils prêtaient davantage le flanc aux attaques provenant de la partie de la France qu'ils n'occupaient pas encore. Enfin, ils découvraient une portion de leur propre frontière, celle qui faisait face à ce que nous gardions de l'Alsace et des Vosges.
Il en résulta que nos adversaires ne tardèrent pas à prendre
CAUPAGaB DK L*B8T. — I. t
quelques précautions sur les deux rives du Rhin. Des gardes mobiles, qui avaient passé ce fleuve à Bellingen, ayant foulé pendant quelques instants le sol allemand, le bruit courut que 5,000 francs-tireurs venus de Lyon allaient se réunir aux ouvi'iers de Mulhouse laissés sans ressources par le chômage, pour tenter avec eux une incursion dans le grand-duché de Bade. De Kehl, le général v." Werder dirigea sur le Brisgau un petit détachement de toutes armes emprunté aux troupes qui assiégeaient Strasbourg (31 août), et qui fut ensuite renforcé par les soins du ministère de la guerre badois. Puis des escarmouches contre nos francs-tireurs s'étant produites dans la Haute-Alsace, Tétat-major du i*oi de Prusse prescrivit à Werder de porter dans toute cette région des colonnes mobiles chargées de désarmer les habitants (9 septembre). Par suite, une brigade constituée à Mulheim sous les ordres du général Keller fut dirigée sur Colmar et Mulhouse. Elle entra sans combat dans ces deux villes (14 et 16 septembre), détruisit la ligne ferrée de Belfort à Mulhouse et le pont de riU, puis se replia vers le nord suivant les ordres de Werder. Elle laissait le champ libre aux partisans sortis de nos places de la Haute-Âlsace ; ils la rendirent bientôt impraticable aux petits détachements de nos adversaires.
Cependant, à Touest des Vosges, une petite colonne détachée par Werder sous les ordres du major v. Elern opérait vers Blamont et Badonviller, non sans combattre à la Pierre- Percée et à Raon-rÉtape (23 et 27 septembre).
Mais ces premières mesures parurent insuffisantes à Tétatmajor du roi de Prusse. En attendant que la prise de Strasbourg lui permît de disposer du corps de siège, il forma dans le grand-duché une 4" division de réserve commandée car le général v. Schmeling. Elle devait passer le Rhin, occuper la Haute-Alsace, assiéger Schlestadt et Neuf-Brîsach ; en même temps elle observerait Belfort.
Malgré Textrême pénurie à laquelle nous avaient réduits les défaites d'août 1870 et surtout le désastre de Sedan, le gouvernement de la Défense nationale songeait déjà à menacer les communications de F ennemi. La preuve en ressort