bataillons, 1 batterie
trouvaient un grand nombre d'armes et d'objets d'équipement; ils ramassaient dans les fermes quantité de traînards parmi lesquels des officiers.
Von Tresckow reprenait son mouvement vers 10 heures et demie, par le chemin de Montfort à Saint-Corneille, moins mauvais que les autres. A midi, sa pointe d'avant-garde atteignait le Merdereau, derrière lequel le château de la Hyre était encore occupé par nos troupes. La division Colin avait reçu dans la nuit du 11 au 12 l'ordre de se retirer sur Saint-Corneille ; la 1'* brigade devait traverser le bois de Mondoublerain ; la 2* prendrait le chemin le plus direct. Ces mouvements furent exécutés. Toutefois, en raison de la difficulté des chemins, la V^ brigade dut abandonner une grande partie de son matériel \ Quant au gros de la 2®, il défila, homme par homme, dans un étroit chemin creux, rempli de neige; il rallia près de l'Ormeau le 1" bataillon de l'Orne et le 59* de marche, puis, vers 8 heures, atteignit Saint-Corneille sans incident. Le bataillon du 41* de ligne avait couvert cette retraite. Environ deux heures après, toute la division Colin était rassemblée autour de Saint-Corneille, et le généraljaurès lui donnait l'ordre de se porter par Savigné sur Ballon, où était signalé un fort parti ennemi. Il fallait s'assurer de ce village et du pont voisin', dont l'importance était capitale pour la retraite. A onze heures, la division se mettait en mouvement, la 2* brigade (des Moutis) en tête. Dans le plus grand ordre, elle venait prendre la route de Bonnétable à l'ouest du château de Touvois et se dirigeait sur Savigné. C'est à ce moment que les avant-postes de la 3® division du 21* corps (Villeneuve) étaient attaqués au château de la Hyre'. Deux bataillons allemands, soutenus par un troisième, franchirent le Merdereau et, après un long combat, s'emparèrent de
1. Chanzy dit qu'elle fut attaquée vers 9 heures ; VÉtat-major prussien ne fait aucune mention de ce combat « assez vif».
2. Dans sa dépêche du 12 à Chanzy, Jaurès signale la position de Ballon comme couvrant le pont de Montbizot, ce qui est évidemment faux.
3. D*aprés des Moutis et de Mauni, les deux brigades de la division Colin ne furent engagées, ni à Saint-Corneille, ni à Savigné.
Saint-Corneille et dh château, en faisant 500 prisonniers (vers 4 heures) ^
En débouchant devant le château de Touvoîs, sur le ruisseau de la Vive-Parance, les Allemands rencontrèrent une résistance plus énergique. Le 15" mobiles (Calvados) et le 3* bataillon de fusiliers marins se défendirent même assez longtemps pour obliger Tennemi à la retraite. A la nuit, l'avant-garde de la 17" division s'établissait à Grande-Houssaie et son gros entre Saint- Corneille et Pont-de-Gennes. Elle avait fait plus de 1 ,000 prisonniers et recueilli une grande quantité de vivres.
Quant à la 22* division, après s'être longuement arrêtée à Saint-Célerin pour intervenir, s'il y avait lieu, à la droite de von Tresckow, elle atteignit Chanteloup vers 2 heures*. Les avant-postes de la division Villeneuve (3* du 21® corps) y étaient encore installés. Ils furent d'abord refoulés par trois bataillons et une batterie en perdant des prisonniers. Mais d'autres troupes les recueillirent vers la Croix et arrêtèrent les progrès de l'ennemi. Nous avions à ce moment en ligne huit bataillons, une batterie et une section de mitrailleuses.
Cependant le gros de la 22* division apparaissait vers Silléle-Philippe que prenait l'un de ses bataillons. Vers 5 heures, les Allemands exécutèrent une attaque générale qui réussit. Après avoir repoussé un retour oflfensif, ils s'emparèrent de la Croix en faisant un grand nombre de prisonniers '.
1. La dépêche de Jaurès citée plus haut et l'ouvrage de Chanzy ne font aucune mention de ce combat. Il est possible qu'il ait été grossi par VÉtatmajor pruêsien.
D'ailleurs il faut reconnaître que le rôle du 21^ corps dans les journées qui suivirent le il janvier a été singulièrement embelli par les documents d'origine française.
2. Ètal-major prussien, Chanzy et Jaurès disent il heures ; mais les distances parcourues semblent indiquer que la première heure est la vraie.
S. 8,000 dont un commandant de régiment, d'après VÉtal-major prussien. Le général von Witlich dit 33 officiers et S,ioO hommes ; Chanzy, près de 2,000 tués, blessés ou disparus. Suivant l'ouvrage de Chanzy et la dépêche déjà citée de Jaurès, le combat aurait eu lieu surtout aux abords de la Fourche (croisée des routes de Bonnétable à Savigné et de Saint-Corneille à Ballon). Aucune mention n'est faite de notre échec à la Croix, malheureusement trop réel. Chanzy dit même que nous ne perdîmes pas un pouce de terrain.
La 22° division s'établit en cantonnements de Chanteloup à Beaufay et à Torcé, derrière des avant-postes passant par la Croix ; la 9° brigade de cavalerie passa la nuit à Bonnétable. Quant à la division Villeneuve, vers 6 heures et demie, elle marcha par Souligné sur Ballon, emmenant avec elle, outre son matériel, deux batteries du IT" corps.
La division Rousseau (T* du 21° corps) s'était mise en retraite de très grand matin vers le plateau de Sargé qu'elle atteignit à midi. Après avoir rallié au passage le corps Cathelineau, elle se dirigea sur Montreuil, la Guierche, Montbizot et Ballon, parallèlement à la direction suivie par les 2® et 3® divisions du même corps d^armée. Son artillerie, seule, traversa le Mans pour trouver des chemins plus faciles et faillit tomber entre les mains de Tennemi.
Quant à la division Gougeard, restée à Yvré depuis la veille, elle avait eu à repousser dans la matinée quelques tentatives du IIP corps prussien pour franchir THuisne vers le château des Noyers. Les francs-tireurs de Tours et le bataillon du 97* de ligne firent même preuve d'entrain dans cette occasion.
A midi seulement, Gougeard reçut Tordre de la retraite. Il gagna aussitôt Sargé, en deux colonnes, sans être inquiété par l'ennemi. De là il alla passer la Sarthe à Montbizot et bivouaqua près de Saint-James ^ à 8 heures du soir.
Cependant la 4" division de cavalerie prussienne avait dirigé de grand matin vers la Sarthe la 8° brigade. A Courcebœufs celle-ci enleva un détachement de cavalerie appartenant au 17® corps. Mais à Ballon, où elle alla ensuite, des gardes nationaux du pays, qu'elle prit pour de l'infanterie régulière, et deux pelotons du 5" mixte de cavalerie de ligne suffirent pour la mettre en retraite. Après l'entrée de Pavantgarde de von Wittich dans Chanteloup, le général von Bernhardi tenta de se porter de Beaufay vers la Sarthe avec un bataillon, un escadron et deux sections à cheval. En atteignant Courcebœufs, cet escadron refoula, non sans pertes.