‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 124 sur 185 · CHAPITRE XXXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXn

COMBAT DE BRIARE (14 janvier).

La sitiiatioii au ind d'Orléans. — !« corps de la Nièvre. — Combat de Briare. — Ordres de Frédéric-Charles. — Occapation de Tours.* — Répartition des troupes allemandes.

— Le grand-duc à Rouen. — Réorganisation de la 2^ armée. — L'armée de Bretagne.

— Situation morale et matérieUe de nos troupes. — L'armistice.

Pendant que ces événements se succédaient dans Touest de la France, les troupes allemandes demeurées aux abords d'Orléans (25® division d'infanterie) étaient d'abord restées înactives. De cette ville, un régiment de cavalerie se dirigeait le 3 janvier sur la Ferté-Saint- Aubin. De là, soutenu par un bataillon de chasseurs, il envoyait des patrouilles dans la Sologne. Un fort détachement cantonné au faubourg Saint- Marceau devait le recueillir en cas de besoin, en occupant des positions défensives organisées au sud d'Orléans.

Dans les premiers jours de janvier, les cavaliers hessois rencontrèrent à plusieurs reprises des mobiles et des francstireurs. Mais les Allemands apprirent bientôt, d'une façon positive, que les dernières troupes de Bourbaki s'étaient à leur tour dirigées sur l'est de la France ; Vierzon avait été évacué par elles le 8 janvier.

Au contraire, un détachement allemand, à Briare depuis le 4 sous les ordres du général von Rantzau, et qui avait reçu mission d'éclairer dans les directions de Nevers et de Clamecy , restait en contact permanent avec des troupes françaises. Le général de Pointe de Gévigny, commandant supérieur de la Nièvre, avait en effet sous ses ordres dix à douze mille hommes, presque tous mobiles ou mobilisés. Le 12, l'un de ses détachements, porté de Trézée vers Ouzouer-sur-Trézée, s'en empara. Les Allemands y rentrèrent ensuite, mais pour

COMBAT DE BBIARE. 331

être de nouveau obligés de se retirer ; ik se concentrèrent à Briare.

Le matin du 14, par un épais brouillard, Rantzau apprit que des francs-tireurs occupaient la route de Montargis et que des troupes françaises marchaient plus à l'est, venant d'Ouzouer-sur-Trézée. La colonne allemande (trois bataillons, trois escadrons, une batterie ^) prit les armes et trois pelotons d'infanterie, poussés sur la route de Montargis, refoulèrent les francs-tireurs. Néanmoins nos troupes mirent une batterie en ligne et continuèrent à marcher vers le nordouest, dans l'intention évidente d'envelopper les Hessois. En même temps des masses assez fortes se montraient à Ousson, au sud-est. Voyant sa retraite compromise, Rantzau décida de s'ouvrir un passage sur Gien. Déjà nos tirailleurs s'étendaient de la route de Gien à la Loire ; il se fit précéder de dejix escadrons en fourrageurs, dont la plus grande partie réussit à traverser notre ligne. Puis un petit détachement d'infanterie (une compagnie et un peloton), venant du château de Beauvois, ouvrit un feu rapide sur notre droite et ne tarda pas à frayer un chemin pour le gros de l'ennemi. En suivant la route et la ligne ferrée, il put atteindre la ferme Rivotte et finit par arriver à Gien, après avoir subi des pertes minimes*. Rantzau ne crut pourtant pas devoir s'y arrêter et se retira jusqu'à Ouzouer-sur-Loire.

A la première nouvelle de cet échec, Frédéric-Charles prescrivit au prince Louis de Hesse de ne laisser qu'un bataillon et un escadron à Orléans, et de marcher avec le reste sur Châteauneuf. En même temps il ordonnait au général von Hartmann de diriger la 38* brigade d'infanterie de Château-Renault sur Blois, de façon que l'on pût envoyer à Orléans le régiment qui occupait cette ville. Puis il apprit que Rantzau s'était retiré sans trop de peine ; il renonça donc à pousser les Hessois sur Châteauneuf, en se bornant à faire

Page 1