‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 125 sur 185 · escadron était à Gien · texte numérisé non relu

escadron était à Gien

2. 2 officiers et 25 hommes, dont 10 disparus (État-major prussien). Les documents d*origine française contiennent très peu de renseignements sur cette affaire.

soutenir Rantzau par un détachement porté derrière le canal d'Orléans. D'ailleurs nos troupes n'avaient pas dépassé Nevoy, à quelques kilomètres au nord-ouest de Gien.

On laissa donc à von Hartmann la disposition delà 38* brigade, et on le chargea de garder Blois, tout en couvrant l'espace compris entre la Loire et le Loir. Il établit six compagnies et trois escadrons à Blois, et porta le reste de la 38' brigade à Monnaie, où se rendit aussi le gros de la 1" division de cavalerie. Le 19 il entra dans Tours, sans la moindre résistance, et son avant-garde poussa jusqu'au Cher. Nous avions quelques troupes à Villandry et vers Monts, mais elles n'empêchèrent pas l'ennemi de détruire les ponts de Saint-Cyr, de Saint-Mars et de Savonnières, sur la Loire et le Cher.

Cependant la cavalerie hessoise remarquait un redoublement d'activité en Sologne. Dès le 16, on savait à Orléans qu'un nouveau corps d'armée se formait à Vierzon. Puis des patrouilles rencontrèrent nos troupes au nord du Beuvron. Sur un ordre venant de Versailles, Frédéric-Charles se hâta de diriger le IX* corps de Conlie sur Orléans (22 janvier).

Au contraire, en face de Rantzau, les troupes du général de Pointe ne tardaient pas à se retirer ; elles évacuèrent Gien le 24 et Briare le 25. Cependairt de nombreux corps francs avaient récemment paru sur la partie supérieure du cours de l'Yonne et de la Seine. Obéissant à un ordre venu du grand quartier général, Rantzau se dirigea vers Châtillon-sur-Loing (28 janvier), d'où, après un petit combat, il délogea quelques centaines de francs-tireurs. Des environs de Paris, une brigade d'infanterie du VP corps venait d'être envoyée par voie ferrée à Montargis et à Joigny. Soutenu par elle, Rantzau continua sa marche vers l'est ; le 30 janvier il était à michemin entre Saint-Fargeau et Auxerre.

Le départ du IX'' corps pour Orléans ne laissait à Frédéric- Charles que des forces restreintes (27,000 combattants d'infanterie, 9,000 chevaux et 186 pièces). Il avait déjà porté vers Angers une partie du III® corps, afin d'y couper les voies ferrées qui unissaient encore le nord et le sud de la

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France ; il dut arrêter ce mouvement et concentra autour du Mans la masse principale de ses forces ; le X° corps cantonna aux abords de cette ville, couvert du côté de la Mayenne par le IIP corps et par les trois divisions de cavalerie de la II® armée.

La 6* division occupait la gauche, à Pontvallain, la Flèche, le Bailleul, Malicorne, Noyen-sur-Sarthe (24 janvier). Autour de la Flèche, elle avait à livrer plusieurs escarmouches contre des fractions de la brigade Cléret, notamment les 24, 26 et 27 janvier.

Le 23, le IIP corps portait ses pointes d'avant-garde au delà de Sablé et de Sillé-le-Guillaume ; à Sablé, sa gauche se reliait à la 6® division de cavalerie. En avant de lui, la 2® division gardait le cours de TErve. Au cas d'une attaque, le général von Alvensleben aurait pris position à Test de la Vègre. Sur son front, les escarmouches étaient fréquentes, car notre cavalerie se montrait beaucoup plus entreprenante. Le 27 , nos chasseurs d'Afrique se heurtaient à Vaiges contre des hussards prussiens ; le 28, un autre combat avait lieu au même endroit, entre un escadron d'éclaireurs algériens et les Allemands. Enfin, le 29, une colonne des trois armes allait déloger d'Evron un détachement de notre cavalerie qu'elle refoulait vers Montsurs.

A droite, la 4® division avait évacué Alençon le 20, après le départ du grand-duc pour Eouen (19 janvier). Elle occupait Teille, Ballon, Beaumont et Fresnay. Dès le 23, des mobilisés de la Mayenne, qui s'étaient montrés à l'ouest d'Alençon, se heurtèrent contre un détachement venu de Fresnay. Il les repoussa d'abord, mais fut bientôt arrêté àGesvres, sur le chemin de Villaines. A la suite de cette affaire, nos mobilisés rentrèrent dans Alençon le 26, pour en être délogés le lendemain par une colonne venue de Beaumont. Frédéric-Charles fit même définitivement réoccuper Alençon le 29 janvier \

1. Il avait appris la signature de Varmistice le soir du 28 et voulait étendre sa zone d'occupation, par un procédé d'une correction discutable.

Cependant, après avoir laissé la 22^ division à Elbeuf, au sud de la Seine, et la 5® division de cavalerie entre Montfort-sur-Kille, Brionne et Bemay, le grand-duc était entré dans Rouen avec Tavant-garde de la 17* division (25 janvier). Sa mission consistait à défendre la rive gauche du fleuve, en soutenant au besoin le I" corps sur la rive droite.

Dès le 23 janvier, Chanzy se rendait compte de l'objet de ce mouvement. Frédéric-Charles en était notablement affaibli, et cette circonstance parut à notre général en chef de nature à justifier la reprise des opérations actives. H proposa au Ministre (24 janvier) de donner au général de Colomb la mission de couvrir la Bretagne ; on lui laisserait deux des divisions du 17^ corps, la troisième passant au 16', alors très affaibli ; on grouperait sous ses ordres les mobilisés bretons répartis en trois ou quatre groupes de 10,000 à 15,000 hommes chacun, ainsi que Gambetta l'avait décidé. Une fois cette nouvelle armée en position, Chanzy se reporterait en avant avec les 16**, 19®, 21® corps ; il marcherait de Caen vers la Seine, et se tiendrait prêt à reprendre l'offensive sur Paris dès que Faidherbe serait en état de l'imiter.

Cette dernière éventualité était d'une réalisation tout à fait improbable depuis la défaite de l'armée du Nord à Saint- Quentin. D'ailleurs, la présence seule de Frédéric-Charles au Mans aurait suffi à rendre singulièrement aventurée, pour ne pas dire plus, la marche de Chanzy. En outre, la Délégation savait que la capitulation de Paris n'était qu'une question d'heures. Pourtant le Ministre parut adopter les projets de Chanzy; il donna même les ordres nécessaires pour la constitution de l'armée de Bretagne.

Le 28 janvier, Chanzy déterminait de la façon suivante la nouvelle organisation de ses troupes. La 1'® division du 17* corps (Roquebrune) passait au 16'; les 2* et 3®' divisions restaient sous les ordres du général de Colomb et consti-

1. Le général de Jouf&oy élait relevé de ses fonctions et remplacé par Morandy, Tancien chef de la 8* division du 16« corps. Deplanque, appelé au commandement des lignes de Carenlan, laissait au général Gérés celui de la i'« division du 16« corps.

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tuaient les bases de sa future armée. Elles allaient remplacer les !'• et 3'. divisions du 16" corps dans leurs positions à Test de la Mayenne. De même, la cavalerie du 17* corps relèverait celle du 16® sur les deux rives de cette rivière \

Ce double mouvement devait commencer le 29 pour se terminer le matin du 30 ; à mesure qu'elles seraient relevées, les troupes du 16" corps repasseraient la Mayenne et iraient s'établir, la 1" division, de Saint- Germain -d'Auxure à Alexain, la 3", de Saint-Germain-le-Fouilloux à Andouillé.

Quant aux divisions Barry et Roquebrune, elles garderaient provisoirement leurs positions.

Chanzy se proposait de couvrir Lisieux, alors menacé par le grand-duc; en même temps, il craignait que Frédéric- Charles ne jetât des troupes sur Prez-en-Pail, la Ferté-Macé et Fiers, de façon à couper le 19" corps du reste de Tannée. Le prince y aurait eu d'autant plus de facilités, que le gros de ses troupes était massé entre la Yègre et le Mans, tandis que les nôtres s'éparpillaient de Château-Gontierà Jort*, sur plus de cent quarante kilomètres. Cette répartition était singulièrement imprudente, il faut le reconnaître.

Pour atteindre le double but qu'il se proposait, Chanzy crut devoir accroître encore l'étendue de son front, en portant Lipowski vers Lisieux et la division Saussier (19° corps) de Jort à Mézidon. Le général Dargent reçut l'ordre de faire appuyer sur Jort une partie des troupes d'Argentan, et de s'établir lui-même de Briouze vers Écouché et Argentan, en maintenant de la cavalerie à Ranes pour se relier au 21" corps.

A sa droite, les mobilisés de la Mayenne et de l'Orne (colonel Bournel), répartis de la Ferté-Macé à Prez-en-Pail, étaient rattachés à la division Gougeard®.

1. Les éclaireurs algériens, Tescadroa du capitaine Bernard, le l«' régiment de marche de chasseurs d'Afrique et le 8« hussards, quoique rattachés à la cavalerie du 16» corps, étaient établis sur la rive gauche. Les chasseurs d'Afrique passèrent à la réserve de Tarmée et le 8» hussards au 21« corps. (Instructions du 28 janvier.)

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