‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 126 sur 185 · Au nord-est de Falaise · texte numérisé non relu

Au nord-est de Falaise

3. Celle-ci venait d*ôtre afTalhlie par le départ pour Rennes des zouaves pontificaux qui allaient constituer le noyau du corps de Gharette.

Quant à l'organisation de Tarmée de Bretagne, elle était commencée. Charette recevait à Rennes sept bataillons de mobilisés, et il ne demandait que huit jours pour les amener à Vitré et à Fougères, en arrière des positions qu'il occuperait au départ de l'armée. A Château-Gontier, Cathelineau avait reçu six de ces bataillons. A Nantes, le général Béranger réunissait 18,000 mobilisés sous ses ordres; il avait pour instructions de se porter sur la Mayenne pour se relier à Cathelineau et concourir avec la brigade Cléret à la défense du Val^

Enfin quelques bataillons de mobilisés de la Mayenne, encore à Ernée (colonel Ramatowski), étaient également mis à la disposition du général de Colomb.

Malheureusement tout cet étalage de forces était beaucoup plus apparent que réel; malgré la bonne volonté des mobilisés bretons, ils restaient des non-valeurs, ou peu s'en faut. Dans une dépêche du 30 janvier au Ministre, le général de Colomb les signalait comme étant en sabots, mal armés, encadrés par des officiers sur lesquels il n'était pas permis de compter. Légions et brigades étaient encore dispersées.

On réclamait avec insistance pour eux des souliers et des armes autres que des springfields. Quant à la 2® armée proprement dite, son état continuait à s'améliorer. Malgré la variole et la fièvre typhoïde, les malades étaient devenus moins nombreux. Régulièrement nourris, suffisamment vêtus, bien chaussés, à l'abri des intempéries, les soldats oubliaient leurs misères passées et reprenaient confiance.

Un moment, une nouvelle calamité, le typhus des bêtes à cornes, menaça d'une entière destruction les troupeaux de l'armée. En une seule nuit, celui d'une division du 17* corps perdit ainsi 60 bœufs. Mais on parvint à enrayer les progrès de cette maladie, grâce à des mesures énergiques.

De nouveau, nos efiFectifs s'étaient beaucoup accrus ; les quatre corps de la 2* armée comptaient près de 150,000 hom-

1. En outre sept batailloDS de mobilisés bretons avaieDt été dirigés éiir Careotan.

mes d'infanterie, plus de 6,000 cavaliers et 54 batteries. Avec les mobilisés bretons, le total de nos forces atteignait 235,000, hommes'. Le 28 janvier, au moment où. il modifia l'organisation de ses troupes, Chanzy croyait le moment venu de tenter de nouveau un mouvement vers Paris. Les événements ne lui en laissèrent pas le temps : le lendemain, au moment où le général Loysel lui annonçait du Havre que le mouvement du grand-duc seml^lait être terminé, il reçut communication d'un télégramme daté de Versailles, le 28 janvier, à 11 heures 15 du soir. M. Jules Favre annonçait à la Délégation la conclusion d'un armistice et la réunion d'une Assemblée nationale pour le 15 février. La question de la guerre ou de la paix était définitivement posée devant le pays.

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