‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 17 sur 185 · Dépêche de Jauréguiberry à Chanzy, 4 heures 3/4 du matin · texte numérisé non relu

Dépêche de Jauréguiberry à Chanzy, 4 heures 3/4 du matin

de Villorceau sur Villevert. Vers 7 heures, elle dépassait ce |)oint et semblait même menacer Le Mée, que deux bataillons bavarois et une batterie prussienne s'empressaient de couvrir. Notre démonstration était aussitôt arrêtée.

D'ailleurs, à ce moment (8 heures), la division Deplanque se retirait par échelons sur Loynes. Malgré la fatigue et la dispersion de ses troupes, dont une partie, notamment les 33® (Sarthe) et 75* mobiles (Loir-et-Cher et Maine-et-Loire), s'était repliée, dès la veille au soir, sur la route de Mer, ce mouvement s'opérait avec le plus grand ordre.

Vers 8 heures et demie * la division Deplanque ayant dépassé Loynes, le général de Roquebrune commençait son mouvement rétrograde. A ce moment les Bavarois déployés au sud-ouest du Mée étaient renforcés par d'autres bataillons venant de Beaumont. Ils dépassaient Villevert et Villechaumont ; puis, avec l'appui d'une batterie, six de leurs compagnies s'emparaient de Villorceau (10 heures et demie), en •dépit d'une défense opiniâtre qui nous coûtait une centaine •de prisonniers. Cependant, entre 11 heures et midi, des fractions des divisions Roquebrune et Deplanque reprenaient l'oflfensive sur Villorceau et le Petit-Bonnevalet. Une batterie allemande placée au nord de Beaugency avait même beaucoup à soufiFrir de leur feu.

D'ailleurs, ce mouvement oflFensif ne tardait pas à être arrêté par les deux bataillons et la batterie qui s'étaient emparés de Villorceau, en même temps que par des fractions de la 17* division venant de Messas.

En effet, vers midi, à Tannonce que de fortes masses se portaient de notre gauche vers Cravant, le grand-duc avait prescrit au général Von Tresckow de se diriger de Messas sur Villevert et Villorceau, en opérant un changement de front à droite. Ce mouvement était d'une exécution d'autant plus Aisée que, par suite de la retraite de la colonne Camô et •d'une grande partie de la division Deplanque, la IV division

1. D'après V Historique du iP chasseurit, le ii« chasseurs de marclie (i'® division du 17® corps) aurait pris position dans la matinûe derrière le ravin de Tavers ; mais ce détail paraît ôtre erroné.

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n'avait plus d'adversaires devant elle. Von Tresckow porta sur le Grand-Bonnevallet le gros des troupes rassemblées à Messas ; pour se couvrir du côté du ravin de Tavers, il dirigea une avant-garde sur Pierre- Couverte, tandis qu'un bataillon occupait chacun des hameaux des GroUes et du Clos-Moussu. Il ne restait plus à Beaugency qu'un bataillon, deux escadrons et une batterie.

Cependant deux bataillons et une batterie prussienne marchaient du Grand-Bonne valet sur Loynes et Villorceau, où les Bavarois étaient déjà entrés, nous l'avons dit. Un autre bataillon poussa ensuite sur Villemarceau, où il ne tarda pas à être attaqué par de fortes colonnes du 17" corps sorties d'Origny et de Villejouan. Toutefois avec l'appui d'un bataillon et de trois batteries placées au sud de Villemarceau, il parvenait à conserver ses positions.

Au centre de Von Tresckow, deux bataillons, demeurés tout d'abord au Grand-Bonnevallet, s'avançaient jusque dans l'intervalle de Clos-Moussu et de Boynes, à là suite des fractions de la colonne Camô en retraite vers la ferme de la Feularde. Le général Tripart avait occupé le ravin de Tavers et une partie de la série de dépressions qui le prolonge vers Toupenay. Dans la plaine découverte et faiblement ondulée qui sépare Beaugency de Blois, cette coupure constituait un obstacle assez sérieux. De plus, des emplacements de batterie construits en arrière du ravin, aux abords de la route et du chemin de fer, battaient tout le terrain vers Beaugency et même la rive gauche de la Loire ^

De son côté, la division Deplanque s'était retirée sur

1. Une partie de la division Barry, notamment la majeure partie du SS^^ de marche, s*était retirée sur Mer, dès 4 heures du matin, le 9 décembre ; 4 compagnies du 38^ demeurèrent à Tavers toute la journde et se replièrent le soir sur Mer. Le reste de la division fiarry se retira sur Blois, dans l'aprèsmidi du 9, après avoir coupé le pont suspendu de Mer (Historique du 38^ de ligne).

A la suite de cette retraite, le général Barry fut Tobjet d'un ordre d'arrestation de la part de Gambetla, ordre qui ne fut jamais exécuté : « Le général Barry est venu au ministère dès son arrivée ; il s'est croisé avec vous. J'ai peut-ôtre été niais, mais, devant ses explications, je n*ai pas eu le courage de maintenir Tordre d'arrestation. » (Télégramme de M. Banc à Gambetta, Enquête, tome IV, page 68.)

Serqueu, où elle se couvrait d'épaiilements et de tranchéesabris, en se reliant à la colonne Tripart au moyen de la cavalerie du 17® corps, placée vers Laveau. Vers midi il se produisit sur cette partie du champ de bataille un moment d'accalmie qui dura jusqu'à 3 heures et demie. Alors les deux bataillons prussiens venant du Grand-Bonnevalet, renforcés de deux autres, débouchèrent au delà de la crête qui sépare Clos-Moussu de Boynes, vers la Feularde. Le temps était sombre 5 Chanzy, qui examinait avec l'amiral des travaux en construction au nord -est du Grand -Mizian, crut d'abord à l'arrivée de troupes de la colonne Tripart. Mais les Allemands ne tardaient pas à ouvrir le feu et refoulaient assez aisément la brigade Bourdillon au delà du ravin jusqu'à la Feularde \ A ce moment, la brigade du lieutenant-colonel Faussemagne (P® division du 17" corps) formait un crochet défensif sur leur flanc droit, vers Toupenay. Les bataillons de Bourdillon, renforcés de deux batteries, reprenaient en même temps l'offensive. Enfin une batterie de mitrailleuses (22® du 13® régiment), placée à cheval sur la voie ferrée et enfilant le ravin, prenait de flanc les tirailleurs ennemis, en leur infligeant de fortes pertes.

Les Allemands étaient bientôt arrêtés et même ne tardaient pas à repasser le ravin, en se repliant vers le Grand-Taupanne et la Pierre-Tournante, où ils s'arrêtaient à la nuit. Plusieurs de leurs batteries placées au nord de Villemarceau avaient ouvert le feu contre la brigade Faussemagne, mais l'artillerie de Roquebrune suffisait à leur imposer silence.

Ainsi, sur cette partie du champ de bataille, la journée se terminait heureusement pour nous ^. Mais il n'en était pas de même au centre de l'armée.

Le 2® bataillon du 51® de marche (2® division du 17® corps)

1. La brigade Bourdillon occupait la gauche de Deplanque, son centre au Grand-Mizian. Le 75« mobiles, à gauche de cette ferme, était encadré entre une batterie de mitrailleuses et une batterie de 4, celle-ci à sa droite (Dumas, Les Mobiles de Maine-et-Loire).

2. L*éiat-major prussien (p. 660) glisse sur cet échec, tout en le reconnaissant implicitement. Voir à ce sujet l'ouvrage de Chanzy, les historiques des mobiles de Maine-et-Loire et du 13* d'artillerie.

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avait réoccupé, durant la nuit, Cernay, que nous avions évacué la veille au soir. Le reste de cette division s'étendait au sud-ouest de Villechaumont. Quant à la 3* division du 17® corps, elle était en deuxième ligne, vers le Plessis et Ourcelle.

De leur côté, les Allemands avaient à Villechaumont un régiment d'infanterie, deux escadrons et une batterie* appartenant à la 4® brigade bavaroise. Dès 7 heures du matin, ils ouvraient le feu sur des colonnes de la 2" division du 17" corps apparues vers Cernay.

Tout d'abord nous ne dépassions pas ce hameau. Vers 9 heures seulement , une forte ligne de tirailleurs faisant partie de la même division * se montrait au sud-ouest. Mais déjà toute la 4® brigade bavaroise s'était concentrée à Villechaumont, et six de ses compagnies arrêtaient nos progrès, grâce à l'appui de huit pièces placées au nord-ouest, puis à l'ouest, près d'un moulin à vent.

Cependant trois batteries françaises, dont deux aux abords de Cernay et la troisième à l'est d'Ourcelle, infligeaient de telles pertes à l'artillerie bavaroise qu'elle se retirait, non sans peine. Pour le moment, elle était même hors d'état de reprendre part ^ l'action'. A la suite de sa retraite, les cinq bataillons bavarois, vivement pressés par nos tirailleurs, se repliaient sur Villechaumont, lorsque survint une partie de la 22® division d'infanterie.

Au lieu de rassembler celle-ci tout entière à Launay, suivant l'ordre du grand-duc, von Wittich avait cru prudent de laisser la 44® brigade en position de Beauvert à Cravant et de porter la 43®, seule, à Launay. En atteignant Beaumont vers 8 heures, le général commandant cette brigade reconnut

1. Réduilo à deux pièces, les autres étant hors d^usage {État-major prussien, page 647).

8. Les i«r et B^ bataillons du ôi^' de marche figuraient parmi ces troupes (Historique du 5P de ligne). La 20« batterie du 13« régiment, la 20» du 12, les 82<^ et 33<> de Tartillerle de la marine furent engagées aux abords de Cernay et de Villechaumont. Ces trois dernières faisaient partie de la réserve du 178 corps.

S. V. Helwig. Il lui restait seulement i officier, 2 sous-officiers et 12 servants.

qu'il ne pouvait plus être question de relever les Bavarois, mais seulement de les renforcer. 11 détacha aussitôt trois bataillons et deux batteries à Villechaumont, en soutien de la 4* brigade. Celle-ci était alors vivement pressée par notre infanterie, mais Tintervention de la 22" division suffit à changer sa situation. Quelques obus jetés dans Cernay mirent la panique parmi le 2* bataillon du 51" de marche, dont une partie s'enfuit jusqu'à Ourcelle. Un bataillon allemand s'empara ensuite de Cernay, en y faisant 200 prisonniers, et ce fut avec la plus grande peine que l'une de nos batteries put se dégager en perdant deux avant- trains et un caisson ^

Une batterie bavaroise qui s'établit près de Cernay en assura aux Allemands la possession définitive, et le combat demeura quelque temps stationnaire. Voyant que nous n'avions nulle intention de prendre sérieusement l'oflfensive, le grand-duc fit même replacer en réserve d'importantes fractions de la 2* division bavaroise et de la 22* division.

Vers 3 heures seulement, lorsque se produisit le mouvement offensif dont nous avons parlé pour la 17" division, trois batteries, six escadrons et quatorze pièces se portèrent en avant de Cernay et de Villechaumont, dans la direction de Villejouan. Le 51" de marche et le reste de la première ligne de la 2" division du 17" corps reculèrent en désordre au delà d'Origny, qui fut pris après une faible résistance. Mais le 10" chasseurs de marche et plusieurs compagnies du 48" de marche se déployèrent et arrêtèrent cette déroute*. A 9 heures du soir, le gros de la division était à hauteur de Josnes et quelques-uns de ses éléments, notamment la 20** batterie du 13" régiment, à Villexanton, à 15 kilomètres de Villorceau.

Au contraire, la 3" division du 17" corps s'était maintenue à Ourcelle et au Plessis, sur le flanc droit des Allemands aventurés à Origny. Pendant une partie de la jouméa, elle

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