Notamment de la 2i« batterie du 12» régiment (à balles
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de grosses pertes à notre infanterie, il devenait indispensable de gêner leur action. Le 2*" bataillon de TOrne poussait ses tirailleurs jusqu'à 800 mètres d'elles, et obligeait ainsi deux batteries à se retirer. Mais les pertes de notre artillerie étaient également très considérables : une section de 12 de la réserve, envoyée à la ferme des Boëches, perdait rapidement presque tous ses attelages, et le sous-lieutenant de Vauvineux avait peine à la sauver au moyen de chevaux d'escorte. En même temps que survenait cet incident, le manque de cartouches obligeait le 2* bataillon de l'Orne à se replier*.
Pour éviter que ce mouvement rétrogade ne s'étendît au reste de sa brigade, des Moutis reporta ce bataillon en avant, avec l'appui de deux sections de 12 et d'un demi-bataillon de fusiliers-marins empruntés à la réserve. Malgré un feu très vif, les Allemands furent refoulés vers la route de Châteaudun, en abandonnant une seconde fois la ferme de Villecoulon. A la nuit, le combat cessa, non sans avoir imposé de lourdes pertes à la 2* brigade *.
Quant à la 1'® brigade de la diyision Colin et au reste du 2V corps, leur action s'était bornée à des escarmouches contre des éclaireurs de la 4® division de cavalerie prussienne.
Fendant que, sur la rive droite de la Loire, la plus grande partie de la 2* armée opposait à l'ennemi une résistance vigoureuse, sur la rive gauche les restes de la 3* division du 16* corps subissaient, de nouveau, un complet échec.
Comme nous l'avons dit, le général Morandy avait reçu le 7 décembre, dans l'après-midi, l'ordre de se retirer deBeaugency vers Blois et d'occuper, au sud de la Loire, le parc de Chambord ainsi que les positions défensives organisées aux abords du faubourg de Vienne. Il lui était recommandé, en outre, de se mettre en relations avec les francs-tireurs de la Sarthe, alors à Saint-Laurent-des-Eaux, et de reformer sa division.
1. D*aprÔ8 le lieuteuant-colonel des Moutis, on venait d'en recevoir, mais d*un calibre trop élevé.
8. 27 officiers et 1,754 hommes de troupe hors de combat, dont 2 officiers tués, 8 blessés et 561 hommes tués ou blessés pour les 4 bataillons de TOrne.
46 JOSXES, VENDOME, LE MâKS.
Arrivé le soir du 7 à Blois, il envoya le matin suivant bsl 1'* brigade (lieutenant -colonel Marty) à Chambord, avec Tordre d'occuper le parc, surtout les portes de Muides et de Saint-Dié, les plus menacées. Une partie des francs-tireurs de Paris était placée sous les ordres du lieutenant-colonel Marty. A la suite d'une réunion du comité de défense àBlois, on prit toutes les dispositions nécessaires pour défendre le parc de Chambord; des emplacements furent assignés aux batteries de la division, et des lignes de retraite indiquées.
Le matin du 9 décembre, le général Michaud, commandant la subdivision, apprenait la perte de Beaugency et réclamait instamment la concentration à Blois de toutes les troupes disponibles. Il s'imaginait que déjà cette ville était menacée. Sur ses instances Morandy crut devoir prescrire à la brigade Marty de se replier sur Blois, en laissant la garde du parc aux francs-tireurs de Paris. A peine ce mouvement était-il en voie d'exécution que le général Peytavin^ ordonnait à son tour à Morandy de se reporter sur Mer, pour soutenir la retraite de la 2® armée. C^t ordre était suivi d'une dépêche du général en chef, rappelant qu'on devait obéir à lui seul et invitant Morandy à reprendre ses positions au sud de la Loire. La brigade Marty, déjà en marche sur Blois, faisait donc demi-tour, après avoir dépassé Huisseaux, et la brigade Jobey se dirigeait sur Chambord derrière elle.
Cependant la 3« brigade de cavalerie prussienne, qui éclairait le IX® corps, avait atteint Muides sans incident. En suivant la route de Vienne, elle rencontra près de Saint-Dié les francs-tireurs de la Sarthe, qu'elle culbuta en leur infligeant des pertes sensibles ^. Avec une batterie et un bataillon
1. CommandaDt la S« division du 16" corps, que les hasards de la retraite avaient conduit à Blois avec une fraction de ses troupes (une partie des 16® de ligne et 33® de marche, des mobiles du Puy-de-Dôme et la 18® batterie du 10® régiment). Cet officier général rejoignit ensuite la i^e armée et prit part à la campagne de TEst avec le gros de son ancienne division.
2. 37 hommes hors de combat. Une partie seulement de la brigade Marty prit part à l'attaque de Montlivault (Chanzy dit l bataillon du 36® de marche, mais il est probable que d'autres fractions furent engagées). Le 36® perdit 12 tués et 21 blessés dans cette affaire.
Quoi qu'il en soit, l'état-major prussien exagère sensiblement en parlant de a fortes colonnes françaises » .
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du 31® de marche qui les soutenaient, ils se replièrent sur Montlivault, dont Tennemi s'empara également. Mais, vers 4 heures, une partie de la brigade Marty reprit roflfensive et menaça bientôt ce village, malgré le feu de deux batteries allemandes. Grâce à l'appui de quelques pièces placées au sud-ouest de Mer, sur la rive droite de la Loire, nos tirailleurs réussirent à pénétrer dans Montlivault, où quatre bataillons hessois eurent peine à les arrêter par leurs feux rapides. C'est sur ces entrefaites que parvenait à la brigade Marty Tordre de Morandy la rappelant à Blois. Elle se mit en marche vers le faubourg de Vienne, mais pour faire demi-tour, quelques instants après, suivie par la brigade Jobey, ainsi que nous l'avons vu plus haut.
Le lieutenant- colonel Jobey, commandant la 2* brigade, se dirigeait sur Chambord avec quatre compagnies et demie du 40® de marche, les 2® et S** bataillons du 71" mobiles (Haute-Vienne)*. Il atteignit le parc en même temps que le général Morandy et se disposait à y bivouaquer (vers 6 heures), quand une vive fusillade retentit autour de lui. Un bataillon détaché sur le flanc gauche des Hessois avait mis à profit la négligence de quelques francs-tireurs de Paris pour jeter dans le parc une cinquantaine d'hommes. Au milieu du désarroi général, encore accru par l'obscurité, cette petite troupe parvint jusqu'à la cour du château et y captura cinq pièces, douze caissons, 200 hommes et 60 chevaux. Les débris du 71® mobiles et du 40' de marche s'enfuirent dans toutes les directions, laissant sur place un assez grand nombre de tués et de blessés. Le premier de ces corps, renvoyé à Limoges pour se reconstituer, ne devait reparaître à l'armée que le 2 janvier 1871. Le second ne se rallia que le 11 décembre, à Tours. Ainsi la malheureuse division Morandy était, une fois de plus, hors d'état de combattre *.
1. Le reste du 40« (3 compagnies du 3« batuillou et le 2») était à l'escorte du convoi ou à Blols ; le i^' bataillon du 71" mobiles, après avoir pris le 4 décembre la direction de la Ferté-Saint-Âubin, s'était dirigé sur Amboiss, où il arriva le lO.
2. Au moment do cette affaire, les francs- tireurs de Paris étaient commandés
Telle était la journée du 9 décembre ; elle nous coûtait des pertes très sensibles, ainsi qu'aux Allemands^, sans avoir produit encore des résultas décisifs. Cependant la retraite de notre droite et surtout la malheureuse affaire de Chambord devaient fatalement entraîner, à bref délai, l'évacuation de Blois. Ce point occupé par les Allemands, un mouvement rétrograde s'imposerait à l'ensemble de l'armée. D'ailleurs la Délégation avait pris la veille (8 décembre) une grave résolution, celle de transférer son siège à Bordeaux. Elle devait quitter Tours le 9, à minuit. Cette décision, à laquelle on ne pouvait reprocher que d'être tardive, avait été notifiée le matin du 9 à Chanzy, et Gambetta, qui arrivait à Josnes dans la soirée, la confirmait en engageant le général à ne plus se préoccuper de couvrir Tours. Désormais Chanzy n'avait qu'à consulter l'état de son armée et les forces de l'ennemi, avant de décider de la conduite à tenir. Ce double ordre de considérations l'amenait à penser qu'une retraite sur le Loir ou même sur la Sarthe allait devenir indispensable. Toutefois, avant de s'y résigner, il voulut tenir tête durant une journée encore. Des renseignements optimistes envoyés de Tours lui faisaient espérer que cette résistance aurait d'heureux résultats; dans tous les cas, elle permettrait de préparer la retraite.
Les instructions données à la 2® armée, le soir du 9 décembre, portaient que le 17® corps reprendrait Origny le 10, à la première heure. Notre cavalerie reconnaîtrait Beaugency, Villorceau, Cernay, Cravant, Villermain et Binas. Si l'ennemi gardait la défensive, les troupes les plus avancées du 21' corps se retireraient sur la ligne Poisly, Lorges, Briou. La cavalerie du 16® corps, établie vers Villemuzard, relierait le 21' au reste de l'armée, qui resterait immobile.
par le chef de bataillon La Cécilia, en l'absence du lieutenant-colonel de Lipowski. On sait que le premier joua plus tard un rôle actif dans la Commune.
D'après VHistorique du 40^ de ligne, le 40« de marche perdit 20 officiers et 160 hommes. Le rapport du général Morandy évalue à i5,000 hommes, avec i8 pièces, les forces de l'ennemi.
1. D'après Chenu, nous n'aurions eu que 550 hommes hors de combat le 9 décembre.
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Notre front dessinerait ainsi un angle obtus dont le sommet serait à Briou, près de Tangle sud-ouest de la forêt de Marchénoir.
Dans ces instructions, Chanzy recommandait à nouveau de faire surveiller nos derrières par de la cavalerie, afin d'éviter les débandades : triste symptôme de l'affaissement moral qui commençait à gagner la plus grande partie de l'armée et qui n'était combattu que par l'énergie du général en chef.
Du côté des Allemands, les avant-postes des 17* et 22* divisions s'étaient établis de Beaugency jusqu'à Cemay, par Clos-Moussu et Origny. Là ils se reliaient à ceux de la 1" division bavaroise, prolongés eux-mêmes, de Montigny à Ouzouer-le-Marché, par ceux de la 4* division de cavalerie^
Déjà les renforts arrivant d'Orléans approchaient du champ de bataille ; la tête de l'infanterie du X* corps atteignait Meung. Vers 3 heures, huit batteries et un régiment de cavalerie avaient même poussé jusqu'au Grand-Châtre.
Au sud de la Loire, la 6® division de cavalerie avait fait sauter le viaduc de Vierzon, après s'être assurée que nos troupes continuaient leur retraite sur Bourges. A l'est d'Orléans, le m* corps marchait vers l'ouest, et sa pointe atteignait Bray le soir du 9 décembre. La Indivision de cavalerie était à la Bussière et il n'y avait plus à Gien qu'un petit détachement des trois armes.
Au moment où Frédéric-Charles donna ses ordres pour le 10 décembre, il avait reçu des renseignements très favorables sur la marche du combat. Aussi se boma-t-il à prescrire que l'Armee-Abtheilung maintiendrait ses positions, en se faisant éclairer vers Morée par la 4® division de cavalerie, et vers Mer par la 2*. Toutefois le P' corps bavarois, qui avait été fort éprouvé, comme on sait, pendant les journées précédentes, se dirigerait en deux échelons sur Orléans, pour se refaire ^ Au contraire, le X® corps pousserait jusqu'à Beau-
1. 1,800 hommes d'infanterie et un escadron se mettraient en mouvement le 10 ; le reste partirait le il (État-major prussien, p. 663).