‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 32 sur 185 · Clianzy, des Moutis, Dumas, ouvrages cités · texte numérisé non relu

Clianzy, des Moutis, Dumas, ouvrages cités

2. Dumas, Les Mobiles de Maine-et-Loire. Un fait aaalogue, dans la môme région, est signalé par le général Grlsot et le lieutenant Coulombon (La Légion étrangère de 18Si d 1887).

s. Histoire d'un régiment (38^ de marche) ^ capitaine Robert C. ; Histoire de la garde mobile d'Indre-et-Loire, abbé Renon.

mes, épuisés de fatigue ou vaincus par la maladie tombaient entre les mains de l'ennemi ; beaucoup d'autres prirent les devants, surtout après avoir franchi le Loir, et se dirigèrent sur le Mans, où ils comptaient trouver un abri, du feu, des aliments, tout ce qui leur manquait depuis les premiers jours de novembre. Certains corps devaient encore se battre vaillemment, mais jamais plus la 2* armée n'opposa aux Allemands une résistance aussi obstinée que du 6 au 11 décembre ; jamais les pertes qu'elle leur infligea et les siennes propres n'atteignirent des proportions aussi fortes

Notre extrême droite demeura dans la même situation durant toute la journée du 12 décembre. Le IX® corps prussien avait à peu près conservé ses positions de Ja veille. Toutefois la 25* division s'était avancée jusque vers Condé ; la 3* brigade de cavalerie cantonnait à Ouchamps, plus près de la droite de la 6® division de cavalerie (15' brigade), qui était alors à Contres, comme nous l'avons vu. Le reste du IX" corps demeurait à Vienne et dans les environs, en face des quelques centaines d'hommes dont disposait encore le général Barry.

Sur la rive droite de la Loire, le X* corps ne poussa la 2Ô' division que jusqu'à Suèvres, en se bornant à refouler des traînards de la colonne Camô ; la 19* division s'arrêta à Mer. Quant à la 2* division de cavalerie, qui était chargée d'établir la liaison entre le X* corps et les troupes du grand-duc, elle s'établit à hauteur de la 20* division.

La 22* division s'avança jusqu'à Villexanton, en jetant son avant-garde vers Maves. L'une des grand'gardes de la colonne Camô y était placée et son attitude fut assez ferme pour obliger les Allemands à la retraite, après un court engagement.

Quant à la 17* division, elle poussa jusqu'à la Madeleine- Villefrouin, en détachant vers Marchénoir la 17* brigade de cavalerie, deux bataillons et une batterie. Près de Nuisement, les cavaliers mecklembourgeois atteignirent le convoi d'une division du 17* corps, la 3*, engagé dans un chemin de traverse impraticable, et lui enlevèrent quarante voitures.

RETRAITE DE l'aRMÉE. 71

Toutefois quelques gendarmes et des soldats d'infanterie, ralliés par trois officiers blessés, parvinrent à tenir Tennemi en respect jusqu'à l'arrivée de deux escadrons venant d'Oucques, et le reste du convoi fut sauvé.

Au nord de la forêt de Marchénoir, la masse principale (8® et 10* brigades) de la 4* division de cavalerie prit position à Baccon, c'est-à-dire à 16 kilomètres en droite ligne de nos emplacements les plus proches. En poussant des reconnaissances sur Châteaudun et sur Verdes, l'un de ses régiments se heurta contre des fractions de notre 21'' corps qui le forcèrent à la retraite. Il se rassembla ensuite à Ozoirle-Breuil,

Une partie de l'Armée -Abtheilung s'établit en seconde ligne, la 9* brigade de cavalerie à Toupenay, une brigade et quatre batteries bavaroises* à Josnes. Le reste du corps de von derTann était en marche sur Orléans. Enfin le IIP corps et la 1'* division de cavalerie avaient leurs troupes les plus avancées à hauteur de Beaugency. .

Cependant, dès la nuit du 11 au 12, la retraite avait causé une sorte de panique à Blois. On assurait que Mer, où les Allemands entrèrent le 12 seulement, était déjà occupé, que Blois allait être attaqué à la fois par les deux rives de la Loire. Un conseil de guerre fut réuni et décida, à l'unanimité, que Blois serait évacué le 12, à la nuit tombante.

Malgré les recommandations expresses de Chanzy et quoique l'ennemi n'eût pas encore dépassé Suèvres, Barry quitta donc Blois dans l'après-midi du 12 ', et se retira sur Saint- Amand sans chercher à rallier les troupes éparses dans le val de la Loire '. Il atteignit Saint-Amand fort avant dans

1. Les deux autres avaient été attribuées à la 2i« division en remplacement des siennes, alors hors de service comme nous l'avons vu.

2. Barry avait avec lui une partie de sa 2« brigade (S8« de marche et 66« mobiles), la 6" batterie du 12« régiment ; 1,000 hommes environ du S3« de marche, deux détachements du 16^ de ligne et des mobiles du Puy-de-Dôme, appartenant à la 8« division du 15« corps, avaient été amenés à Blois par le général Peytavin ; 4 compagnies du 88® de marche avalent suivi la i" division du 16« corps.

3. Notamment à Amboise, avec le général Morandy. Celui-ci reçut du ministre

la nuit; quant aux Allemands, ils n'entrèrent dans Blois que le matin du 13.

Ainsi les ordres de Chanzy à l'égard de cette yille n'étaient pas respectés ; sur un autre point encore, une désillusion lui était réservée. Nous avons vu que Bourbaki avait paru décidé à opérer une démonstration le long de la vallée du Cher. Mais ses intentions n'étaient pas aussi formellement arrêtées qu'il eût semblé.

Le 12 décembre, après avoir porté ses trois corps d'armée de Bourges dans la direction de Vierzon, il terminait un

télégramme au ministre par ces mots significatifs : « Si

vous voulez sauver l'armée, il faut la mettre en retraite. Si vous lui imposez une offensive qu'elle est incapable de soutenir dans les circonstances actuelles, vous vous exposez à la perdre. Dans le cas où votre intention serait de prendre ce dernier parti, je suis si profondément convaincu des conséquences pouvant en résulter que je vous prierais de confier cette tâche à un autre \ »

D'ailleurs Gambetta et M. de Freycinet n'étaient pas d'accord sur le développement à donner au mouvement de la !'• armée. Le premier annonçait même l'intention de la diriger vers l'est, aussitôt qu'elle serait reconstituée. Puis, sur les objections de M. de Freycinet, il répondait que rien n'était encore engagé au sujet de cette opération , et qu'il avait entendu donner là une simple indication pour l'avenir. Quant à la démonstration que Bourbaki avait déjà dessinée vers le nord-ouest, Grambetta entendait l'arrêter à Vierzon, « car les 15®, IS** et 20* corps sont en véritable dissolution ; c'est encore ce que j'ai vu de plus triste », ajoutait le grand orateur*.

La 2» armée de la Loire restait donc livrée à elle-même,

le télégramme suivant (5 h. 55 du soir) : a Par votre dépêche de ce matin 4 h. 25, vous me demandez ce que vous devez faire.

« Ma réponse est celle-ci: Vous devez exécuter strictement les ordres de votre supérieur immédiat. » Le général Morandy se borna à ramener vers Tours les débris de sa division.

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