La brigade GoUet, de la réserve de 21® corps
La division Gougeard était arrivée le soir du 9 décembre sur les hauteurs de Fréteval ; elle y passa la journée du 10 et alla camper le il à Test de Moisy et d'Écoman.
De là une marche de nuit, exécutée du 12 au 13, la porta sur le Loir, entre Cloyes et Fréteval.
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et le château de Serqueu ; puis ils se replieraient sur Sermaise, en couvrant la retraite du 17* corps. A droite, le général Tripart ferait éclairer en amont de la Loire par sa cavalerie, que rallierait Tescadron d'éclaireurs du capitaine Bernard. L'amiral Jauréguiberry pousserait sa division de cavalerie vers la droite, pour retarder la marche de Tennemi sur Blois\
Quant à Barry, qui occupait encore Ménars et Blois, derrière notre droite, il y tiendrait le plus longtemps possible, avec Taide de la brigade de cavalerie de Landreville, du 17*^ corps. Dans aucun cas il n'évacuerait Blois avant la nuit du 12 au 13, et s'il n'y était forcé. Il se retirerait alors sur Amboise, en ralliant successivement toutes les troupes dispersées dans le val de la Loire ; d'Amboise il marcherait sur Saint-Calais par Château-Renault et Montoire, en faisant refluer sur Vendôme tout le matériel déposé à Blois.
D'ailleurs Chanzy, prévoyant déjà la continuation de sa retraite vers l'Huisne, décidait de ne laisser à Vendôme que les vivres nécessaires pour quelques jours et de diriger le reste sur le Mans.
Ainsi, le soir du 12 décembre, après avoir de nouveau pivoté sur sa gauche, l'armée allait être établie obliquement à la Loire, le long de la route de Châteaudun à Blois.
Du côté des Allemands, les dispositions prises témoignaient de moins de décision et de coup d'oeil. Des rapports reçus dans la nuit du 10 au 11, Frédéric-Charles se croyait en droit de conclure que nous abandonnions toute idée d'offensive ', mais que nous persistions à opposer une résistance acharnée entre la forêt de Marchénoir et la Loire. Il décida de porter le IIP corps en ligne dans les deux journées du 11 et du 12 décembre, tandis que l' Armée- Abtheilung marcherait sur Morée, au nord de la forêt de Marchénoir, pour nous empê-
1. Inttruciions du ii décembre (Chanzy, ouvrage cité, p. 159). Le quartier général de Chanzy devait être le 12 à Chàteau-des-Noyers ; celui du 16® corps, à Ponlijou; celui du 17*, à Villeneuve- Frouville ; celui du 21«, à Viévy-le- Rayé.
2. État-major prussien, p. 671. Il est aisé de voir que Chanzy n*eut jamais pareille idée, peut-être à tort.
cher de menacer Chartres et, en même temps, déborder notre gauche, lors de l'attaque générale de nos positions. L'erreur était donc réciproque. Si Chanzy était disposé à croire que Tennemi voulait tourner sa gauche ou même le couper du Mans, Frédéric-Charles n'était pas loin de nous supposer l'intention de marcher vers le nord.
Quoi qu'il en soit, le IP corps, qui était resté le 11 devant Blois, sur la rive gauche du fleuve, recevait l'ordre de s'y anaintenir avec la 15* brigade de cavalerie, alors à Contres, jusqu'à ce que les troupes allemandes de la rive droite fussent arrivées à sa hauteur. Le X* corps conserverait ses positions actuelles, en attendant l'entrée en ligne du Iir. Mais, quelques heures après avoir lancé ces ordres, Frédéric-Charles fut informé de la retraite de Chanzy, sans qu'il pût discerner encore si elle avait Vendôme ou Blois pour objectif. Afin de s'en assurer, il décida que le X* corps s'avancerait le 12 jusqu'à Mer. L'Armee-Abtheilung, diminuée d'une grande partie du P' corps bavarois, nous poursuivrait non plus au nord, mais au sud de la forêt de Marchénoir. Seule, la 4* division battrait le pays au nord, jusqu'à Châteaudun^
La 2® armée de la Loire exécuta, le 12 décembre, les mouvements qu'avait prescrits Chanzy. Mais la température s'était entièrement modifiée, et une pluie torrentielle tombait depuis les premières heures du jour. Les routes, couvertes de neige fondue et de verglas, devenaient imprati- <îables. Quant aux terres, détrempées par le dégel, elles se •changeaient rapidement en fondrières. Chanzy avait adopté, pour ce jour-là comme pour les précédents, un ordre de marche d'après lequel l'artillerie et les convois, seuls, devaient suivre les chemins, tandis que l'infanterie marcherait en ligne de colonnes à travers champs. Il en résulta que le
1. Le grand-duc avait d*abord décidé que le I^' corps bavarois détacherait sous ses ordres directs une brigade d'infanterie, la brigade de cuirassiers et 6 batteries. Von der Tann fit remarquer que cette combinaison lui laisserait 6,200 hommes d'infanterie seulement pour garder Orléans. On réduisit ce détachement à une brigade d'infanterie et 6 batteries (v. Heiwig).
A ce moment, la 17« division comptait 6,300 fusils et la 29«, 5,871 (Étatmajor prutsien, p. 698).
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mouvement de Tannée fut aussi lent que pénible. A peine,, avec les plus grands efforts, parvenait-on à faire deux kilomètres à l'heure. A la suite de cette dure campagne d'hiver^ les chaussures, les vêtements étaient déjà dans un état déplorable. Les échalas des vignes que Ton traversait déchiraient le drap usé des uniformes et pénétraient jusqu'à la peau*.
D'ailleurs l'armée avait cruellement souffert pendant ces six jours de combat, du 6 au 11 décembre. La plupart de nos troupes, maintenues au bivouac, sans nécessité suffisante, par un froid très vif, sans aucun abri dans ces plaines nues, souvent même sans pouvoir allumer des feux , avaient beaucoup perdu de leurs forces physiques et surtout de leur résistance morale. Les distributions, quand elles avaient lieu, se faisaient au loin, en pleine nuit. Les ressources existant encore dans le pays n'étaient pas exploitées comme elles auraient dû l'être. L'avidité, l'absence complète de patriotisme d'une partie de la population se donnaient librement carrière. Ainsi, sur le champ de bataille de Villorceau, un fermier refusait obstinément de céder, contre des bons réguliers de réquisition, du bétail que les Allemands allaient lui prendre le lendemain, sans aucun dédommagement. On ne sut pas l'y contraindre*. Ailleurs les paysans vendaient une botte de paille jusqu'à 1 fr. 50 c. ; un morceau de pain valait 1 fr. ou même 2 fr. ^. Aussi ne faut-il pas s'étonner si la retraite, succédant à ces jours de cruelles souflFrances, déprima rapidement le moral de nos troupes. Après avoir vaillamment combattu durant six jours, elles se rendaient compte de l'inanité d'eflforts dont elles n'apercevaient plus le but. Pour la plupart, la lutte était maintenant sans objet.
Par suite, le nombre des traînards s'accrut en quelques jours dans d'énormes proportions. Beaucoup d'hommes affa-