CHAPITRE Vin
COMBATS DE MOKÉE ET DE FRÉTEVAL
(14 décembre).
Mouvement de la 17' division snr le Loir. — Combat de Fréteval. — Éoheo des brigades du Temple et Collet. — Combat de Morée. — Résultats de ces deux afTaires. — Insiructions de Chanzy pour le 15. — Ordres de Frédéric-Charles.
Comme on doit s'y attendre, la gauche de notre armée, «eule, allait être engagée le 14 décembre.
Suivant les ordres du grand-duc, la 10" brigade de cavalerie battait le pays au nord de lar forêt de Marchénoîr, jusqu'au Loir. Elle trouvait Cloyes occupé par nous (4* division du 21* corps), tandis que les villages au sud semblaient avoir été évacués. A sa droite, la 17® division d'infanterie avait à livrer combat à une partie des 1" et S** divisions du même •corps d'armée.
Dans la matinée, elle s'était mise en mouvement sur Préteval, en trois colonnes \ Celle de gauche avait atteint Lignières sans rencontrer de résistance, quand, dans l'aprèsmidi, le canon retentit vers la colonne du centre, alors au Berruet. Les patrouilles qui précédaient celle-ci s'étaient iheurtées au 6® bataillon de fusiliers-marins ^, placé dans les ruines du château de Fréteval, sur les hauteurs de la rive gauche du Loir. La colonne de gauche marchait au canon,
1. Celle de droite, qui marchait de Vîévy-le Rayé sur Écomaa, était forte •de 8 bataillons, d*une brigade de cavalerie, de 2 batteries.
Celle du contre, qui allait d'Oucques aux Ronces, comptait une brigade d'infanterie, 2 escadrons, 2 batteries.
Colle de gauche, allant d'Épiais à Champlain, était de 4 bataillons, 2 esca- 'drons, i batterie.
2. Le général Guillon, commandant la 3® division du 2i« corps, avait rappelé à lui la brigade détachée la veille à Fréteval et ce bataillon de marins était le seul qui occupât la rive gauche. Voir, au sujet de cette affaire, le rapport, très confus, du général Jaurès (Chanzy, ouvrage cité, p. 516).
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et les fuBiliers-marins, attaqués simultanément du sud et de Test, étaient aisément délogés. Ils se repliaient sur la rive droite sous la protection de deux batteries de 4\ placées Tune au nord de Fréteval, l'autre au nord-ouest, vers la cote 145. Deux batteries allemandes, postées à Test du Pallouet, faisaient rapidement taire la première. La seconde continuait son feu, avec la plus grande ténacité, jusqu'à la fin du jour.
D'ailleurs deux sections de 12, d'abord placées près du Ples&is, venaient la rejoindre sur la route de Vendôme.
Malgré le feu de cette artillerie, les fusiliers - marins étaient contraints d'évacuer Fréteval. Un bataillon de mobiles de la Loire -Inférieure' et le 3* bataillon de fusiliersmarins venaient inutilement les renforcer. Nous ne pouvions parvenir à rentrer dans le bourg et, le commandant des mobiles ayant été blessé, son bataillon se repliait en partie. Nous restions seulement en possession de la gare, pendant que trois bataillons allemands se maintenaient dans Fréteval jusqu'à la nuit.
Vers 7 heures, sur l'ordre du général Jaurès, le capitaine de vaisseau Collet et le capitaine de frégate du Temple tentaient, avec deux bataillons tirés de la réserve, une nouvelle attaque concentrique. Nous n'y mettions pas tout l'ensemble désirable. Le brave Collet se laissait emporter par son ardeur et jetait prématurément quatre compagnies du 4« bataillon de fusiliers-marins dans le bourg. Elles y pénétraient assez avant, mais les Allemands leur opposaient une très vive résistance. Collet était tué, ainsi que son adjudantmajor, et nous étions définitivement repoussés après un combat acharné '.
Une autre affaire, un peu moins désavantageuse pour nous, avait lieu en même temps vers Morée.