COMBAT DE SAINT-AMAND
Ordres donnés par Frédéric-Charles. — Concentration de la II« armée sur le Loir. — Combat de Villeporcher (5 Janvier). — Combat de Saint-Amand (6 janvier). — Combats de Viliechaave et de Villeporcher (7 Janvier). — Retraite du général Barry.
Malgré la démonstration du général de JoufiFroy sur Vendôme, rétat-major de Frédéric-Charles était persuadé qu'en détachant des colonnes mobiles à Test et au nord-est du Mans, Chanzy avait eu simplement pour but d'assurer la sécurité de son armée. Aux yeux des Allemands, nous attendions sans doute la fin des froids excessifs avant de reprendre les opérations actives. Aussi comptaient-ils nous surprendre dans nos cantonnements, s'ils se portaient sur le Mans avec une rapidité suffisante.
Il résulta de ces considérations que Frédéric-Charles prescrivit au général von Kraatz, qui commandait à Vendôme, dé garder la défensive, mais en maintenant ses positions avec la dernière énergie. En même temps, il ordonna au X* corps, aux 1 "* et 6* divisions de cavalerie de s'établir le 5 janvier sur la ligne de Vendôme à Saint- Amand. Le III® corps longerait la lisière sud de la forêt de Marchénoir de façon à atteindre Vendôme le 6, en se couvrant d'une avant-garde jetée vers Azay.
A l'aile opposée du X* corps, le IX* et la 2* division de cavalerie marcheraient jusqu'à Morée, qu'ils atteindraient également le 6. Enfin le XIII'' corps et la 4* division de cavalerie se porteraient le 6 janvier de Chartres à Brou, en détachant une colonne de toutes armes sur Nogent-le-Rotrou. A la 5® division reviendrait le soin de couvrir leur droite.
Au delà du Loir, Frédéric-Charles ne voulait utiliser que les routes principales, de façon à éviter les chemins rendus impraticables par la saison. Provisoirement, il assigna comme
points de direction à ses quatre corps d'armée : Parigné-FEvêque, Ardenay, Bouloire et Saînt-Mars-la-Bruyère\
Le prince avait déjà lancé les ordres qui précèdent, quand, le 3 janvier, il apprit Tévacuation de Briare par nos troupes. Elle ne pouvait que le confirmer dans ses projets, en indiquant que Bourbaki, toujours^ à Bourges aux yeux de Frédéric- Charles, renonçait pour le moment à se porter en avant. D'ailleurs le Vil' corps était encore sur l'Armançon, et le II' avait été mis en mouvement de Paris vers Montargis. Avec la 25* division, qui demeurait répartie de Blois à Gien, ces deux corps d'armée auraient pu opposer à Bourbaki une première résistance. Enfin on sut bientôt que notre 1" armée de la Loire avait été transportée tout entière dans le bassin de la Saône, ce qui écartait l'éventualité d'un mouvement vers Montargis.
Frédéric-Charles connaissait la présence de forces françaises à Château-Renault, sur le flanc gauche du X' corps. Le 2 janvier, les 1" et 3' escadrons du 8' hussards, deux escadrons de chasseurs d'Afrique, une section de 4 et deux bataillons du 76* mobiles avaient dirigé de ce point une' reconnaissance vers Vendôme. Nos hussards avaient même surpris à Lancé des cavaliers allemands en réquisition, en leur enlevant une quinzaine de prisonniers. Cependant Frédéric-Charles ne
1. Au IX« corps, la 25* division d*infanterie restait sur la Loire. D*après VÉtoU-major pnusien, Teffectif de la II* armée était le suivant le l" janvier 1871 :
III* corps, 17,235 hommes, i,0S8 chevaux, 84 pièces ;