‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 74 sur 185 · COMBAT DE SAIXT-AMAND · texte numérisé non relu

COMBAT DE SAIXT-AMAND

croyait pas que, de notre part, l'offensive fût possible dans cette direction, du moins avec des résultats sérieux, et il résolut de se borner à la faire observer. L'avenir devait lui donner raison.

La concentration des Allemands sur le Loir, favorisée par une détente de la température, ne fut pas gênée par nos troupes. Des engagements se produisirent à leurs ailes, mais ils n'eurent aucune importance. A droite, la 44* brigade d'infanterie, trois régiments de cavalerie et deux batteries avaient atteint le 4 Courville et Belhomert ^ Le 5, un régiment d'infanterie et une batterie se portèrent de Belhomert sur Nogentle-Rotrou, mais pour être arrêtés à la Fourche par les avantpostes de la colonne Rousseau. Les Allemands se retirèrent ensuite sur la Loupe. Une seconde colonne, partie de Courville, atteignit Montlandon, à Test de la Fourche.

A Taile gauche allemande, la journée du 4 avait été signalée par la reconnaissance dont nous avons parlé le long du Loir et de la route d'Epuisay. De plus, la 38' brigade d'infanterie s'était mise en marche de BloissurHerbault. D'après les ordres de Frédéric-Charles et de von Voigts-Rhetz, à la 20* division, concentrée à Vendôme, devaient se joindre les fractions stationnées à Morée et à Saint-Amand. La 2* brigade de cavalerie, renforcée de la moitié de la 38*" brigade d'infanterie et de deux batteries, occuperait ce dernier point, en se couvrant d'avant-postes établis entre Ambloy et Villeporcher ; le reste de la 38' brigade demeurerait à Herbault *.

Derrière ce rideau, les fractions du X* corps encore à Blois se dirigeraient sur Saint-Amand ] la 6* division de cavalerie, qui venait d'Orléans, irait cantonner au nord de la ligne Saint- Amand-Gombergeau .

Le 5 janvier, les trois bataillons du 27* mobiles (Isère) appartenant à l'ancienne colonne de Curten étaient établis de Saint-Cyr-du-Gault par Saunay à la Moulinerie, avec les trois bataillons des mobilisés de Seine-et-Marne en seconde ligne.

1. Derrière eux, Chartres n'était occupé que par i bataillon de convalescents et 1 escadron.

2. 8 bataillons, 5 escadrons, i batterie, i compagnie de pionniers.

La colonne du général Cléret défendait les deux routes de Montoire et de Vendôme, au nord de Château-Renault; celle du lieutenant-colonel Jobey formait la gauche de notre ligne *

Une reconnaissance allemande partie de Saint-Âmand poussa jusqu'à quatre kilomètres de Château-Renault \ à ce moment, les troupes de Cléret prirent les armes et Tobligèrent à se retirer sur Saint-Amand, oii elle fut recueillie par les avant-postes du général Baumgarth.

En même temps, un engagement plus vif avait lieu à Test de la route de Château-Renault à Saint-Amand. Une reconnaissance allemande arrêtée à Vilmoin poussait une compagnie sur Villeporcher; celle-ci y pénétrait malgré le feu d'une partie du 2* bataillon du 40* de marche et de quelques éclaireurs algériens, mais ne tardait pas à en être rejetée sur Vilmoin *. D'autres éclaireurs résistaient de même à Vilthiou.

Pendant ces engagements, les fractions duX* corps venant de Blois avaient atteint les cantonnements indiqués. Vers 3 heures, en apprenant la perte de Villeporcher, les troupes cantonnées à Saint-Gourgon (deux bataillons, un escadron et deux batteries) se portèrent sur ce village et, après un court combat, en délogèrent le 2* bataillon du 40" de marche. Les avant-postes ennemis s'établirent ensuite des Haies à Villeporcher ; quant au détachement du général Baumgarth, il

1. Les opérations de la colonne de Gurten ressortent très confusément des documents d'origine française. D*apré8 VHislorique du 40^ de UgnSf la colonne Jobey, partie de Cliahaignes le !<'■' janvier, aurait cantonné aux Hermites ; le 2, elle rétrogradait sur Chemillé ; le S, elle occupait Villechauve et Authon. Mais il semble que, les 4 et 5, cette colonne ait rétrogradé vers le sud, car, sur la route de Saint-Amand, les Allemands dépassèrent Villechauve dans la journée du 6.

2. D*aprés VHislorique du 40^ de ligne, la reprise de Villeporcher aurait eu lieu le 6 seulement. Mais il ressort du récit de VÉtat-major prussien que Villeporcher, repris une première fois par nous le 5, fut reperdu le môme jour et repris définitivement le 6.

Les pertes du X^' corps furent de 2 officiers et de 30 hommes le 6 janvier.

Les éclaireurs algériens dont il est question au sujet de Villeporcher faisaient partie de patrouilles qui s'étaient trouvées rejetées sur les troupes de Curten. Le gros de ce corps était encore à Montoire. Ils se comportèrent vaillamment ainsi qu'en témoigne le capitaine F. Eônig [Ueber die Bewaffnung, Ausbildungi Organisation und Verwendung der Reiterei).

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