‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 75 sur 185 · COMBAT DE SAINT-AMAND · texte numérisé non relu

COMBAT DE SAINT-AMAND

cantonna d'Ambloy à Villeporcher, par Vilthiou, sur une ligne coupant obliquement la route de ChâteaurRenault à Saint-Âmand. Un bataillon, un escadron et une batterie à cheval étaient en réserve au carrefour situé au sud de la Noue.

Suivant les ordres donnés, la fraction cantonnée à Ambloy devait marcher sur Prunay, suivie par celle de Yilthiou, qui se mettrait en mouvement seulement après l'arrivée au sud de Saint- Amand de la 6* division de cavalerie. Comme on le voit, le générai Baumgarth avait beaucoup éparpillé ses troupes ; il admettait évidemment que Curten laisserait s'exécuter, sans chercher à le troubler, le mouvement de flanc qu'il projetait vers le Loir. Cette attente devait être trompée.

La colonne partant d'Ambloy s'était mise en marche sur Prunay et la 6^ division de cavalerie n'avait pas encore atteint le sud de Saint- Amand, lorsque, vers 9 heures et demie, le détachement de Villeporcher^ était attaqué par le lieutenantcolonel Jobey. Cet officier, débouchant au nord de Villechauve, avait établi ses quatre pièces de 4 (19^ batterie du 15® régiment) à hauteur d'une ferme et à environ 800 mètres du village, sôus la protection du 1*' bataillon du 40' de marche, tandis que le 2' marchait de nouveau sur Villeporcher. En même temps, les huit escadrons du colonel de Lacombe, deux bataillons du 2V mobiles et deux pièces de 4 prolongeaient son extrême droite pour nous garder d'un mouvement tournant vers l'est.

Villeporcher était repris sans difficulté et les Allemands refoulés sur Fias et les Haies, où ils se maintenaient avec peine. Mais la 15' brigade de cavalerie débouchait alors à Saint-Gourgon, et sa batterie à cheval ouvrait le feu sur notre droite. En même temps, la réserve, appelée de la Noue à Vilthiou, se jetait sur notre gauche. Un instant, les Allemands réoccupaient les Haies, et les quatre pièces du lieutenantcolonel Jobey ne pouvaient éteindre le feu de l'artillerie

1. Les Allemands avaient i bataillon et 2 escadrons de Vilthiou à Villeporcher, a compagnies et 2 escadrons à Ambloy.

adverse, lorsque la 21' batterie du 15* régiment \ capitaine Desvallons, venait s'établir à 1,200 mètres de Vilthiou ; Tennemi évacuait ce hameau vers midi et se repliait derrière la Brenne. Sa retraite était accélérée par l'apparition sur sa gauche de la brigade de Lacombe; la 1"* brigade de cavalerie prussienne, déjà arrivée aux Homas, n'arrêtait pas nos progrès.

Vers 3 heures, quatre bataillons allemands se rassemblaient près de Neuve-Saint-Amand avec trois batteries. Le reste de l'infanterie était réparti entre Saint-AmandetlaNoue, tandis que la 14* brigade de cavalerie se tenait vers Saint- Amoult et Prunay, la 15* entre Prunay et la droite de Baumgarth. Quatre autres régiments de cavalerie couvraient sa gauche.

Cependant le lieutenant-colonel Jobey croyait devoir arrêter son mouvement oflFensif un peu au nord de Vilthiou ; 7 de nos pièces seulement avaient pris position à la sortie de Vilthiou et ouvert le feu vers Saint- Amand '. Le général duc de Mecklembourg, qui venait de prendre le commandement de l'ennemi, dirigea ses troupes sur leurs cantonnements. Mais, à la nuit, les francs-tireurs de la Sarthe, ceux des Deux-Sèvres et le 3" bataillon du 27* mobiles, qui avaient suivi le mouvement général entre le 40' de marche et la brigade de Lacombe, surprenaient l'ennemi dans Saint- Amand et le rejetaient vers le nord **.

Le détachement de Neuve-Saint-Amand, compromis par notre apparition sur sa gauche, rétrogradait de même, et toute la 38*^ brigade allait bivouaquer à Huisseau-en-Beauce, après avoir été poursuivie quelque temps. Quant à la 15' bri-

1. V État-major prussien parle de 4 batteries (p. 805); nous eûmes en tout 10 pièces en ligne.

La 8i« batterie du 15« régiment était partie le 3 du château des Noyers prés du Mans, sous l'escorte d*un bataillon de mobiles. Elle atteignît Cbàteau- Renault le 6, à 2 heures du matin.

2. La 19<' batterie du 15<» régiment et la moitié de la 2l« batterie, le reste était rentré à Ch&teau-Renault. La 2i« batterie tira environ 900 coups et eut 1 tué, S blessés et 4 chevaux tués. La 19« batterie du môme régiment eut 2 blessés et i cheval tué.

S. Saint-Amand fut évacué par suite d*un malentendu, à en croire VÉtatmajor prussien.

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