CHAPITRE m
BATAILLE DE VILLOBCEAU
Première journée (8 décembre).
X7ombats de Poiily et de Lorgea. — Combats de Gravant et de Layes. — Combats de Beaumont et de Yillechaumont. — Prise da Mée. — La colonne Camd. — Évacnatioa de Beangency. — Positions occupées par Camô. — Perte de Mesaas, de Beangency, de Vemon. — Le IX* corps. — Résultats de la Journée. — Ordres de Chanzy pour le 9. — Ordres de Frédéric-Charles et du grand-duc.
Dans la matinée du 8 décembre, par un brouillard assez ^pais, la 22* division d'infanterie prussienne marchait d'Ouzouer-le-Marché sur Gravant, en deux colonnes, couvertes à leur droite par la 8* brigade de cavalerie. Au débouché de Mézières, la 43® brigade, qui formait la colonne de droite, était soumise à un feu violent venant des abords de Poisly. En eflfet la cavalerie que nous avions établie à Villermain et les éclaireurs algériens placés à Test de Gravant avaient signalé l'approche de l'ennemi, et Partillerie de la division Colin (2® du 21*^ corps) ouvrait le feu sur lui du sud-ouest de Poisly (vers 9 heures).
Peu après, une partie de la 1'® brigade du général Golin, soutenue par la 3® division du 21* corps, se déployait face à Villermain, en menaçant le flanc droit des Allemands. Mais deux bataillons ennemis s'avançaient jusqu'à la ligne de Boigny à Sédenay, et trois batteries de la 22* division, bientôt renforcées des trois autres, entraient en lutte avec les nôtres. Puis deux nouveaux bataillons venaient prolonger le front de l'ennemi vers Montsouris, tandis que le gros de la 22* division s'arrêtait à Villermain et au château du Goudray, en attendant que la situation se fût éclaircîe. Plus au nord, la batterie à cheval de la 4* division de cavalerie prenait position à hauteur de Villesiclaire et de Ghantôme,
BATAILLE DE VILLORCEAU. 2t
mais sans pouvoir s'y maintenir devant rartillerie à cheval du général Guillon.
Cependant^ en face des six batteries de la 22® division,, les trois batteries de Colin étaient contraintes de prendre une nouvelle position vers Lorges (10 heures), où une section de 12 de la réserve du 2V corps les renforçait. L'artillerie de- Tennemi venait s'établir près de la Villette, tandis que la gauche de son infanterie se dirigeait sur la ferme de la Motte et le chemin de Prénay. Le bataillon du 41* de ligne et deux bataillons des mobiles de l'Orne (1" et 2®), appartenant à la 2® brigade du général Colin, faisaient néanmoins bonne contenance. D'ailleurs deux compagnies du 4"* bataillon de l'Orne venaient s'installer dans les maisons situées sur le chemin de Prénay, et le l*' bataillon d'Eure-et-Loir (1" brigade) se portait en avant pour dégager la gauche de la 2® brigade (vers midi). Deux compagnies du 1*' bataillon de l'Orne, sous les ordres du capitaine Rouleaux -Dugage^ s'emparaient alors de la Martinière, où les Allemands venaient d'entrer, et y faisaient des prisonniers.
Sur ces entrefaites, l'artillerie de la division Colin, renforcée des deux pièces de 12 dont nous avons parlé, prenait le dessus sur les batteries allemandes venues à la Villette et réoccupait son emplacement primitif vers Poisly. Grâce au tir très précis d'une batterie de 4*, qui arrêta une démonstration de la cavalerie ennemie entre Launay et Jouy, une attaque des Allemands sur la ferme de la Motte échoua également. Les trois bataillons de l'Orne se maintinrent énergiquement en position.
Cependant Jaurès avait été prévenu à Marchénoir de l'attaque dirigée sur Poisly ; il accourut avec sa réserve , pour soutenir sa 2® division. Vers 4 heures, après une nouvelle tentative que deux bataillons de mobilisés de la Sarthe ^,
1. 26® ter de rartillerie de la marine, capitaine Fournier (i^ division). Elle tira 600 coups et son capitaine fut blessé {Hittorique du corps).
8. Qui faisaient alors partie de la réserve du 21» corps. I/ouvrage de Chanzy et celui de l'état-major prussien donnent une idée très incomplète de cette affaire. Nous avons surtout consulté le livre du général von Wittich, Av9