‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 104 sur 134 · ÉPISODES DE GUERRE · texte numérisé non relu

ÉPISODES DE GUERRE

La bataille de Solferino devait être le dernier fait d'armes de la campagne de 1859; celte bataille devait donner la paix de Villafranca. Donc plus de récits de combats et de souvenirs de victoire. Je n'ai pas tout dit cependant sur les faits de guerre : la rapidité des événements ne m'a pas permis de recueillir tous les noms et de dire tous les détails qui apparliennent aux pages militaires de cette histoire. Avant de poursuivre la narration des divers incidents de cette grande entreprise, qui va bientôt arrivér à son dénoûment, je vais grouper, dans ce chapitre, tous les éplsodes épars qui doivent entrer dans ce cadre.

J'ai raconté sommairement la vie des officiers généraux et des officiers supérieurs morts ou blessés, ou tout au moins cités avec distinction dans les rapports officiels des chefs de corps ; il en est un cependant que je me suis borné jusqu'ici à nommer, et qui cependant occupe Île premier rang dans les annales modernes de l’histoire militaire de la France : c'est le général Renault,

Le général Renault est né à Malte en 3807, d'un père français et d’une mère portugaise. Élève au collége militaire de la Flèche, il entra à l'école de Saint-Cyr, d’où il sortit, en 1829, avec le grade de sous-lieutenant au G°de ligne. En 1830, il partait pour l'expédition d'Alger et faisait ses premières armes à la prise d'Alger, sur cette terre d'Afrique qui devait Jui voir gagner successivement lous ses grades.

A l'attaque du fort l'Empereur, Renault mérite d'être mis à l'ordre du jour de sa division ; il est nommé le même jour sous-lieutenant de voltigeurs. Il assiste au débarquement devant Bone, suit le maréchal Clausel dans sa périlleuse tentative sur Medeah, et revient en France avec le 6° de ligne.

Lieutenant le 20 juin 1832, Renault cherche l'occasion de retourner vers sa terre de prédilection : la formation du 5° bataillon d'infanterie légère d'Afrique lui en fournit l’occasion. Capitaine à la légion étrangère, 1l

apprend en Espagne, pendant les années 1853, 1856 et 1837, la guerre des batailles rangées : ses précédents d'Afrique lui avaient fait deviner d'instinct la guerre des guérillas.

Après avoir reçu des mains du général en chef la croix de Saint-Ferdinand et le grade de chef de bataillon, Renault quitte l'Espagne avec la légion étrangère. Les grades conférés par le gouvernement espagnol n'ayant pas été reconnus par le gouvernement français, il revient en Afrique comme capitaine adjudant-major de la nouvelle légion organisée à Alger. À Gigelly, le prince royal lui remet le brevet de chef de bataillon. C’est avec les zouaves qu'il poursuit les Arabes sans relâche et se distingue brillamment à Milianah et à Medeah : ni les fatigues, ni les Pere qui attestent sa téméraire, intrépidité ne l’arrêtent.

Chargé de ravitailler la garnison de Medeah, Renault soutient une lutte acharnée contre les réguliers d'Abd-el- Kader, qu'il bat, après avoir eu deux chevaux tués sous lui et reçu un coup de feu à la jambe. Après cinq mois de luttes contre les Kabyles et les troupes de l’émir, il reçoit du général Bugeaud le grade de lieutenant-colonel du G° léger, et se rend dans la province d'Oran. Mostaganem, Mascara, sont pour lui autant. d'étapes glorieuses. it sb

L'émir fait appel au ban et à l'arrière-ban de la province d Out: Red nault est envoyé contre lui par le général Lamoricière. Après une campagne laborieusement et victorieusement accomplie, le lieutenant-colonel, qui a été le bras droit du chef, est nommé, le 16 avril 1845, colonel du 6° léger. Blessé le 9 juillet dans l'affaire d'Oued-el-Ardjenn, il est forcétde chercher en France un repos dont il a besoin, après six mois de combats successifs. Mais bientôt il retourne en fre assiste à la bataille d'Isly, et est proposé par le général Pélissier pour le grade de cornmandeur de la Légion d'honneur.

Nommé commandant de la subdivision de Mascara, le plencl Rénauli montre l'aptitude si difficile de l'organisateur.

La subdivision de Mascara est pacifiée ; l'Algérie > après une lutte loin et acharnée, est délivrée d’Abd-el-Kader, qui est forcé de quitter:le territoire conquis par la France. Renault est nommé général de ET le 25 août 1846. | | |

. Bou-Maza excite la révolte dans le sud : Renault est del à le, pour: suivre. . La province d’Oran est conquise et pacifite, et le grade de com: mandeur de la Légion d'honneur est la RAR pare bien méritée des émi: nents services rendus par le général.

Chargé du commandement de la subdivision de Tlemcen, Rerauld nds avec vigilance les frontières du Riff, où Abd-el-Kader cherche à se créér

une souveraineté indépendante du Maroc; et l'émir, traqué, poursuivi, entraîne, par sa reddition au général Lamoricière, la conquête définitive des provinces de l’ouest de l'Afrique.

* Renault rentre en France peu de temps avant la révolution de Février,

et obtient le commandement d'une brigade de l’armée des Alpes. Après quatre mois de disponibilité, il est appelé au commandement d'une brigade de l’armée de Paris. Nommé, le 44 juillet 1851, général de division, il commande la division militaire de Clermont-Ferrand. Rappelé à Paris en novembre 1851, par le maréchal de Saint-Arnaud, il reçoit le commandement d'une division de l’armée de Paris.

‘1Élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur, le général Renault est mis bientôt à la tête de la deuxième division de l’armée de Boulogne; maïs il a la douleur de ne pas prendre part à la guerre d’Orient. Il court en Kabylie, devenue le théâtre de nouveaux combats, et son arrivée en Afrique est saluée par les nombreuses sympathies de ses compagnons d'armes. |

Le maréchal Randon est appelé à Paris, et le général Renault est chargé, le 25 juin 1858, des fonctions de gouverneur général par intérim de l'Algérie ; cet intérim dura jusqu’au 25 septembre, ét dévoila en Jui les qualités d’un bon administrateur.

*Mac-Mahon ayant été nommé gouverneur général de l'Algérie, Renault revint en France, en février 1859, pour recevoir bientôt le commandement d’une division de l'armée d'Italie.

D'autres encore méritent d’être signalés à l'admiration publique.

- Ainsi les généraux de division Mellinet, Camou, Vinoy, Bourbaki et

Pastoureau.

Le général Mellinet (Émile) est né en 1807. Admis dans un bon rang à l’école militaire de Saint-Cyr, Mellinet fit sa première campagne en 1832, en Belgique. Après avoir successivement parcouru les degrés de la hiérarchie, il fut, en 1840, nommé chef de bataillon. Envoyé en cette qualité en Algérie, il signala sa bravoure dans l'expédition du Chéliff (1842) et à Mostaganem (1845). Le succès qu’il obtint dans cette expédition Jui valut, l'année suivante, le grade de colonel.

Après la révolution de 1848, le colonel Mellinet revint en France et fut, en 1850, promu au grade de général de brigade. Lorsque éclata la guerre de Crimée, le général Mellinet, qui avait pris une part active à l'organisation de la garde impériale et en commandait une brigade, rejoignit sous les murs de Sébastopol l’armée d'Orient. Lors de la première attaque infructueuse contre Malakoff, il fit des prodiges de valeur pour soutenir le‘courage de ses troupes, et reçut en combattant une grave blessure au

208 L'ITALIE CONFÉDÉRÉE visage. À la suite de ce combat, en récompense de sa belle conduite, il obtint le grade dé général de division. En 1856, il fut nommé grand officier de la Légion d'honneur, et commandeur de l'ordre du Bain. Uné division d'infanterie de la garde impériale avait été placée sous ses ordres, et lés deux dernières batailles de la campagne de 4859 lui fournirent une double occasion de signaler ses talents militaires. a Camou, d'abord simple soldat, est né le 1° mai 1792. Devenu sergent le 5 septembre 1808, sergent-major le 25 octobre, sous-lieuténant au 1" bataillon des chasseurs des montagnes des Pyrénées le 1° mars 1809 licencié en 1810, il fut réintégré, le 98 février 1811, comme sous-lieutenant au 35° léger. Promu lieutenant le 10 août 1815, il fut incorporé au 9°.en 1814 et licencié le 20 septembre 1815. Lieutenant de nouveau à la légion des Basses-Alpes, le 5 août 1817, il passa au 17° de ligne le 8 avril 4819. Lieutenant adjudant-major le 7 février 1823, 1l ne fut nommé capitaine que le 9 mars 1830. ge:

Chef de bataillon au 34° le 29 septembre 1837, puis investi du commandement du 3° bataillon de chasseurs à pied en 1840, Camou devint colonel du 5° léger le 25 décembre 1841. Le 25 avril 1848, il est nommé général de brigade et mis à la disposition du gouverneur général ‘de l'Algérie, Général de division le 6 février 1852, il reçoit le commandement de la division d'Alger. Inspecteur général de l'infanterie en 1852, 4853 et 1854, il est appelé, le 10 janvier 1855, à commander la troisième division de l’armée d'Orient. Le 9 septembre 1855, il reçoit le commandement provisoire du deuxième corps, et, le 7 février 1856, celui de la deuxième division d'infanterie de la garde. | Chevalier de la Légion d'honneur le 14 octobre 1823, officier en 1844, commandeur en 1846, grand officier en 1851 et grand croix en 1857, le général Camou est commandeur de l’ordre du Bain, décoré de première classe du Medjidié, grand officier dè Saint-Maurice et Samt-Lazare de Sardaigne, HERANS de Crimée, de Sainte-Hélène et de la Valeur de Piémont. | Le général Vinoy, né en 1803, dans une petite villé du: Sphere de l'Isère, fut destiné par sa famille à la carrière ecclésiastique. Il fut élevé dans un petit séminaire. Devenu orphelin, l'influence à laquelle il obéissait malsré ses goûts cessa d’énchainer sa volonté, et dès lors il se donna tout entier au métier des armes. Son âge ne lui permettant plus de songer aux écoles militaires, 1l entrait, comme engagé volontaire, le 15 octobre 1825, au 4° régiment de la garde royale. L'expédition d'Alger, en 4839, lui fournit l'occasion de faire ses premières armes : il était alors sergent-major au 14° de ligne. Caporal dans la garde en 1895, il'était

‘passé dans l'infanterie de la ligne comme sergent en 1826. Débarqué un des premiers sur la terre d'Afrique, il y conquit, à la bataille de Staouëli, au prix de deux blessures, l’épaulette d'officier, puis, peu après, la croix de la Légion d'honneur.

Rentré en France, le jeune své-Motehant demanda bientôt à retourner en Algérie, et, en 1856, il entrait, avecle grade de Hepiepané, dans un corps de nouvelle formation, la légion étrangère.

.. Depuis ce momènt jusqu'en 1850, à l'exception de très-courtes appari- «tions en France, le général Vinoy ne quitta plus l'Afrique. Il y gagna tous ses grades : celui de capitaine en 1838, de chef de bataillon au 32° de ligne en 1845, de lieutenant-colonel du 12° léger en 1848. Dans cette période, son nom se trouve mêlé à toutes les phases de la conquête, soit qu'il-prit part comme soldat aux luttes de chaque jour, soit que, dans des positions spéciales, il dût travailler à l'œuvre non moins difficile de l'organisation, et partout il déployait une énergie, une activité et une résolution infatigables. En 1850, il est colonel du 54° de ligne; sa conduite énergique dans les Basses-Alpes lui vaut la croix de commandeur.

... En 18592, on créait des régiments de zouaves ; le maréchal de Saint-Arnaud, qui avait su, à la légion étrangère, apprécier les qualités de son jeune camarade, propose au colonel Vmoy d'organiser un de ces régiments. C’est lui qui forma le 2° de zouaves, qui devait acquérir un si beau renom. En 1855, il fit, à la tête de ce brave régiment, la campagne des .Babors, et fut récompensé par le grade de général de brigade.

. De ce moment la carrière du général Vinoy s’élargit. Bientôt la guerre avec la Russie vient lui fournir un théâtre où il est appelé à rendre à son pays de nouveaux services : au commencement de 1854, le ministre de Ja guerre l’envoyait prendre le commandement de la subdivision de Mostaganem, et lui réservait une brigade de la première division de l’armée -expéditionnaire d'Orient. Les premiers, le général Canrobert et le. général Vinoy mettaient le pied sur le sol ennemi, et bientôt après la division Canrobért, dont faisait partie la brigade Vinoy, escaladant les formidables -positions de l’Alma, culbutait le centre de l'armée russe. Devant Sébas- ‘topol, le général Vinoy prit une large part aux diverses Dre du siège.

.L'assaut de Malakoff, le 8 septembre, est. une des plus belles pages de la vie du général Vinoy. Dès le début de la lutte, entré dans l'ouvrage avec sa brigade, composée du 1” bataillon de chasseurs à pied, des 20° et 27° de ligne, il pénétra dans la gorge de ce formidable retranchement,

ets y maintint énergiquement, malgré les efforts désespérés des Russes. Pendant la nuit, le général Vinoy, chargé de garder notre conquête, res- HIT, 97

tait à ce poste de périlleux honneur jusqu'au lendemain six heures du soir, au milieu de l'embrasement de la ville, des forts et. des batteries que les Russes faisaient sauter de toutes parts. Peu de jours après, il recevait comme récompense le grade de général de division, et conservait le commandement de cette belle division qui avait arraché à l'ennemi la clef de Sébastopol. Rentré en France lors de la paix, il reçut d'abord une division de l’armée de. Lyon, puis le commandement d’une division de l'armée de Paris; mais, aux premiers bruits de guerre, il demanda et. obtint de l'Empereur l'honneur de servir sous ses ordres dans l'armée d Italie. | | Re

Le général Bourbaky est un ancien commandant de bataillon de tirailleurs indigènes, el son passage dans ce corps a été signalé par une. chanson due sans doute à la muse. conpasans d'un aimable fourrier. Voici un couplet de cette chanson :

Gentil turco, Quand, autour de ta boule, Comme un serpent s’enroule Ce calicot Qui te sert de shako, Ce chic exquis Fc 4 QUE L’ doivent-ils, à qui ?

À Bourbaki, À Charles Bourbaki!

Le général Bourbaki à laissé d'autres souvenirs plus sérieux encore parmi les indigènes, où sa furia, son humour, son élégance sous les balles ennemies, avaient Le privilége de mettre en feu les têtes de tous les hommes de son bataillon.

Ce général est le type de cette bravoure toute française qui che les énéndes que les difficultés aiguillonnent. Les zouaves l'ont vu à Zaatcha, le stick à la main, en gants blancs et en bottes fines, monter à l’ assaut le cigare à la bouche. Ils l'ont retrouvé le même au combat de l'Alma, à lokermann, où il s’est distingué avec éclat, et à l'assaut de Sébastopol.

“Le comle Partouneaux, qui comandait la cavalerie du premier corps, ancien colonel d'un magnifique régiment de lanciers, est l'un des premiers manœuvriers et des plus braves généraux de l’armée.

Ainsi également les généraux de brigade Decaen, Manèque, Cassaignolles, Bouteilloux, Sévelinges, Richepanse, Soleille et Blanchard, devenus généraux de division pendant la campagne de 1859. |

Sign chef d'un bataillon de chasseurs à pied au moment de la campa-

gne de Crimée, M.Decaen était devenu, à cette époque, général de brigade,

Les honneurs de la journée de Solferino reviennent en partie au général

Manèque, dont la brigade enleva un drapeau, des prisonniers et. treize. pièces de canon.

M. Manèque commandait à Solferino la première brigade de la division de voltigeurs dé la garde impériale.Il est, certes, l’un des officiers, qui ont le plus fait en Crimée pour s’attirer le reconnaissance et l'estime de toute l’armée. Sa conduite, notamment dans la journée du 18 juin 1855, fut au-dessus de tous les éloges, et le 5° bataillon de chasseurs à pied, le 49° etle 26° de ligne, au milieu desquels il combattait, en garderont un éternel souvenir. |

Capitaine en 1838, M. Manèque fut envoyé en 1840 comme adjudantmajor au 71° de ligne, qu'on organisait. Major du 20° de ligne le 4 novembre 184%, il permuta au commencement de l’année suivante pour passer au 8° léger, en Afrique, et depuis 1l a marché rapidement de grade en grade jusqu'à celui de général de division, qu'il a conquis en Italie.

M. Cassaignolles (Joseph-Charles-Anthelme) est né dans le département du Gers. 1] était général de brigade depuis le 28 décembre 1859, et commandait la troisième brigade de la cavalerie de la garde impériale chasseurs et guides).

Cet officier général, qui, à la tête des chasseurs à cheval de la garde, a fourni plusieurs charges à fond pendant la journée du 2% juin, s'était élancé le matin de la bataille de Magenta avec cent onze cavaliers sur l'ennemi, et l'avait repoussé. Dans sa rapide et brillante carrière, qui s’est écoulée en Algérie, aux spahis et aux chasseurs d'Afrique, le général Cassaignolles avait maintes fois montré une bravoure semblable.

Le 11 novembre 1845, dans le combat de l'Oued-Malah, M. Cassaignolles, alors simple capitaine, ayant distingué dans la mêlée Sidi M'Barek, le meilleur guerrier et le conseiller habituel d'Ab-el-Kader, s’élança à sa poursuite. Mais, dans sa fuite, le chef arabe abattit successivement {ous ceux qui s'acharnaient après lui, et tua d'un coup de pistolet le cheval du capitaine. Au même instant, Sidi MBarek fut lui-même frappé. M. Cassaignolles s’est aussi distingué à la bataille d'Isly. Pendant la guerre d'Orient, 1l a commandé une brigade de cavalerie et a pris part à toutes : les opérations du corps d'armée d'observation sous Sébastopol.

M. Bouteilloux (Martial) commandait le génie du premier corps: il avait été nommé capitaine en 1839, chef de bataillon à Cherchell en 1841, lieutenant-colonel à Constantine en 1845, et colonel en 1849. IL était membre du comité des fortifications, et, depuis 1854, général de brigade.

Dignes émules des Renaud, des Mellinet et des Bourbaki, les généraux

de Sévelinges, Richepanse, Soleille.et Blanchard ne doivent: qu'à l'éclat de leurs services les épaulettes de général de division qu'ils ont rappor- . tées d'Italie. M. Blanchard commandait à Malakoff le 4° de paris de la garde. Il fut grièvement blessé dans cette affaire.

D'autres noms encore ont ici leur place marquée à raison de Fe bia voure. Ainsi les généraux Picard, Jannin, Bataille et me de rs Morris, Négrier, Lefèvre et Polhès. |

M. de Bonnet Maurelhan Pelhès est un de nos dis Jeunes dédiées dé brigade, et aussi l’un des plus distingués. Capitaine en 1841, il fut nommé officier d'ordonnance du roi. Chef de bataillon au 25 o léger, le 22: septembre 1847, lieutenant-colonel au 25° léger, le 26 décembre 41855, il est arrivé en Crimée avec ce régiment en février 1855. Colonel du 3° de zouaves quelques jours après, il prit, après l'assaut, le commandement des zouaves de la garde. Sa conduite à la bataille de la Tchernaïa a été magnifique.

Nommé tout récemment général, M. Lefèvre FREE a fait ses premières armes au 30° de ligne, où il arriva, le 46 mars 1858, au grade de capitaine. Major du 4° léger en 1845, lieutenant-colonel du 31° en 1852, colonel du 21° de ligne en décembre 1854, il a commandé’ce sains pendant toutes les opérations du siége de Sébastopol.

Frère de Pillustre général tué en juin 1848 en défendant la cause: de l'ordre dans les rues de Paris, M. Négrier commandait alors le 9°:chasseurs à pied. Nommé lieutenant-colonel du 14° de ligne quelque temps après, 1l sut, par sa vigueur, inspirer une telle impulsion à ce régiment, que le 8 décembre 1851 on lui en confiait le commandement dans des circonstances difficiles. M. de Négrier a conduit le 14° de ligne sous les murs de Sébastopol.

M. le général Morris, qui commandait la seu de la garde i impériale en Italie, a eu en Orient un commandement de son arme: Il avait gagné {ous ses grades en Afrique, où la cavalerie a tant d' occasions de combattre : dans la force de l’âge, vigoureux et plem de feu, le général Morris est en outre un manœuvrier de premier ordre. Son coup d'œil décisif ne le trompe jamais. A la bataille de Balaclava, c'est lui qui ordonna et combina la charge par échelons du 4 Ch déote d'Afrique, charge qui opéra une si heureuse diversion et permit à lord ee de vn les débris épars de sa brigade. #4

Devenu général de division tout jeune encore, M. de Failly a A le 20° de ligne de la terre d'Afrique sur la terre de Crimée. as

M: Collineau (Edouard-Isaie) s’est engagé comme simple soldat en 4835 : sa Carrière n'en a pas été moins heureuse. II est juste d'ajouter qu'il n'a

servi que dans les corps de l’armée permanente de l'Algérie, au 2° régiment de la légion étrangère, où il a parcouru tous les grades d’officier jusqu’à celui de chef de bataillon, de 1838 à 1851. Lieutenant-colonel du 2° de zouaves, en 1855, il a combattu avec ce régiment à l'Alma et à la première attaque de nuit de Malakoff.

Colonel en mars 4855, M. Collineau conduisit ce régiment à l'assaut

définitif de Malakoff, le 8 septembre, et fut à cette affaire gravement blessé à la tête. Nommé général en 1857, après l'expédition de Kabylie, il a commandé une brigade de l’armée de Lyon. C'est un énergique soldat qui a toujours vécu au milieu de la poudre.

: M. Bataille (Henri-Jules) est un élève de l'École militaire. Nommé en 1836 sous- lieutenant au 22° de ligne, lieutenant en 1840 et capitaine en 41845, il est arrivé en Afrique avec ce régiment en 1844. En 1847, M. Bataille passa comme adjudant-major au 2° régiment de la légion étrangère pour rester en Afrique. Nommé chef du bataillon des tirailleurs indigènes de Bône et de Constantine en 1850 ; lieutenant-colonel du 56° en 4851 ; colonel du 4° en 1854, il n’a quitté la colonie qu'en 1847 avec le grade de général de brigade.

. Le général Jannin est un homme d’une force herculéenne et d’une aménité extrême. Il a passé presque toute sa vie en Afrique et en Crimée, Chef de bataillon au 51°, le 25 mai 1847; lieutenant-colonel le 24 décembre 1851 ; il fut appelé au 3° de zouaves au mois de février suivant ; colonel du 7° léger le 26 décembre 1853, puis du 1” zouaves, il a succédé à M. de Lavarande dans le commandement des zouaves de la garde. ILa été promu général de brigade après l'assaut de Sébastopol.

Dans la nuit du 22 au 23 mars 1855, le colonel Jannin, repoussant une sortie des Russes et ayant brisé son sabre dans la lutte, arracha un pieu à une palissade et assomma tout ce qui se présentait devant lui.

M. Picard est un jeune général qui fait la guerre depuis dix ans. À Tome, le 30 avril 1849, il commandait ce bataillon du 20° de ligne qui s'aventura jusque dans les faubourgs de Rome. Lieutenant-colonel aux zouaves, puis colonel au 91° de ligne, il commandait par intérim une brigade à l'assaut de Sébastopol.

Les colonels Dieu, de Chabron, Guignard, de Laveaucoupet, déjà cités dans ce livre; Jarras, Doëns, Lebaron, de Rochebouët, Guérin, de Berter, Mignot de Lamartinière, de Salignac-Fénelon ; Princeteau, d’Alton, Douay, Mongin, ont conquis par leur intrépidité les épaulettes de généraux de brigade sur les champs de batailles de l'Italie.

M. de Grimaudet de Rochebouët commandait le régiment d'artillerie à.cheval de la garde impériale.

Élève de l'École polytechnique en 1831, à sa sortie de l'École de Metz, M. de Rochebouët fut placé au 44° régiment. Capitaine au 7° régiment le 18 février 1841 il fut envoyé en Algérie, oùil gagna la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Placé au 5° régiment, il prit part, en 1849, au siége de Rome, et fut nommé, le 12 juillet de la même année, chef d'escadron au 1” régiment el mis à la disposition du général commandant en chef des troupes de la première division militaire. +

L'année suivante, M. de Rochebouët passa au 10° et commanda les batteries détachées à Paris Lieutenant-colonel le 8 janvier 1853 et commandant l'artillerie à Lille, il entra, lors de la réorganisation du corps, au 14° régiment à cheval, à Douai. 11 commanda l'artillerie du corps expéditionnaire dans la Baltique et concourut à la prise de Bomarsund. Nommé, le 5 septembre 1854, colonel du régiment à cheval de la garde, il fit, en cette qualité. partie de l'expédition d'Italie. MCE ::M4 Doëns était colonel du £0° de ligne, M. Guérin colonel du 13% de ligne; M. de Bertier colonel du 80° de ligne ; M. dé Lamartinière commandait le 2° régiment de cuirassiers de la garde impériale; M. d'Alton le 3° régiment de grenadiers de la garde: M. Douayle 2 régiment de voltigeurs; ct M. Mongin le 1° régiment de voltigeurs de la garde impériale ; M. Lebaron dirigeait le génie du deuxième Corps ; M. Jarras était attaché au quartier général. 2 | RH

J'ai publié les décrets de nominations ou de promotions dans la Légion d'honneur, ainsi que les décrets des distributions de médailles qui spécifiaient les batailles de Montebello, de Palestro, de Turbigo, de Magenta, de Marignan et de Solferino ; mais d’autres décrets, signés à Milan, à Valeggio, à Montechiaro et à Volta, ont a Jouté, sur le sol même de la Lombardie, d'autres pages au livre d'or de l'armée d'Italie. Voici ces décrets :

Par décret signé le 23 juin, au quartier général de Montechiaro, l'Empéreur a nommé où promu dans la Légion d'honneur: |

Au grade d'officier :

MM. Caffarel, capitaine, ex-aide de camp de M. le général Cler : 10 ans de services effectifs, 3 campagnes: Déaddé, capitaine, aide de camp de M. le général de Wimpffen : 13 ans de service effectif, 5 campagnes, 1 blessure. |

Au grade de chevalier :

M. Thomy, sergent-major au 1° régiment du génie : 14ans de service effectif, 7 campagnes. | F G +8 #

L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 915 . «Par divers décrets signés au quartier général de Valeggio, l'Empereur

a nommé ou promu dans la Légion d'honneur les militaires dont les noms suivent : |

(F5 28 Au grade de commandeur :

“M: de Mirandol, colonel au régiment des guides : 23 ans de service, 13 campagnes, 5 blessures.

Au grade d'officier :

MN. Payen de Chavoy, lieutenant-colonel au 1° régiment de cuiras- siers : 35 ans de service, 5 campagnes; Lafutsun de Lacarre, chef d’escadron au 2° régiment de cuirassiers : 25 ans de service, 23 campagnes.

Au grade de chevalier :

MM. Thornton, chef d’escadron au 1” régiment de cuirassiers : 18 ans de service, 4 campagnes ; Thiriet, adjudant sous-officier au 1° régiment de cuirassiers : 21 ans de service, 5 campagnes; Paris, capitaine au 2° régiment de cuirassiers : 20 ans de service, 2 campagnes ; Mairel, maréchal des logis au 2° régiment de cuirassiers : 17 ans de service, 6 campagnes; Xatart, capitaine aux dragons de l’Impératrice : 26 ans de service, 1 campagne ; Jourdier, vétérinaire de 1"° classe aux dragons de l'Impératrice : 21 ans de service, À campagne: Campagnac, lieutenant au régiment de lanciers de la garde : 16 ans de service, 5 campagnes ; Barré, sous-lieutenant au régiment de lanciers de la garde : 19 ans de service, 9 campagnes : de Kamienski, soldat au 1” régiment étranger, amputé à la suite de la bataille de Magenta ; de Coriolis de Limaye, sous-lieutenant aux chevau-légers de Novare, au service de Sa Majesté le roi de Sardaigne, blessé à Montebello ; de Beaulaincourt, capitaine au 1” régiment de chasseurs d'Afrique : 13 ans de service, 1 campagne.

Par décret signé le 15 juillet 1859, au quartier général impérial de Milan, l'Empereur a nommé ou promu dans l’ordre impérial de la Légion d'honneur les militaires dont les noms suivent, savoir :

Au grade de grand officier :

ÉE. major, général. — MM. Forgcot (Jules-Étienne Marie), général de brigade, commandant l'artillerie de la garde impériale, commandeur du 21 octobre 1854 : 33 ans de service effectif, 1 campagne.

Au grade de commandeur :

) État-major général. — MM. Borgella (Cécile-Étienne-Bernard), général de brigade, directeur général des pares d'artillerie de l'armée d'Italie,

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216 L'ITALIE CONFÉDÉRÉE officier du 7 janvier 1852 : 58 ans de service effectif, 1 campagne ; Douay (Charles-Abel) général de brigade, commandant la 1" brigade de Ja 5° division d'infanterie du 4° corps; officier du 8 août 1852 : 52 ans de service effectif, 13 campagnes ; Douay (Félix-Charles), général de brigade, commandant la 1° brigade de la 2 division d'infanterie du A" corps, officier du 22 août 1855 : 98 ans de service effectif, 2 campagnes, 2 blessures ; Rose (Étienne-Hugues), général de brigade ; officier du 28 août 1850 : 93 ans de service effectif, 23 campagnes ; Coffinières (Grégoire-Gaspard-Félix), général de brigade, officier du 2 décembre 1850 : 32 ans de service effectif, 9 campagnes, 1 blessure.

Corps d'état-major. — MM. Regnard a A LÀ Met. chef d'état- -major de la 2° division du 5° corps, officier du 2 mars 1855 : .09 ans de service effectif, 9 campagnes, 1 blessure ; de Lamorte-Clarens- Franconière (Paul-Étienne-Charles), colonel, 1°* aide de camp de Son Altesse Impériale le prince Napoléon, officier du 31 décembre 1851 ;: 25 ans de service effectif, 7 campagnes, 2 blessures ; Bernier-Maligny (Jules-Pierre), colonel, officier du 95 ; juin 1849 : 34 ans de service effectif, 8 campagnes.

79° régiment de ligne. — M. de Lestellot doseph-Henri-Louis-Gustave), colonel, officier du 6 août 1832 : 37 ans de service effectif, 21 campaunes, À blessure. |

99" régiment de ligne. — M. Pissonnet de Bellefonds (ules-Louis-Mar ie), colonel, officier du 16 juillet 1855 : 33 ans de service effectif, 14 cam pagnes, 1 blessure, 5 citations.

GÉNIE

M. le Brettevillois (Félix-Édouard), colonel, officier du 9 janvier 1850 : 32 ans de service effectif, 12 campagnes.

Au grade d’officier :

GARDE IMPÉRIALE

3 régiment de grenadiers. — M. Foutry (François-Joseph), capitaine, chevalier du 25 juillet 1843 : 17 ans de service effectif, 4 campagnes, 9 blessures.

Régiment d'artillerie à pied. — M. Collard (Alfred-Joseph), chef d'escadron, chevalier du 11 avril 1852 : 29 ans de service effectif, 4 cam pagnes.

Régiment d'artillerie ie à cheval. — M. Véchat de Laumière (Xavier- Jean-Marie-Henri- Clément), colonel, chevalier du 29 mars 1842 : 51 ans de service effectif, 9 campagnes.

ARTILLERIE

© État-major. — MM. Ferri Pisani Jourdan de Saint-Anastase (Jean- Baptiste-Félix), lieutenant- colonel, chevalier du 27 mars 1842 : 32 ans de service effectif, 3 campagnes ; Deforceville (Pierre), chef d'escadron, sousdirecteur du pare du 5° corps, chevalier du 24 octobre 1848 : 35 ans de service effectif, 2 campagnes.

® régiment. — M. Bramand Boucheron (Martial), colonel, chevalier du 47 août 1841 : 55 ans de service effectif, 3 campagnes. 4 régiment. — M. Marion (Pierre), chef d’escadron, chevalier du 92 juillet 1846 : 26 ans de service effectif, 7 campagnes. T° régiment. — M. Schnéegans (Louis-Ernest), capitaine en 1”; chevalier du 28 décembre 1854 : 21 ans de service effectif, 5 campagnes. T° régiment. M. Picot de Lapeyrouse (Philippe-Georges-Charles), chef d'escadron, chevalier du 23 juillet 1852 : 50 ans de service effectif. 1 campagne.

8° régiment. — M. Liénard (Hector-Hyacinthe), chef d’escadron, chevalier du 10 décembre 1851 : 32 ans de service effectif, campagne. 10° régiment. — MM. Bouteloup (Paul-Augustin), chef d'escadron, chevalier du 30 août 1849 : 32 ans de service effectif, 3 campagnes ; Garnier Kéruault (Édouard-Charles-Marie), chef d’escadron, chevalier du #0 mai 1852 : 32 ans de service effectif, 5 campagnes. 49 régiment. — M. Chevreul (Charles), chef d’escadron, chevalier du 18 juillet 1852 : 31 ans de service effectif, 3 campagnes.

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