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DIVISION DE CAVALERIE
M. le général de division Desvaux.
1" brigade : M. le général Genestet de Planhol.
Cette brigade comprenait le 5° de hussards et le 1” de chasseurs d'Afrique. |
2° brigade : M. le général de Forton.
Cette brigade comprenait Les 2° et 3° de chasseurs d'Afrique.
Le commandant du premier corps, Son Excellence le maréchal comte Baraguey-d'Hilliers, contemporain du maréchal Vaillant, est né à Paris en 41791. C'était un enfant plein de turbulence et d'insubordination. Mais il rachetait son étourderie par une excessive activité de corps et d'esprit, et on pouvait déjà prévoir que le temps emporterait ses défauts et développerait ses qualités. Son père était colonel général de dragons. Il n'avait pas encore seize ans que déjà il servait dans le premier régiment de l'arme où il s'était engagé. |
Entré, par la volonté de son père, au Prytanée militaire, Baragueyd'Hilliers en sortit plus calme et plus instruit avec le grade de sous-lieutenant au 1” régiment de chasseurs à cheval qui était attaché à l'un des corps de la grande armée. Il fit donc la campagne de Russie. Ce rude apprentissage des fatigues et des dangers de la guerre mit en lumière sa
patience et sa bravoure de soldat. Après la campagne de Russie, en 1812,
vint la campagne de Prusse en 1813. Là, il fut blessé d’un coup de sabre dans un engagement. Ce coup de sabre lui valut les épaulettes de lieutenant. h
Le lieutenant Baraguey-d'Hilliers partit ensuite pour l'Allemagne comme aide de camp du duc de Raguse et il assista à la bataille de
Leipsick où un boulet, en lui emportant le poignet gauche, fit de lui un
illustre mutilé. Cependant il continua à servir son pays et devint capi-
* taine. Mais on touchait aux derniers jours de l’Empire. La restauration
de la maison de Bourbon vint briser sa carrière. Il donna sa démission, et, ne pouvant plus se battre avec l'épée, il se battit avec l'esprit. D'humeur aventureuse et remuante, il entra dans les rangs de l'opposition. Mais la vie civile pesait à son âme inquiète, à son corps dévoré d’une fièvre continue de mouvement et d'activité. Il reprit du service, disant qu'ét ne pouvait pas mourir dans la peau d'un pékin. Je cite le mot, parce qu'il peint l'homme ; mais je ne l’approuve pas. La France est un soldat par le cœur et par le caractére, c'est vrai, et peut-être nos hommes d'État l’oublient-ils trop souvent, mais ce. n'est pas un soldat de pro-
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154 L'ITALIE CONFÉDÉRÉE fession ; c'est un soldat qui sait labourer et penser comme il sail se battre.
Capitaine au 19° de ligne en 1895, le comte nager lis fit la campagne d'Espagne et devint chef de bataillon. Lieutenant-colonel en 1850, il fit partie de l'expédition d'Alger et devint colonel. Après la Révolution de 1850, on le retrouve commandant. en second à l’école spéciale
militaire de Saint-Cyr où son amour de la discipline eut souvent à lutter contre l'esprit de révolte. Il faut savoir obéir pour apprendre à commander, répétait-il sans cesse aux élèves, ajoutant, en guise d'avertissement : Je n'ai qu'un poignet, mais il est de fer. La vérité est qu'il parvint, à force de fermeté, à refaire de cette école la première école militaire de l'Europe. Nommé maréchal de camp et commandant en premier de cette même école, appelé ensuite ‘en Afrique par le maréchal Bugeaud, il servit avec éclat, de 1841 à 1844, d'abord à la tête d’une brigade active, puis dans le poste de commandant supérieur de la division de Constantine. Dans l'intervalle, en effet, il était devenu général de division. La Révolulon de février le trouva à Besançon, où il commandait en cette qualité. Ce sont les souvenirs de cette époque qui lui concilièrent les sympathies du département du Doubs, qu'il représenta successivement à la Constituante et à la Législative.
L'homme de guerre redevenait homme d'opposition : + général comte Baraguey-d'Hilliers lutta contre la coterie du général Cavaignac au nom de la liberté, et contre la coterie du général Changarnier au nom de l'ordre. Il avait compris, avec son admirable sagacité, que le premier servait mal la liberté, et que le second servait mal l'ordre. Attaché à la cause du Président, qui était celle de la France, il reçut, en 1849, la mission de rétablir le calme et la sécurité dans Rome ; il s’y rendit avec la double autorité de commandant supérieur et de ministre plénipotentiaire. Successeur immédiat du général Changarnier dans le commandement en chef de l'armée de Paris, il ne lui fallut pas moins d'énergie et d'intelligence, pour y refaire l'esprit de discipline et de dévouement, qu'il ne lui en avait fallu pour rétablir dans Rome l'ordre et la paix. Plus tard il devenait, à la veille des complications de l'Orient, ambassadeur de France auprès du Sultan.
La guerre d'Orient allait rendre le comte Baraguey-d'Hilliers à son mélier favori, au métier des armes. Chargé de la direction du premier corps d'armée, qui devait agir isolément, en opérant dans la Baltique une puissante diversion, il eut sous ses ordres, pour cette expédition, une division d'infanterie française, des troupes de marine et quelques soldats anglais. C'est à la tête de ce corps d'armée qu'il s'empara de la forteresse
| L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 0: SF OË de Bomärsund, que protégeaient d'immenses tours de granit défendues par une triple rangée de canons.
C'était la première victoire qui signalait la lutte gigantesque engagée . entre l'Occident et l'Orient. Cette victoire valut au comte Baraguey-d’Hilliers le bâton de maréchal de France. Membre du Sénat, comme son collègue le maréchal Vaillant, comme lui également, de grade en grade, il est monté jusqu à la première dignité de l'ordre impérial de la Légion d'honneur, dont il porte le grand cordon.