DEUXIÈME CORPS
Commandant en chef : M. le général de division comte pe Mac-Manon. Chef d'état-major : M. le général de brigade Lebrun, ; Intendant : M. Wolf.
Commandant l'artillerie : M. le général de brigade Auger. Commandant le génie : M. le colonel le Baron. Médecin en chef : M. Boudin.
Le deuxième corps avait deux divisions d'infanterie el une brigade de
cavalerie.
PREMIÈRE DIVISION
M. le général de division de la Motterouge.
1" brigade : M. le général Lefebvre.
Celle brigade comprenait le régiment provisoire de Urailleurs algériens, les 45° et 65° de ligne.
2° brigade : M. le général de Bonnet-Maureilhan-Polhés.
Cette brigade comprenait les 70° et 71° de ligne.
DEUXIÈME DIVISION
M. le Dénbral de division Espinasse.
1'* brigade : M. le général Gault.
Cette brigade comprenait le 11° bataillon de chasseurs, le 2° de zouaves et le 72° de ligne.
2° brigade : M. le général de Castagny.
Cette brigade comprenait les 1° et 2° régiments anabts:
BRIGADE DE CAVALERIE
M. le général de brigade Gaudin de Villaine.
Cëtte brigade comprenait les 4° et 7° régiments de chasseurs à cheval.
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156 , L'ITALIE CONFÉDÉRÉE Né le 12 juim 1808, celui qui était, hier encore, le général comte de Mac-Mahon, et qui est aujourd'hui le maréchal duc de Magenta, le commandant du deuxième corps, ne compte que cinquante et un ans. D’origine irlandaise, 1l est venu au monde aux portes d'Autun, dans le magnifique château de Sully, devenu la propriété de sa famille, réfugiée en l'rance depuis la chute des Stuarts. Elevé d'abord dans le petit.séminaire d'Autun, il entra ensuite dans une école préparatoire de Versailles. II
sortit de cette école pour entrer à Saint-Cyr en 1 895.
Placé dans l'état-major, le duc de Magenta fit dans cette arme la campagne d'Alger, en 1850, et celle d'Anvers, en 1831. C’est encore dans cette arme qu'il servit pendant quatre années, de 4836 à 1840, sur la terre d'Afrique. Mais il serait impossible de le suivre avec méthode dans l'ordre chronologique des nombreux faits d'armes par lesquels il s’est signalé; impossible de rappeler, date par date, toutes ses promotions, tous les ordres du jour où son nom est cité avec gloire, tous les RASE d'estime et de confiance qu'il a reçus.
Le duc de Magenta était en Crimée. Là, beaucoup d'officiers généraux se sont distingués comme lui sous les murs de Sébastopol ; mais aucun
. d'eux n avait des états de service aussi nombreux et aussi brillants. Les
voci tels qu'on les trouve dans les annuaires militaires : Entré à l'École militaire de Saint-Cyr le 24 novembre 1825 ; Sous-lieutenant élève à l’École d'état-major, le 4° octobre 1827; Lieutenant, le 27 septembre 1851 ; | Capitaine, le 15 mars 1853 ; Chef de bataillon au 10° chasseurs à pied, le 30 octobre 1849 ; Licuterant-colonel du 2° régiment de la légion étrangère, le 51 décembre 1842 ; . Colonel du 41° de ligne, Le 24 avril 1845 ; Colonel du 9° de ligne, le 20 septembre 1847; Général de brigade, le 12 juin 1848 :
Général de division, le 16 juillet 4859 ; Chevalier de la Légion d'honneur, le 18 novembre 1830 ; Officier de la Légion d'honneur, le 11 septembre 1857 ; Commandeur de la Légion d'honneur, le 98 juillet 1849 ; Grand officier de la Légion d'honneur, le 10 août 1853; Grand-croix de la Légion d'honneur, le 22 septembre 1855. Le duc de Magenta est aussi grand croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Maurice et Saint-Lazare de Sardaigne, et de l’ordre du Bain d’An-
gleterre ; grañd-croissant des ordres de Medjidié de Turquie et du Nichari
de Tunis ; chevalier de l’ordre royal de Léopold de Belgique. En 1857, l'Empereur lui a conféré la médaille militaire. Dans cette longue nomenclature de grades et de distinctions, il serait
difficile d'en trouver un seul qui ait été accordé au duc de Magenta sans
qu'un fait d'armes ou une campagne l'ait sérieusement motivé, Il a été souvent cité aux ordres du jour de l’armée :
1840. Combat des Oliviers.
1841. Combat de Bab-el-Taza.
1844. Expédition du Ziban et de Biscara.
4845. Combats du Djebel-Alhra, d’Aïdoussa et d'Ai-Kebira.
1852. Combat de Caloa.
1853. Expédition au sud de Biskra.
1855. Assaut de Malakoff.
1859. Combat d'Icheriden. |
Brave jusqu'à la témérité, comme l'était le roi Murat à la tête de la cavalerie, le duc de Magenta n'a reçu cependant qu'une seule blessure dans tout le cours de sa brillante carrière. Le 10 novembre 4837, il fut alteint d'un coup de feu à la poitrine devant Constantine. C’est lui qui, pendant la dangereuse expédition du col de Mouzaïa, est arrivé le premier sur le pic du petit Atlas. Les noms de Staouëli et d'Anvers, comme celui de Constantine, rappellent également de brillants souvenirs d’intrépidité dont la date se rapporte aux premières années de sa carrière; car aux qualités supérieures du général, qui joint la rapidité de l'exécution à la rapidité de la conception, il réunit les qualités chevaleresques du soldat, marchant au feu sans émotion, ainsi qu'il marcherait à la parade. Un jour le général Achard, dont il était l’aide de camp, lui ordonna, après une chaude affaire, de partir au galop pour porter un ordre à un chef de colonne séparé de lui par un parti d'Arabes. « Vous prendrez avec vous un escadron de chasseurs, lui dit le général. — C'est trop ou trop peu, répond aussitôt l'aide de camp en enfourchant sa monture ; - trop pour passer sans être aperçu, trop peu pour battre l'ennemi. » Et il s'élance seul. Les Arabes le voient et se mettent à sa poursuite. Un torrent lui ferme la route, il le franchit par un suprême effort de son cheval, qui roule, les jambes brisées, sur le côté opposé de l'obstacle. Les Arabes n'osent le suivre dans cette route périlleuse, et se contentent de le saluer de leurs coups de fusil, tandis qu'il accomplit sa mission. |
En 1840, le duc de Magenta est l’un des dix officiers éprouvés choisis pour commander les nouveaux bataillons de chasseurs à pied. Resté en Algérie de 1840 à 1859, il y commanda vigoureusement, avant de la
quitter, une expédition en Kabylie, dans laquelle il déploya ces qualités ll, . 18
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spéciales de chef de corps qu'il possède à un degré si remarquable. A la veille de la prise de Sébastopol, glorieux fait d'armes auquel 1! devait attacher le souvenir de son nom, il alla, par ordre de l'Empereur, reprendre des mains du maréchal Canrobert, alors simple général de di vision comme lui, un commandement de son grade.
On se préparait à donner l'assaut à la tour Malakoff; la veille du jour décisif, le général Niel, en donnant au duc de Magenta ses dernières instructions, insistait, ainsi que le général Bosquet, sur l'importance de cette attaque. « F'entrerai demain dans Malakoff, leur dit:1l simplement, et soyez certains que je n’en sortirai pas vivant. » Placé sur le point le plus culminant du parapet, il dirigeait sa division. Son sang-froid et son calme étonnaient jusqu'aux zouaves du 1° régiment. « Il est impossible d’être plus beau sous le feu! » s'écriait le maréchal Pélissier, qui n'était encore que général de division, en lui envoyant dire de descendre de son observatoire, trop exposé aux coups de l'ennemi. Une première fois le duc de Magenta répondit à l'aide de camp qui lui transmettait cette injonction qu'il remerciait le général en chef; mais, l'ordre s'étant répété cmq fois dans la journée, il coupa énergiquement court à de nouvelles observations de ce genre. |
Nommé sénateur en 1856, le duc de Magenta alla reprendre le cours de ses exploits sur la terre d'Afrique, où il commanda, sous les ordres du maréchal Randon, la seconde division, dans cette grande expédition de la Kabylie qui devait enfin pacifier toute la contrée. A l'époque où la création du ministère de l'Algérie provoqua une réorganisation civile et militaire de cette puissante colonie, ce fut lui que le prince Napoléon y investit du commandement supérieur des forces de terre et de mer.
Le nom.de Mac-Mahon n'était peut-être pas très-populaire, en’ce sens qu'il ne jouissait pas d’une grande célébrité dans les masses, au moment où éclata la guerre d'Italie, Mais il n’y avait pas un seul officier, un seul soldat de l'armée française qui ne sût ce qu'il valait comme intelligence et comme bravoure ; pas un seul officier, pas un seul soldat qui ne le désignât d'avance pour le poste où la confiance de l'Empereur l’a appelé, et où il a su conquérir, avec une éclatante renommée, d'universelles sympathies. Le peuple le savait moins ; cette ignorance où Fon était communément de son rare mérite tient à son caractère et à sa modestie.
En effet, froid, réservé, timide même, grand, blond, mince, de manières aristocratiques, mais calmes, sans accentuation dans Îes traits, quoique ayant la tournure militaire et l'œil résolu, le duc de Magenta évite le bruit, il évite d'appeler l'attention sur sa vie ou sur sa personne avec autant de soin que d'autres en apportent à faire parler d'eux à propos
L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 159 de tout et à propos de rien. Mais, selon les expressions de M. Hippolyte Castille, à cheval, devant une ligne de bataille, son tempérament l'emporte : l'homme se transforme et devient l'âme de tous ceux qui
marchent derrière lui. Cavalier excellent, il se meut avec une aisance qui plait à la troupe: les paroles lui viennent rapides et bien frappées : il est alors chef dans toute l'acception du mot. Comme la salamandre, le feu est son élément, il y règne. Toutes ces qualités, qui ne sont en quelque sorte que le côté plastique de l’état militaire, se trouvent réunies, chez le maréchal duc de Magenta, à la science, à l'expérience et à la raison. C’est un soldat, c'est un officier accompli : il y à en lui l'étoffe d’un véritable sénéral en chef.