PRISE DE MARIGNAN
Partout l'armée autrichienne en déroute fuyait devant l'armée française en marche. Dès le lendemain de la bataille de Magenta, les oppresseurs de la Lombardie abandonnaïicnt Milan avec précipitation ; ils s'échappaient en toute hâte, même de la citadelle, où ils laissaient des canons en bronze, des vivres et des munitions en abondance, se dirigeant sur Lodi.
Sur la route de cette ville, à quinze kilomètres de Milan, on rericontre un gros bourg, qui s'appelait jadis Marignan, qu'on nomme aujourd'hui \'elegnano. C'est là que François 1° remporta la célèbre victoire qui devait précéder la défaite de Pavie; c’est là que les soldats de la France allaient vaincre de nouveau l’armée autrichienne, qui s’y était fortement retranchée, au nombre de trente-cinq mille hommes, dans l'espoir d'arrêter la marche des alliés assez longtemps pour sauver son matériel.
Dès le G juin, 1l ne restait plus un seul soldat autrichien sur le sol piémontais. Menacé par les alliés, qui occupaient Milan, dans les positions | qu'il avait prises au delà du Pô, à Stradella, l'ennemi s'était également replié de ce côté, avait fait sauter le pont de la Stella, abandonnant Pavie, s’apprêtant à évacuer Plaisance, en n'y laissant qu une citadelle en ruines, et s'était concentré entre Lodi, Crémone et Marignan, se fortifiant surtout dans cette dernière position, où il élait attaqué, le 9 juin, sur l’ordre de l'Empereur, par le maréchal Baraguey-d'Hilliers, à la tête du premier corps et d’où il était chassé. |
Située au milieu d'une vaste plaine, la ville de Marignan est traversée par une route, bordée de chaque côté d’un canal et de prés coupés de fossés et de rizières : des ouvrages construits à la hâte avaient encore ajouté à ses fortifications naturelles : la prise de Marignan offrait donc des difficultés sérieuses. j
Le maréchal Baraguey-d'Hilliers reçut, en même temps que l’ordre de se porter avec son corps sur la route de Lodi et de chasser l'ennemi de San-Juliano et de Marignan, l'avis que le second corps, commandé par le maréchal de Mac-Mahon, lui était adjoint pour cette opération. Aussi-
L'ITALIE CONFÉDERÉE 59 LôL 11 s'était transporté à San-Donato pour s'entendre avec le due de M:genta, qui, d'après leurs conventions, se-chargea d'attaquer San-Juliano avec sa première division; après en avoir déposté l'ennemi, il devait marcher sur Carpianello pour passer le Lombro, dont les abords sont trèsdifficiles, et, de là, se diriger sur Mediglia. |
La deuxième division devait prendre, à San-Martino, la route qui, par Trivulzo et Casanova, la conduisait à Bettola, et se diriger sur la gauche de Mediglia, de manière à tourner la position de Marignan.
Il fut aussi convenu que le premier corps se porterait tout entier sur la orande route de Marignan, enverrait à droite, au point appelé sur a carte Betolma, la première division, qui, passant par Civesio et Viboldone, irait à Mezzano, établirait sur ce point une batterie de douze pièces pour battre Pedriano d'abord, et plus tard le cimetière du bourg déjà 1llustré par François [”, où l'ennemi s'était retranché et'où 1l avait établi de fortes batteries ;
Que la deuxième division du premier corps, après avoir quitté San-Juliano, se porterait sur San-Brera et y établirait également une batterie de douze pièces, pour battre le cimetière et enfiler la route de Marignan à Lodi ;
Qu'enfin la troisième division du même Corps se dirigerait directement sur Marignan, et enlèverait la ville concurremment avec les première ‘et deuxième divisions, dès que le feu de notre artillerie y aurait jeté du désordre. |
Enfin la première division, laissant Marignan sur sa gauche, eut ordre de se porter sur Cero, tandis que la deuxième et la troisième division marchèrent sur Sordio, où elles devaient se mettre en rapport avec le deuxième corps, qui, par Dresano et Casalmajocco, s’y dirigeait également.
Telles étaient les combinaisons arrêtées entre les deux maréchaux commandant le premier et le deuxième corps. La mission que l'Empereur avait confiée au maréchal Baraguey-d'Hilliers était épineuse, car la route était tellement embarrassée par les convois des second et quatrième cRxps, que la troisième division du it corps ne put entrer en ligne qu'à plus de trois heures.
Cependant le maréchal de Mac-Mahon recevait avant trois heures l’ordre de marcher sur San-Juliano : il n’y trouva pas l’ennemi, passa le Lombro à gué, quoiqu'un pont fût indiqué sur la carte à Carpianello, et continua son mouvement sur Mediglia. à
A cinq heures et demie, la troisième division du premier corps arriva à environ douze cents mètres de Marignan, occupé par l'ennemi, qui avait élevé une barricade à environ cinq cents mètres en avant sur la
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