‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 74 sur 134 · IT. E · texte numérisé non relu

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Les états sont négatifs pour le 74° de ligne, le 81° de ligne et le 100° de ligne.

Il faut ajouter aux chiffres précédents les chiffres suivants qui figurent sur un état numérique sans désignation de corps : 8 officiers blessés ; 18 soldats tués, 114 blessés, 14 disparus.

On voit que les officiers avaient payé largement leur dette à la patrie. Le général Bazaine et le général Goze avaient été contusionnés. Le colonel et le lieutenant-colonel du 35° de ligne furent seulement blessés avec gravité. Mais le colonel du 1” régiment de zouaves, M. Paulze-d'Ivoy, frère du préfet de la Vienne, fut tué presque au commencement du combat.

Le colonel Paulze-d'Ivoy, âgé de quarante-deux ans et sorti de l’école de Saint-Cyr, avait fait toutes les campagnes d'Afrique. Appelé en Crimée . comme lieutenant-colonel du 95° de ligne, il fut nommé colonel de ce régiment après la mort du colonel Muller. Rentré en France après la paix, il fut appelé à commander le 1° zouaves, à la tête duquel il prit part à la cam. pagne de Kabylie et qu'il devait guider pour la dernière fois sur le sol de l'Italie.

Les deux divisions du premier corps d'armée qui ont été le plus vivement engagées à Marignan sont celle du général Bazaine et celle du général Ladmirault, qui tiennent l'un et l’autre le premier rang parmi les officiers généraux de l'armée française.

M. Bazame est né à Versailles en 1811. Après la Révolution de juillet, il s'engagea dans la légion étrangère. Sous-licutenant en 4835, il partit en 1855 pour l'Espagne avec cette légion. Capitaine en 1839, chef de bataillon en 1845, lieutenant-colonel du 19° léger en 1848, lorsque éclata la guerre de Crimée, 1l commandait un régiment de la légion étrangère. Sa brillante conduite lui fit obtenir pendant cette campagne les grades de général de brigade et de général de division. I fut investi, après l'assaut, du commandement militaire de Sébastopol et dirigea la rapide et décisive expédition de Kinburn.

Cité six fois à l'ordre du jour : 1835, Macta ; 1840, Milianah ; 1846, combat d’Afir ; 1847 1, Soumission d'Abd-el-Kader; 1855, combat du 2 mai et prise de Kinburn, M. Bazaine compte aujourd'hui presque autant de campagnes que d'années de service. |

M. Ladmirault est né à Montmorillon (Vienne) en 1808. Sorti de l'École en 1829, comme sous-lieutenant au 61° de ligne, il fit l'expédition de 1830 en Afrique; lieutenant au 67° de ligne en 1851, capitaine aux zouaves en 1857, chef de bataillon des tirailleurs d'Afrique en 1840, puis du 2" bataillon d'infanterie légère d'Afrique, lieutenant-colonel du 49° léger en 18%2, colonel des zouaves en 184%, général de brigade en 1848, el

L'ITALIE CONFÉDÉÈRÉE | 15 général de division en 1855, M. de Ladmirault n’a pas quitté l'Algérie de 1831 à 1852.

Après les généraux Bazaine et Ladmirault, les témoins du combat de Marignan se sont plu à citer les généraux de brigade Goze et Niol.

Après avoir été chef de hataillon au 27° de ligne (1846) et lieutenantcolonel du 44° de ligne (4851), M. Niol est parti pour l’armée d'Orient avec le 26° de ligne, dont il était colonel ; le 5 novembre 1854, il succéda

au général de Lourmel dans le commandement de sa brigade et assista à toutes les opérations du siège.

M. Goze est un vaillant officier. Après s être distingué en Afrique, il fit, en 1849, le siége de Rome comme chef de bataillon au 16° léger. Lieutenant-colonel du 6° de ligne, en 1852, il partit pour la guerre d'Orient, en 1854, et y gagna les épaulettes de colonel, puis celles de général.

Le colonel Anselme, chef d'état-major du premier corps, qui allait devenir général de brigade, figure en tête-des officiers dont le maréchal Baraguey-d'Hilliers cite les noms dans son rapport à l'Empereur sur la journée de Marignan. Le commandant du premier corpsnomme également, dans ce même rapport, le commandant Foy, dont le cheval a été blessé, et qui était proposé pour lieutenant-colonel ; le commandant Melin, proposé pour officier de la Légion d'honneur ; le capitaine de Rambaud, pour lequel de l'avancement avait été déjà sollicité, et M. Franchetti, sousofficier au 1° chasseurs d'Afrique, porte-guidon du maréchal et blessé à ses côtés.

L'ennemi avait perdu dans cette affaire le général major Boer qui, gravement blessé pendant le combat, succomba sur la route de Marignan à Lodi, où on essayait de Le transporter. C'est après la défaite de Marignan que l’armée autrichienne évacua Plaisance en faisant sauter les forts et les blockhaus, des ouvrages en terre, ainsi qu’un pilier et deux arches du pont de la Trehbia. La plus grande partie des canons avait été chargée sur des chalands et remorquée par des vapeurs dont les pionniers formaient l'équipage; ilen restait quelques-uns pour lesquels il manquait de moyens de transport; on les a enclouéset fait éclater. La garnison a ensuite marché vers Pizzighettone et de là elle s’est réunie au gros de l’armée autrichienne.

Lorsque toute l'artillerie et les munitions furent transportées à Manloue, et qu'on eut brûlé le pont de l’Adda, Pizzighettone fut aussi évacuée par l'ennemi qui était en pleine retraite sur cette rivière, où il ne devait même pas se défendre, puisque l’armée alliée ne devait plus le rencontrer que sur le Mincio.

La journée de Marignan, comme celles de Palestro et de Montebello,

comme celles de Turbigo et de Magenta, devait fournir des noms nouveaux à l’ordre impérial de la Légion d'honneur et à la liste déjà si riche des médaillés d'Italie. Les décrets de promotions et de nominations qui ont consacré le souvenir de cette brillante affaire sont datés de Brescia.

Les voici : |

Par décret signé le 20 juin 1859, au quartier général impérial de Brescia, l'Empereur a nommé ou promu dans l’ordre impérial de la Légion d'honneur les militaires dont les noms suivent, qui se sont distingués au

combat de Marignan, savoir :

Au grade de grand officier.

État-major général. — M. Bazaine, général de division, commandant la troisième division ‘d'infanterie du premier corps; commandeur du 16 août 1856 : 29 ans de service effectif, 21 campagnes, 1 blessure.

Au grade de commandeur.

État-major général. — M. Goze, général de brigade, commandant une brigade de la troisième division d'infanterie du premier corps; officier du 50 décembre 1854 : 50 ans de service effectif, 12 campagnes, 3 blessures.

Corps d'état-major. — M. Letellier-Valazé, colonel chef d'état-major de la troisième division du premier corps ; officier du 9 août 1850 : 27 ans de service effectif, 9 campagnes, 2 blessures.

99° régiment d'infanterie de ligne. — M. Bordas, colonel; officier du 28 septembre 1853 : 50 ans de service effectif, 15 campagnes, 4 blessures.

Au grade d’officier.

Corps d'état-major. — M. Melin, chef d'escadron, aide de camp du maréchal Baraguey-d'Hilliers ; chevalier du 1° novembre 1853 : 21 ans de service effectif, 5 campagnes. |

15° :régiment d'infanterie de ligne. — M. Leselde, chef de bataillon ; chevalier du 8 octobre 1852 : 53 ans de service effectif, 1 campagne.

39° régiment d'infanterie de ligne. — M. Forest, chef de bataillon ; chevalier du 27 mai 1850 : 25 ans de service effectif, 9 campagnes.

31° régiment d'infanterie de ligne. — M. Rivet, lieutenant-colonel: chevalier du 23 mars 1851 : 55 ans de service effectif, 4 campagnes,

1° régiment de xouaves. — MM. Lumel, chef de bataillon: chevalier du 16 juin 1855 : 25 ans de service effectif, 15 campagnes, 5 blessures: Payan, capitaine; chevalier du 2 août 1858 : 15 ans de service effectif, 15 campagnes, 5 blessures. |

État-major du génie. — MM. Séré de Rivière, chef de bataillon; commandant le génie de la troisième division du premier corps; chevalier du 21 décembre 1854 : 26 ans de service effectif, 3 campagnes. Blessé grièvement; Duval, chef de bataillon; chevalier du 2 décembre 1850 : 29 ans de service effectif, 5 campagnes.

Service de santé. — M. Martenot de Cordoux, médecin-major de 1"° classe, attaché à l’ambulance du quartier général du premier corps; chevalier du 9 janvier 1850 : 22 ans de service effectif, 14 campagnes. 2 citations. | |

Au grade de chevaher.

Corps d'état-major. — Willette, capitaine, aide de camp du général commandant la troisième division du premier corps : 19 ans de service effectif, À campagne; Goumenault des Plantes, capitaine : À7 ans de service eflectif, À campagne; Nau de Champlouis, capitaine : 9 ans de service effectif, 9 campagnes. Blessé grièvement; Pinotau, capitaine: 14 ans de service effectif, 2 campagnes.

13° régiment d'infanterie de ligne. — M. de la Tour du Pin Chambly de la Charce, lieutenant, officier d'ordonnance : 7 ans de service effectif, 1 campagne. Blessé grièvement.

15° régiment d'infanterie de ligne. — MM. Perrier, capitame : 19 ans de service effectif, 2 campagnes, 2 blessures; Desnouveaux, capitaine : 22 ans de service effectif, 2 campagnes; Maublanc, sergent-fourrier : 6 ans de service effectif, 2 campagnes; Toniel, caporal-tambour : 8 ans de service effectif, 2 campagnes.

21° régiment d'infanterie de ligne. — M. Chapel, capitame : 15 ans de service effectif, 5 campagnes, 1 blessure.

33° régiment d'infanterie de ligne. — MM. Kiffer, capitame : 16 ans de service effectif, 4 campagnes, 1 blessure; Bertrand, sous-lieutenant porte-drapeau : 20 ans de service effectif, 10 campagnes, 1 blessure; Lambert, heutenant : 17 ans de service effectif, 9 campagnes, 3 blessures; Morel, lieutenant : 17 ans de service effectif, 5 campagnes; Finot, capitaine : 28 ans de service effectif, À campagne.

34° régiment d'infanterie de ligne. — M. Tourgouillet, capitaine : 26 ans de service effectif, 1 campagne.

51° régiment d'infanterie de ligne. — MM. Rénier, capitame adjudantmajor : 45 ans de service effectif, 2 campagnes, grièvement blessé; Bignon, capitaine : 23 ans de service effectif, 2 campagnes.

‘74° régiment d'infanterie de ligne. — M. Moreau, caporal: 6 ans de service effectif, 4 campagnes, 1 blessure.

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TS" régiment d'infanterie de ligne. — M. Jalabert, lieutenant : 19 ans de service effectif, 7 campagnes. |

98° régiment d'infanterie de ligne. — M. Pount, sergent-fourrier : 12 ans de service effectif, 5 campagnes, 7 blessures.

10° bataillon de chasseurs à pied. — MM. Brun, licutenant : 1 ans de service effectif, 5 campagnes, blessé grièvement; Mouchon, sergent : 10 ans de service effectif, 3 campagnes, blessé grièvement; Colette, sergent-major : 10 ans de service effectif, 3 campagnes, blessé grièvement.

1° régiment de zouaves. — MM. Jean, capitaine : 48 ans de service el fectif, 9 campagnes, 2 blessures; Colette, capitaine : 14 ans de service effectif, 8 campagnes, 1 blessure; Delahaye Saint-Hilaire, sous-lieutenant : 8 ans de service effectif, 8 campagnes, 5 blessures: Dours, sous-lieutenant : 9 ans de service effectif, 9 campagnes, 2 blessures; Ducrocq, sergent-major : 9 ans de service effectif, 9 campagnes; Py, sergent : K ans de service effectif, 8 campagnes, 2 blessures; Liautier, sergent-fourrier : 8 ans de service effectif, 8 campagnes, 3 blessures; Lefèvre, zouave : 6 ans de service effectif, 6 campagnes, 2 blessures.

12° régiment d'artillerie. — M. Desmazières, Bostnant en 1°, 11 ans de service effectif, 1 campagne.

État-major du génie. — M. Servel, capitaine : 21 ans de service effectif, 2 campagnes. | |

1°” régiment du génie. — MM. Barré, capitaine : 20 ans de service effectif, 5 campagnes; Dupeyre, maitre-ouvrier : 16 ans de service effectif, 13 campagnes.

Service de santé. — M. Contrejean, médecin aide-major attaché aux ambulances du premier corps : 16 ans de service effectif, 7 campagnes.

Par décret signé le 20 juin 1859, au quartier général impérial de Brescia, l'Empereur à conféré la Médaille militaire aux militaires dont les noms suivent, qui se sont distingués au combat de Melegnano, savoir :

à \ INFANTERIE.

15° régiment de ligne. — Charbonneau, grenadier. 5 blessures; Marion, fusilier, a eu deux doigts coupés; Laisné, dit Duval, fusilier. Blessé griè-

- veient; Desbonnes, caporal, 3 blessures; Le Roy, caporal, blessé; Thé-

pault, fusilier, blessé grièvement; Marseille, sergent-fourrier, a perdu

deux doigts; Champion, sergent, blessé; Mouisset, caporal, blessé; Millien,

fusilier, blessé; Boussard, fusilier, blessé: Bertrang, caporal, blessé.

21° régiment de ligne. — Calvet, TE blessé.

99° régiment de ligne. — Villedieu, sergent-major, blessé; Lucigné, sergent-major, blessé; Demeure, sergent-major, blessé; Delion, sergent:

Stein, sergent; Chaffoin, sergent; Debry, sergent; Pellelier, caporal, 9 blessures; Paillat, fusilier, 2 blessures; Coudry, sergent, blessé; Rafy, sapeur; Basset, grenadier.

54° régiment de ligne. — Lebesley, sergent; Amoureux, sergent, blessé; Baron, grenadier. Blessé.

37° régiment de ligne. — Lequeux, sergent-major, a eu les deux cuisses traversées; Regnier, grenadier, blessé; Coquelin, caporal: Leg voltigeur, blessé; Dorffer, clairon.

78° régiment de ligne. — Brun, sergent. ,

98° régiment de ligne. — Pluviose, grenadier; Teppe, sergent, a eu les deux jambes traversées par une balle

10° bataillon de chasseurs à pied. — Rey, sapeur; Soucail, chasseur, blessé grièvement; Judion, chasseur, blessé grièvement; Bonjour, caporal, blessé grièvement; Couterier, sergent: Duprès, chasseur, blessé grièvement. |

1° régiment de souaves. — Camay, zouave; Roussel, sergent-fourrier, amputé; David, sergent, blessé grièvement; Henry, sérgent-major, 1 blessure; Pélegrin, clairon, 2 blessures; Drouelle, sergent, blessé; Parant, sergent-fourrier, blessé grièvement; Debaude, caporal, blessé grièvement; Chantelot, sergent, 1 blessure; Raillard, sergent-major, 1 blessure; Georgeton, zouave, À blessure; Grassart, sergent. Blessé; Bienfait, sergent. 1 blessure; Blanck, zouave, blessé; Crosnier, sergent, blessé très-grièvement: Colonna de Leca, zouave; Vincent, sergent-major, blessé; Piau, dit Potel, caporal, amputé; Brochier, sergent-fourrier, blessé; Laperche, zouave, blessé.

| ARTILLERIE 19° régiment. — Monté. Bonnichon, maréchal des logis; Gravier, 2° canonnier conducteur; Jacquin, 1° canonnier conducteur. GÉNIE.

4° régiment. — Angellier, sergent; Honquely, sergent; Lambla, sergent; Dominé, sergent; Frantz, caporal.

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