UNE ÉTAPE A BRESCIA
J'ai laissé Garibaldi maitre de Côme et de Lecco, secondant par ses opéralions de partisan le mouvement plus régulier de l'armée alliée, au moment même où elle s'apprêtait à franchir le Tessin et à la veille de la bataille de Magenta. Je vais le retrouver à Brescia où vont le conduire le succès et l'habileté de ses attaques dans le nord de la Lombardie, dont il possède à merveille la connaissance stratégique. Son action, en apparence isolée, se combine avec les efforts plus vastes et plus éclatants des troupes franco-sardes, et tous les hommes de guerre se plaisent à constater que ses marches audacieuses dans la Valteline attestent de savantes combinaisons, rappelant celles que le maréchal de Rohan, au commencement du dix-septième siècle, et celles que le général Lecourbe, à la fin du dixhuilième siècle, ont accomplies dans cette même contrée.
Maitre des défilés qui bordent le lac Majeur, et toujours sûr d'une retraite en cas d'insuccès, Garibaldi jette ses hardis partisans sur les colonnes autrichiennes, les attaque au moment opportun et se replie dès qu'il a affaire à des forces supérieures. C'est en vain que le général Urban essaye de le faire sortir de Côme et de l’attirer dans les plaines. Sa descente vers Cantu peut faire croire un moment qu'il sc hasarde à la poursuite des . Autrichiens : mais il ne songe qu'à attirer l'ennemi dans un piôge.
Garibaldi avait trouvé dans ses bataillons de volontaires de nombreux émigrés de la haute Lombardie. I les fait partir avant lui; ils se mêlent aux populations que le général veut soulever, et déjà il est maître de Côme quand ses partisans, exaltés par ses nombreux avantages, lui amènent les bateaux à vapeur avec lesquels les Autrichiens exploitaient le lac.
Au même moment, le chef des chasseurs des Alpes semble vouloir poursuivre les Autrichiens sur la route de Monza : il envoie deux de ces bâtiments à Lecco avec des troupes, change de direction, tourne à gauche, et marche sur cette dernière cité, qui se hâte de proclamer Victor-Emmanuel ll. C’est par une manœuvre à peu près semblable qu'il avait soulevé, comme on l'a déjà vu, la Valteline et Sondrio, sa capitale.
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