JOHANN
« Bergame, 5 juin.
« Ma chère mère,
« J'écris ces lignes en pleurant ma malheureuse vie de soldat, qui me navre jusqu'au fond du cœur. Je prie Dieu que ces lignes trouvent ma chère mère en bonne santé, et mes sœurs aussi. Écrivez-moi, si vous recevez celle lettre ct si vous avez reçu mon autre lettre. Je ne suis plus en Bohême, mais en Italie, à Bergame, où les billets de banque ne servent pas, et où on ne veut que de l'or ou de l'argent. Nous n’avons de repos nulle part, et à chaque instant il faut marcher, et juste, dans ce moment, nous avons l'ordre de partir encore d'ici, ou pour le champ de bataille ou pour le camp. Nous sommes venus par la Saxe et la Bavière, qui sont des provinces étrangères, où on nous a partout très-bien reçus, et où on nous donnait out ce que nous voulions, à boire et à manger pour rien. On nous à fètés dans chaque ville où nous sommes venus en Allemagne. Je prie Dieu au moins de me conserver la santé, et à ma mère et à mes. sœurs aussi.
« Je suis votre fils obéissant.