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où le quartier général de l'Empereur devait être établi, el terminèrent ainsi la journée.
C'est la brigade Manèque qui eut à elle seule la gloire d'édleer les treize canons et le drapeau qui sont restés au pouvoir de la garde impériale.
Pendant toute cette affaire, l'artillerie de la garde s’est fait remarquer par la précision de son tir et le choix suceessif de ses positions. Partout oùelle a eu à contre-battre des batteries ennemies, elle a fait taire leur feu en peu de temps. |
La cavalerie, commandée par le général Morris, était venue, dès son arrivée, sur le champ de bataille, et d'après les ordres de l'Empereur se placer sous le commandement du maréchal de Mac-Mahon, qui opérait dans un pays de plaine où, dans certains cas, elle pouvait trouver l'occasion de faire un bon service. En attendant l’arrivée du corps du général Niel, qui devait se lier par sa gauche au maréchal de Mac-Mahon, elle fut employée à couvrir la droite du deuxième corps, et, à cet effet, le général Morris disposa ses trois brigades par échelons, et les fit couvrir “par une ligne de tirailleurs.
Le général Morris attendait avec impatience l’occasion de faire agir sa cavalerie : elle se présenta vers trois heures et demie. Une colonne de cavalerie autrichienne ayant paru, il la fit charger en flanc par les chasseurs à cheval. Les Autrichiens, refoulés, se retirèrent à droite vers leurs batteries, dont le feu arrêta la poursuite de la cavalerie française.
On vient de voir que le premier corps avait manœuvré simultanément et conjointement avec la garde impériale sur ce point de la bataille. Il convient donc de placer ici la narration de ses mouvements individuels. L'Empereur lui avait donné l’ordre de se porter, le 2%, d'Esenta à Solferino. Le maréchal Baraguey-d'Hilliers fit partir, à deux heures du matin, par la route de la montagne, la division Ladmirault avec quatre pièces d'artillerie, et par celle de la plaine, à trois heures, les divisions Forey et Bazaine, avec leur artillerie, l'artillerie de réserve et les bagages.
A peine la tête de cette dernière colonne était arrivée aux Fontane, que la division Forey engagea deux compagnies de chasseurs avec l'ennemi, le | débusqua sans trop de difficultés des hauteurs de Monte-di-Valscura, et avec deux bataillons du 74° de ligne le chassa du village du . où la résistance fut plus sérieuse.
A ce moment, la deuxième division, à gauche de la première, était ralliée dans une vallée assez large, bordée des deux côtés de collines élevées s'étendant par des positions successives et étagées jusqu’à Solferino.
L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 93 Le général de Ladmirault disposa sa division en {rois colonnes : celle de droite, composée de deux compagnies de chasseurs et de quatre bataillons, confiés au général Douay; celle de gauche, composée comme la première, sous les ordres du général de Négrier, et se réserva la colonne du centre, composée de quatre compagnies de chasseurs, de se bataillons et de l'artillerie.
Les divisions Forey et Ladmirault s'avancèrent parallèlement sur Solferino ; la première à droite, attaquant le mont Fernile; la deuxième à gauche, enlevant à l'ennemi les premiers mamelons boisés et la position.
L'occupation du mont Fernile par le 84° de ligne permit à la 6° batterie du $° régiment de s’y établir et de protéger le mouvement de la première brigade, commandée par le général Dieu, qui descendit le revers de ce même mont Fernile et se porta dans la direction de Solferino en chassant de crête en crête les troupes ennemies, dont le nombre s'accroissail sans cesse. Cette brigade prit position devant des forces supérieures, et dirigea le feu de son artillerie sur les hauteurs où se trouve la tour déjà citée, et'que couronne un bois de cyprès. Pendant cette canonnade, le général Dieu, gravement bles.é, dut remettre son commandement au colonel Cambriels, du 84° de ligne.
A ce moment, l'Empereur arriva lui-même près des batteries de la division Forey, et, après avoir examiné la position, donna l'ordre de porter en avant, avec quatre pièces de la réserve du premier corps, la brigade d'Alton, déployée par bataillon, à demi-distance en colonne par peloton. Le général Forey se mit à la tête de cette brigade, qui s’avança avec élan, mais qui fut accueillie par un feu de mitraille et de mousqueterie Si violent de front-d'écharpe, qu’elle dut arrêter son mouvement. C'est alors que Sa Majesté envoya la brigade Manèque,. des voltigeurs de la garde soutenir la première division qui, ranimée par ce secours, battit la charge, se reporta en avant, aftaqua l'ennemi au cri de : Vive l'Empereur ! et, après une lutte opiniâtre, s'empara du mamelon aux Cyprès et de la tour qui domine Solfermo.
La division Ladmirault avait commencé son attaque en même temps que la division Forey ; elle mit d’abord son artillerie en batterie, et, après une canonnade qui avait ébranlé l'ennemi, elle s’élança et enleva à la baïonnette les premières positions ; mais bientôt ses charges firent démasquer des bataillons entiers fournissant le feu le plus serré et le plus meurtrier et elle n’avança plus qu’à grand’peine et pied à pied. Le général de Ladmirault fut atteint d’un coup de feu à l'épaule, se retira un instant pour se faire panser, reprit le commandement et lança ses quatre bataillons de réservé qui imprinièrent à notre attaque une nouvelle impulsion : frappé
d’une nouvelle balle, le général de Ladmirault fut contraint de remettre son commandement au général Néorier. L'opmiâtre résistance de l'ennemi, les forces considérables qu'il nous opposait, et les difficultés que présentaient à la deuxième division le terrain très-rétréci des attaques, el les feux croisés du mamelon aux Cyprès et du cimetière crénelé, contre lequel plusieurs charges au pas de course avaient vainement été tentées, forcèrent le maréchal Baraguey-d'Hilliers à engager la division Bazaine.
Le premier régiment de zouaves et bientôt après le 34° de ligne vinrent appuyer la deuxième division : l'ennemi couvrit nos colonnes de feux d'artillerie, de mousqueterie et de fusées, ét tenta à plusieurs reprises des retours offensifs sur nos deux flancs, Le 37° de ligne fut aussi lancé en avant.
Le cimetière arrêtait tous les efforts du premier corps; alors le maréchal Baraguey-d'Hilliers, voyant qu'il était indispensable de démolir cet obstacle, donna l’ordre d'y faire brèche, en portant à découvert, à trois cent cinq mètres du mur, dans un poste très-périlleux, une batterie d'arüillerie du 10° régiment, commandée par le capitaine de Canecaude. La demi-batterie de montagne et d’autres pièces des divisions concentrèrent leur tir dans la même direction. Après un feu bien dirigé et trèsnourri, les murs du cimetière, des maisons et du château, étant suffisamment ébréchés, et l'artillerie du mamelon aux Cyprès ayant été éteinte par l'artillerie du général Forey et par la 9° batterie du 10° régiment de la troisième division, le général Bazaine lança sur le cimetière le 3° bataillon du 78° de ligne, commandé par le chef de bataillon Lafaille, et fit sonner et battre la charge dans les deux divisions : toutes les troupes s'élancèrent et emportèrent le village et le château, au moment même où la première division apparaissait sur le sommet de la tour et au bois des Cyprès.
Le commandant du premier corps a rendu ici, après le commandant de la garde impériale, témoignage de la bravoure et de la fermeté de la brigade de cette garde que l'Empereur a envoyée soutenir la première division, dans un moment difficile. Une batterie, conduite par le général le Bœuf, et lançant dans le village une grêle d’obus, a PAS secondé l'attaque du premier corps.
Le premier corps à tué à l'ennemi environ mille hommes, lui a blessé beaucoup de monde, lui a fait douze cents prisonniers, pris quatre canons, deux caissons et deux drapeaux; mais il n’a pu obtenir ce succès qu’en éprouvant des pertes regrettables. :
Les généraux Ladmirault, Dieu et Forey ont été blessés, les deux premiers dangereusement, le troisième légèrement.
Depuis, ces trois généraux se sont heureusement remis de leurs blessures.
Le nombre des officiers hors de combat a été de deux cent quatre-vingtquatre, et celui des soldats tués ou blessés s'élève à quatre mille environ.
Après la prise du village de Solferino, les troupes étaient à peine relormées, que, sur l'ordre de l'Empereur, la première division s'est portée sur les crêtes, dans la direction de Cavriana ; la troisième division a poursuivi l'ennemi pendant une lieue dans la plaine, et, couvrant du feu de ses batteries les colonnes autrichiennes en retraite, leur a fait éprouver de erandes pertes et capturé de nombreux prisonniers. Parties d'Esenta à deux et trois heures du matin, les divisions du premier corps n'ont pris leurs bivaes qu’à neuf heures du soir.
Pendant cette lutte, et au plus fort du feu, quatre colonnes autrichiennes, s’avançant entre l’armée du Roi et le corps du maréchal Baraguey-d'Hilliers, avaient cherché à tourner la droite des Piémontais ; six pièces d'artillerie, habilement dirigées par le général Forgeot, avaient ouvert un feu très-vif sur le flanc de ces colonnes et les avaient forcées de rebrousser chemin en désordre.
L'Empereur a rendu une éclatante justice à l'attitude el au rôle des Piémontais dans la journée du 24 juin. D'après le rapport du Roi, tandis que les troupes françaises, sous les ordres du maréchal Baraguey-d'Hilliers, marchaient sur Solferino, trois divisions de l’armée piémontaise s'avançaient dans la direction de Peschiera, Pozzolengo et Madonna della Scoperla ; elles étaient précédées par des détachements chargés d'éclairer leur marche et de reconnaitre le terrain.
La troisième division, commandée par le général Mollard, devait battre la plaine comprise entre le chemin de fer et le lac, et la cinquième, commandée par le général Cucchiari, devait marcher sur Pozzolengo, où devait aussi se rabattre la première division, commandée par le général Durando, en passant. par Castel-Venzago et Madonna della Scoperta. Le détachement envoyé en reconnaissance par la cinquième division, composé d’un bataillon d'infanterie, d'un bataillon de bersaglieri, d’un escadron de chevau-légers et de deux pièces d'artillerie, sous les ordres du colonel Cadorna, laissa sur sa droite les hauteurs de San-Maruno, qui nétaient point encore occupées par l'ennemi, et continua à s'avancer, par la route de Lugano, vers Pozzolengo.
= Les avant-postes autrichiens, vigoureusement attaqués et refoulés vers sept heurès du matin, furent bientôt soutenus par des forces imposantes, devant lesquelles il fallut se replier.
Le général Mollard, entendant la fusillade et le bruit du canon, condui-
sit la petite colonne qui éclairait la marche de sa division au secours du colonel Cadorna, et envoya deux compagnies de bersaglieri à la cascine Succate pour opérer une diversion.
Les troisièmie et cinquième divisions. reçurent l'ordre de hâter leur marche.
La colonne du colonel Cadorna se replia lentement et en bon ordre, soutenue par quatre pièces d'artillerie et par un bataillon d'infanterie placés à San-Martino. Mais, sur la droite, l'ennemi gagnait déjà avec de fortes colonnes les hauteurs par Stefano et San-Donino, ets’avançait rapidement sur Cascina-Contracania, menaçant de couper la ligne de retraite.
Il fallut abandonner San-Martino. Il était alors neuf heures du matin. La tête de colonne de la troisième division commençait à déboucher par la chaussée du chemin de fer. Dans l'espoir de ne pas laisser à l'ennemi le temps de s'établir solidement sur les hauteurs, le général Mollard fit immédiatement marcher à l'assaut le premier régiment qu'il eut sous la main, le 7° d'infanterie, el le fit, bientôt après, soutenir par le 8°, avec ordre d'attaquer à la baïonnette, sans faire un coup de feu.
Soutenus par une batterie d'artillerie et par quelques charges des chevau-lévers de Montferrat, deux fois ces braves régiments atteignirent avec un élan admirable le sommet des hauteurs, en s’emparant de plusieurs pièces de canon; mais deux fois aussi ils durent céder au nombre et abandonner leur conquête. Le colonel Beretta et le major Solaro avaient été tués ; le général Arnaldi, d’abord grièvement atteint, mourut plus tard des suites de la blessure qu'il reçut dans cette affaire; les majors Borda et Longoni étaient blessés dangereusement; les pertes en officiers subalternes étaient également nombreuses.
L’ennemi gagnait du terrain ; 1l s'avançait par la Cascina-Selvetta vers le chemin de fer, pour nous couper cette importante ligne de communication. Une charge brillante, exécutée par un escadron de cavalerie, donna le temps de réunir quelques troupes sur le point menacé. |
Ce fut alors, vers dix heures du matin, que la division Cuechiari arriva sur le champ de bataille par la route de Rivoltella. Trois bataillons du 12° régiment furent mis immédiatement à la disposition du général Mollard, afin de l'aider à reprendre les cascines Canova, Arnia, Selvetta et Monata, et à dégager ainsi les approches du chemin de fer. Sur la gauche, le 4° bataillon du 12° et le 11° régiment d'infanterie furent formès en colonnes d'attaque, à cheval sur la route de Lugano. On s’élança sous un feu meurtricr : l'église de San-Martino, le Roccolo, ainsi que toutes les cascines sur la droite, y compris la Contracania, furent emportés avec une bravoure remarquable. On s’empara de trois pièces d'artillerie, mais
l'ennemi parvint encore une fois à les reprendre. Dans cette attaque, un major avait été tué ; deux autres majors, ainsi qu'un colonel, avaient été blessés : telles étaient les pertes en officiers supérieurs.
Pendant ce temps, la deuxième brigade de la cinquième division, comprenant les 17° et 18° de ligne, avec son bataillon de bersaglieri, sc formait en colonne d'attaque sur la gauche de la route de Lugano, laissant le 18° en réserve : deux bataillons du 17° et deux compagnies de bersaglieri marchèrent sur l'église de San-Martino et la cassine Contracania, qui étaient retombées au pouvoir de l'ennemi, et les deux autres bataillons avec quelques bersaglieri, pliant à gauche, se dirigèrent sur Cascina- Corbü-di-Sotto-e-Vestone. Le 18° s'avança pour soutenir le 11°. engagé sur son front. On regagna partout le terrain perdu; on atteignit le point culminant des hauteurs, et les positions furent emportées encore une fois. |
Sur ces entrefaites, la brigade de Pignerol, appartenant à la division Mollard, arrivait de Desenzano et Rivoltella. Formée sur deux lignes el dirigée avec son artillerie sur la cassine Contracania, elle avait déjà commencé son feu et allait compléter le succès de la cinquième division, lorsque celle-ci, écrasée par la mitraille et placée devant un ennemi qui recevait sans cesse de nouveaux renforts, dut opérer sa retraite, qui eut lieu en bon ordre sur la route de Rivoltella. Le général Mollard crut dès lors devoir suspendre l'attaque commencée par la brigade Pignerol, jusqu'à l'arrivée de nouvelles troupes. L'attaque de San-Martino ne pouvait plus effectivement être renouvelée sans que l'on donnât auparavant quelques heures de repos aux soldats, qui avaient combattu toute la matinée sous un soleil ardent et sans qu'on les fit soutenir par des troupes fraiches. |
Cependant la seconde division, commandée par le général Fanti, avait été acheminée vers Solferino, afin de concourir, le cas échéant, à l’attaque dirigée sur ce point par le maréchal Baraguey-d'Hilliers. Le Roi, voyant que la. position avait été vaillamment emportée par les troupes françaises, et jugeant, d'autre part, combien il était essentiel de renforcer la gauche des Piémontais, donna l’ordre à la seconde brigade de cette division de se porter immédiatement sur San-Martino, et à la première de marcher vers Pozzolengo pour soutenir la division Durando, engagée depuis plusieurs heures dans un combat où elle avait déjà essuyé beaucoup de pertes. Lorsque Victor-Emmanuel II fut mformé que la brigade d’Aoste, de la seconde division, approchait de San-Martino, il envoya l'ordre d’attaquer de nouveau cette position et de s’en emparer avant la nuit.
… La brigade d'Aoste arriva sous San-Martino vers quatre heures de l'a prèsll. 15