‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 93 sur 134 · WA · texte numérisé non relu

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102 L'ITALIE CONFÉDÉRÉE « hauteur de celte ferme, d'où il devait mieux juger les mouvements et les forces de l'ennemi, et 1l prit les dispositions suivantes :

La deuxième division, qui marchait en tête du corps d'armée, fut déployée en avant de la ferme, perpendiculairement à la route de Mantoue, sa droite à cette route. À sa hauteur et prolongeant la ligne de bataille se déployait la première brigade de la première division, sa gauche à la même route, sa droite se dirigeant vers Medole, par où devait venir le corps du général Niel. La deuxième brigade de la première division, formant la réserve du corps d'armée, fut établie en arrière de Casa-Marino, vers la ferme de Barcaccia, pour tenir tête aux colonnes de cavalerie qui, de San-Casiano, menaçaient de faire une trouée entre le premier et le deuxième corps. La cavalerie. de réserve, comprenant le 7° régiment de chasseurs, couvrit de ce même côté la gauche de la seconde division du corps du duc de Magenta.

À peine ces dispositions étaient-elles prises, qu’une forte colonne autrichienne, venant de Guidizzolo par la route de Mantoue, s'avança sur Casa-Marimo. Elle était précédée d'une nombreuse artillerie qui vint se mettre en batterie à onze cents mètres environ en avant du front du second corps.

Les quatre batteries d'artillerie des première et deuxième divisions, comprenant les 12° du 7°, 11° du 41°, 2° du 9° et 15° du 15, se portèrent immédiatement sur la ligne des tirailleurs et ouvrirent un feu très-vif, qui força bientôt l'artillerie ennemie à se reporter en arrière, après avoir vu sauter deux de ses caissons. C’est au commencement de ce combat d'artillerie contre artillerie que le général Auger eut le bras gauche emporté par un boulet.

Sur ces entrefaites, on signalait au duc de Magenta les divisions de cavalerie Partouneaux et Desvaux, arrivant en arrière de la droite de sa ligne de bataille. Il les fit prévenir de se porter rapidement à hauteur de sa droite, de manière à occuper l’espace laissé libre jusque-là entre Medole et Monte-Medolano.

Les batteries à cheval de ces deux divisions se déployèrent en avant de leur front et prirent d’écharpe l'artillerie ennemie, déjà battue de front par le canon des divisions du deuxième corps. Les généraux Partouneaux et Desvaunx exécutèrent plusieurs charges heureuses. Dans l’une d’elles, six cents hommes d'infanterie furent rejetés sur les tirailleurs de ce deuxième corps, qui les firent prisonniers. PAS

Pendant que ces mouvements avaient lieu sur la droite du due de Magenta, une colonne, composée de deux régiments de cavalerie, cherchait à tourner sa gauche, qui était soutenue par deux escadrons du 4° chas-

L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 105 seurs et quatre escadrons du 7° chasseurs, commandés par le colonel Savaresse. |

La cavalerie française repoussa vigoureusement trois charges de l'ennemi, et le rejeta, dans le plus grand désordre, sur les bataillons de gauche de la seconde division, formée des 11° bataillon de chasseurs et 72° de ligne, qui s'étaient formés en carré. L’ennemi laissa sur le terrain un grand nombre de chevaux tués ou blessés. Les chasseurs du 41° bataillon ramenèrent plusieurs prisonniers, parmi lesquels un officier suptrieur et une trentaine de chevaux tout harnachés.

.Grâce à ces chances heureuses, grâce au feu de son artillerie, le duc de Magenta put maintenir partout l'ennemi à bonne distance et attendre l'entrée en ligne du quatrième corps. C'est seulement vers onze heures qu'il reçut du général Niel l'avis qu'il était en mesure de marcher direc : tement sur Cavriana. Il ordonna aussitôt au général de la Motterouge de se porter, avec sa division disposée sur deux lignes, vers Solferino, où il devait faire jonction avec l'infanterie de la garde impériale, qui marchait, comme on le sait, sur ce point. Le général Decaen devait suivre son mouvement.

Il était deux heures et demie. C'est à ce moment que la division de cavalerie de la garde impériale était mise à la disposition du duc de Magenta, qui donna immédiatement avis au général Morris de se porter dans l'intervalle qui séparait la droite du second corps des divisions Partouneaux et Desvaux, et de se former en arrière en échelons dès que ce corps se reporterait en avant. De cette manière, le général Morris devait relier le second corps avec le quatrième. ‘

Ces dispositions prises, et dès que la division de la Motterouge eut fait sa jonction avec les voltigeurs de la garde, tout le second corps fit, dans chaque bataillon, tête de colonne à droite, pour se porter sur San-Cassiano et sur les autres positions que l'ennemi occupait dans la plaine.

Le village de San-Cassiano fut tourné à droite et à gauche, et enlevé en un instant avec un élan irrésisüible par les tirailleurs indigènes et par le 45° de ligne. : ;

Les tirailleurs algériens appuyèrent ensuite à gauche pour se porter sur le contre-fort principal qui relie Cavriana à San-Cassiano.

Ce contre-fort était fortement défendu par l'ennemi, qui avait réuni sur ce point des forces considérables. Le premier mamelon, sur lequel sc trouvait une espèce de redoute, fut enlevé par les tirailleurs: Mais, en ce moment, le duc de Magenta s’aperçut que l'ennemi faisait un nouvel ef: {ort pour <e jeler ehtre sa droite et le général Niel, et que, d’un autre côté, la colontie qui était à sa gauéhe n’arrivail pas encore à sa hauteur ;

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il dut donc faire arrêter un moment le mouvement général en avant.

L’ennemi réunit alors de grandes forces entre Cavriana et la redoute occupée par les tirailleurs, puis il fit tout à coup un vigoureux retour offensif qui les obligea à quitter cette position. Un bataillon du 45° et une partie du 72° de ligne, commandés par le colonel Castex, vinrent en aide aux tirailleurs, qui reprirent la redoute, où ils durent également s'arrêter, d’après l’ordre qui venait d’être donné de suspendre le mouvement en avant. Le 45°et le 72° de ligne prirent position plus en arrière. Bientôt l'ennemi fit un nouvel effort contre les tirailleurs et les força une seconde fois à quitter la position.

Le duc de Magenta ordonna au général de la Motterouge de soutenir celte colonne avec sa brigade de réserve, comprenant les 63° et 70° de ligne, et il prescrivit à tout le corps d'armée de se porter en avant dès que recommencerait l'attaque de gauche.

Quand le général de la Motterouge eut rejoint les tirailleurs et le 45° de ligne, toute la colonne se porla en avant. Elle fut soutenue dans ce mouvement par un bataillon de grenadiers, et, un peu en arrière, par le reste de la brigade de la garde, commandée par le général Niel.

Toutes les positions furent successivement enlevées jusqu'à Cavriana, où les tirailleurs indigènes entrèrent en même temps que les voltigeurs de la garde, qui y arrivèrent par le chemin de Solferino.

La division Decaen suivit le mouvement et chassa l'ennemi de plusieurs fermes qui se trouvaient devant elle dans la plaine. |

J'ai dit que la cavalerie de la garde, qui, sous les ordres du général Morris, flanquait l'extrême droite du duc de Magenta pendant tout le mouvement, élait formée en trois échelons.

Le premier, composé des chasseurs et des guides, avait sa gauche ap: puyée à la droite de la division Decaen; les deux autres, situés un peu plus en arrière, se reliaient avec le général Desvaux.

C'est vers trois heures que le général Morris fit exécuter, par le général Cassaignolles, contre une colonne de cavalerie autrichienne qui menaçait sa droite, la charge en flanc qui dispersa cet'e colonne.

Un peu plus tard, un régiment de cavalerie ennemie chercha à repousser un escadron de chasseurs de la garde, qui formait une ligne de tirailleurs conduite d’une manière remarquable par le commandant de la Vigerie. L’ennemi prit sa direction, sans s'en douter, sur le 11° bataillon de chasseurs à pied, qui était formé en carré dans un biere creux et dans les blés, d'où il ne pouvait être aperçu.

Ce bataillon se leva tout à coup et fit feu de deux deses faces. La cavalerie ennemie fit aussitôt demi-tour ct se relira en désordre, prise alors en flanc

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