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par une batterie de la deuxième division et par une batterie de la garde.
Vers six heures et demie, l'ennemi était en retraite dans toutes les directions, ayant éprouvé de très-grandes pertes, à en juger par le nombre des cadavres qu'il avait laissés sur le terrain.
La première division bivaqua alors sur le contre-fort situé en arrière de Cavriana, et la deuxième division resta en bataille dans la plaine, de manière à faciliter la jonction du quatrième corps avec le second, dont la coopération au succès de la journée fut, comme on vient de le voir, aussi brillante qu'active.
Les pertes de ce corps ont été malheureusement très-nombreuses. J'ai déjà dit qu'au début de la bataille le général Auger, commandant l'artillerie, avait eu le bras gauche emporté par un boulet. On sait qu'il est mort des suites de cette blessure.
Dans cette glorieuse et rude journée, le second corps a eu dix-neuf officiers tués, quatre-vingt-quinze officiers blessés, cent quatre-vingt-douze soldats tués, mille vingt-six blessés et trois cents disparus.
Les opérations du quatrième corps se sont confondues, à un moment de la journée, avec celles du second corps. On sait du reste que, dans cette grande lutte, le général Niel, qui le commandait, s'étant couvert de gloire, pour me servir des ‘expressions mêmes de l'Empereur, a gagné le bâton de maréchal de France. Le décret qui lui confère ce titre est daté de Carnova, 25 juin 1859.
Je vais donc placer ici le récit des mouvements du quatrième corps avant celui des mouvements du troisième corps, moims mêlé que les autres à l’action générale.
Le quatrième corps s’est mis en route à trois heures du malin, les soldas ayant pris le café. Les trois divisions d'infanterie suivaient la route de Carpenedolo à Medole ; les batteries et le parc de réserve élaient intercalés entre la division Vinoy et la division de Faïlly; la division de Luzy marchait en têle, éclairée par deux escadrons du 10° chasseurs commandés par le général de Rochefort. La route traverse un pays couvert de riches cultures, d'arbres et de vignes; elle est bordée par des fossés profonds et pleins d’eau. Les deux divisions de cavalerie marchaient sur la route de Castiglione à Goïito, qui traverse une plaine de trois ou quatre kilomètres de largeur, où la cavalerie et l'artillerie peuvent facilement manœuvrer. Cette route passe à Guidizzolo.
À environ deux kilomètres de Medole, les escadrons du général de Rochefort, ayant rencontré des uhlans, les chargèrent avec impétuosité ; mais ils furent bientôt arrêtés par des troupes d'infanterie qui occupaient le village en force, soutenues par de l'artillerie. Le général de Luzy prit
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immédiatement ses dispositions d'attaque; il fit entourer le village des deux côtés de la route par plusieurs bataillons d'infanterie, sous les ordres des généraux Lenoble et, Douay, et dès qu'il fut en vue des premières maisons qu'occupail l'ennemi, il les fit canonner. Bientôt après, les mouvements de flanc étant bien prononcés, il fit battre la charge et aborda lui-même le village avec une forte colonne d'infanterie. Cette attaque, exécutée avec une grande bravoure, fut couronnée d'un plein succès. A sept heures, Medole était au pouvoir du quatrième corps, et l'ennemi se retirait, ayant essuyé de grandes pertes et laissant entre Les" mains de ce corps deux canons et beaucoup de prisonniers.
Au sortir de Medole, trois bataillons de la division de Luzy se portèrent sur la route de Ceresara, tandis que la brigade Douay marchait à la poursuite de l'ennemi vers Rebecco, village situé à une lieue de Médole, sur la route de Guidizzolo. Cette brigade rencontra bientôt des forces supérieures qui arrêtèrent sa marche.
Aussitôt que la division Vinoy vint déboucher du village de Medole, le commandant du quatrième corps fit porter en avant, vers la route de la plaine, huit pièces appartenant à la division de Luzy ; la division Vinoy alla soutenir cette artillerie, repoussant en même temps l'ennemi, qui occupait des petits fourrés dans la direction d'une maison isolée, nommée Casa-Nova, qui se trouve sur la droite de la grande route de Goïito, à deux kilomètres de Guidizzolo. Des combats acharnés se sont livrés pendant toute la journée autour de cette maison.
Dès que le commandant du quatrième corps put sortir du pays couvert que traverse le chemin de Medole, il aperçut dans la plame les fortes colonnes autrichiennes d'infanterie et de cavalerie qui faisaient face au corps du maréchal de Mac-Mahon. Ces colonnes menaçaient d’envelopper les troupes commandées par le général Niel dans le mouvement qu'il faisait sur leur flanc. La division Vinoy se forma en bataille dans une direction oblique qui-la rapprochait du maréchal de Mac-Mahon, et, sous celte protection, on vit déboucher de Medole l'artillerie de réserve, qui se mit en batterie, ayant derrière elle et à sa gauche les divisions de cavalerie. Pour avoir un appui à sa droite, le général Vinoy enleva à l'ennemi la ferme de Casa-Nova. Mais alors il se trouva que le général Niel occupait un front très-étendu pour ses forces; aussi attendait-il avec impatience la division de Faiïlly, qui, de son côté, doublait de vitesse pour venir prendre part au combat.
L'ennemi tenta de tourner la gauche du général Vinoy dans Lénine que laissaient entre eux le deuxième et le quatrième corps. Une colonne d'infanterie, soutenue par une nombreuse cavalerie, s'approcha jusqu'à
-L'ITALIE CONFÉDERÉE 107 deux cents mètres de la division Vinoy, mais elle fut arrêtée par la mitraille et les boulets des quarante-deux pièces d'artillerie des divisions de la réserve, qui prenaient successivement leur poste de combat el qui bientôt furent toutes en batterie sous l’habile direction du général Soleille. L'ennemi déploya à son tonr son artillerie. Dans cette lutte, qui dura une grande partie de la journée, l'artillerie du quatrième corps eut toujours un avantage incontestable, et ses terribles effets furent marqués par les débris d'hommes et de chevaux qui jonchaient le sol.
À mesure que le corps du maréchal de Mac-Mahon s'avançait, la division Vmoy, pivotant sur la Casa-Nova, suivait le mouvement par l'aile gauche. Mais les forces ennemies qui reculaient dans la plaine portaient leurs efforts sur la Casa-Nova et sur les premières maisons de Rebecco, où se livraient des combats acharnés. Dès que la division de Failly put entrer en ligne, Niel donna pour direction à sa tête de colonne le hameau de Baele, situé entre Rebecco et la ferme de Casa-Nova. Le général de Failly s y porta avec la brigade O’Farrel, et Niel conserva sous sa main, comme réserve, la brigade Saurin.
À partir de ce moment, les troupes du quatrième corps étaient disposées comme 1l suit, de la droite à la gauche : au village de Rebecco, la division de Luzy; à Baete, la première brigade de la division de Failly, à gauche, se refusant dans la diréction du maréchal de Mac-Mahon, la division Vinoy déployée, sept batteries d'artillerie et deux divisions de cavalerie. Le but que Niel poursuivait, et qui aurait donné de magnifiques résultats s’il avait pu l'atteindre, c'était que lorsque Cavriana ‘serait au pouvoir du deuxième corps le maréchal Canrobert, arrivé à Medole, voulût bien envoyer en avant une ou deux de ses divisions pour occuper Rebecco. Alors, avec les deux divisions de Luzy et de Faïlly, Niel allait s'emparer de Guidizzolo, et, maître de l'embranchement des routes, il coupait la retraite, soit sur Goïto, soit sur Volta, aux masses ennemies qui occupaient la plaine. Malheureusement le maréchal Canrobert, menacé sur sa droite, ne jugea prudent de prêter son appui à Mel que vers la fin de la journée. |
L'ennemi, qui sentait tout le danger que lui faisait courir la marche de Niel sur Guidizzolo, réunit tous ses efforts pour l'arrêter. Une lutte des plus vives se prolongea pendant plus de six heures autour de la ferme de Casa-Nova, au hameau de Baete et au village de Rebecco. Quand le combat avait lieu par des feux d'infanterie, l'ennemi ayant l’avantage du nombre, Niel perdait du terrain. Alorsil formait une colonne d'attaque avec un des bataillons de sa réserve, et la baïonnette donnait à ses RoApes plus que la fusillade ne leur avait fait perdre.
Le quatrième corps se battait avéc une bravoure héroïque. Aussi, dans ées combats incéssants, paya-t-il largement sa dette à la patrie. I vit successivement tomber de braves soldats et des chefs intrépides. Je citerai spécialement le général Douay, qui s’est particulièrement distmgué dans celte journée, où il reçut de graves blessures.
La cavalerie avait été d'un puissant secours pour éloigner de la Casa Nova l'infanterie ennemie, qui renouvelait sans cesse ses efforts pour enlever ce point d'appui important. Les deux divisions de Partouneaux et Desvaux chargèrent à plusieurs reprises, sur ce point, l'infanterie autrichienne avec une bravoure que Niel s’est plu à constater. |
Vers trois heures, le maréchal Canrobert, éfant venu sur le champ de bataille pour juger par lui-même la position de Niel, envoya l'ordre à la division Renault, du troisième corps, qui observait la route de Medole à Ceresara, d'appuyer sur Rebecco, et il ordonna en même temps au général Trochu d'amener sa première brigade sur le lieu même où se trouvait sa réserve, entre Casa-Nova et Baete, car c'était ps dcr là que se portaient les plus grands. efforts de l'ennemi.
Quand Niel vit qu'il allait ètre soutenu par des troupes fraiches, 1l forma immédiatement quatre bataillons de la division de Luzy en colonnes d'attaque, leur adjoignit deux bataillons de la division de Failly qui formaient en ce moment son unique réserve, et le général de Luzy conduisit ses troupes dans la direction de Guidizzolo. La tête de la colonne, formée par un bataillon du 30° de ligne, arriva jusqu'aux premières maisons du village; mais, trouvant devant elle des forces supérieures, elle dut se retirer. Les troupes du quatrième corps étaient d'ailleurs accablées par la fatigue ; elles marchaient et combattaient depuis douze heures sur un terrain complétement dépourvu d'eau, et, pendant cette lutte : incessante, elles n'avaient pas eu le temps de manger .
Cependant, le maréchal Canrobert ayant promis à Niel l'arrivée, avant la nuit, de la division Bourbaki, le commandant du quatrième corps voulut tenter un dernier effort sur Guidizzolo avecla brigade Bataille, de la division Trochu, qui avait pris la place de sa réserve. Le général Trochu, ayant formé ses bataillons en colonnes serrées, les conduisit à l'ennemi en - échiquier, l'aile droite en avant, avec autant d'ordre et de sang-froid que sur un champ de manœuvres. Il enleva à l'ennemi une compagnie d'infanterie et deux pièces de canon, et arriva jusqu'à demi-distance de la Casa-Nova à Guidizzolo. Un violent orage, précédé de tourbillons de poussière, qui plongea les troupes de Niel dans l'obscurité, vint mettre fin à cette terrible lutte, et le quatrième corps prit alors ses bivacs sur un champ de bataille qu'il avait glorieusement conquis.
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Le quatrième corps a pris à l'ennemi un drapeau enlevé par des soldats du 76° de ligne et sept pièces de canon. Il a fait environ deux mille prisonniers, et, sur un champ de bataille qui avait, huit kilomètres de long, il a jonché le sol de cadavres ennemis. La lutte a été longue ct opiniâtre, et il n’est pas un bataillon de ce corps qui n'y ait pris une part active et qui n'ait combattu avec acharnement. Aussi ses perles ont été considérables : il a eu quarante-six officiers tués, et deux cent sept blessés; cinq cent quatre-vingt-six soldats tués, trois mille quatre cent dix-sept blessés; cinq cent quarante-huit hommes disparus : en tout, quatre mille huit cent quatre.
Il me reste encore, pour compléter le tableau d'ensemble des diverses opérations militaires de la journée du 24, à faire entrer dans le cadre de ce tableau les mouvements particuliers du troisième «COPpS commandé par le maréchal Canrobert.
Parti de Mezzane à deux heures ct demie du matin, en se dirigeant sur Medole, conformément aux ordres de l'Empereur, le troisième corps effectua le passage de Ja Chiese à Visano, sur un pont jeté pendant la nuil par le génie piémontais. Le maréchal Canrobert avait prescrit la veille au soir à la brigade Janin, de la division Renault, de se porter sur ce point pour protéger l'opération. À sept heures, sa têle de colonne arrivait à Castelgoffredo, et les renseignements recueillis par son avant-garde lui | apprenaient que la cavalerie ennemie était encore dans cette petite ville, ancienne place ceinte d’une muraille et munie de portes qui avaient été barricadées. Le général Janin, à la tête d’un bataillon du 56° de ligne, reçut l'ordre de tourner la position el de se diriger au sud de la ville pour ypénétrer par la porte de Mantoue. Le général Renault se plaça à la tête des troupes qui devaient attaquer de front, et la porte du côté d'Acqua- Fredda fut abattue à coups de hache par le génie.
Les hussards du 2° régiment, composant l'escorte du maréchal Canrobert, sous la vigoureuse impulsion de leur chef, le capitaine commandant Lecomte, se ruèrent sur un piquet de hussards autrichiens qui se trouvait dans la ville et le sabrèrent. Ces cavaliers firent preuve d'un grand élan; ils ont eu plusieurs blessés, mais pas de morts, tandis qu 1 ont tué quelques hommes à l'ennemi.
À neuf heures un quart, le troisième corps afrivait à hauteur de Medole. C’est en entrant dans ce village que le maréchal Canrobert apprit que le quatrième corps était engagé en avant de lui, et que l'aile droite de ce corps, commandée par le général de Luzy, ayant dû soutenir des attaques très-sérieuses et élant menacée d’être tournée, démanat MAtammnent à être appuyée.
C'est aussi à ce moment-là que Niel envoyait plusieurs officiers au maréchal Canrobert pour lui demander d'envoyer des renforts sur le centre du quatrième corps, qui avait cu beaucoup à souffrir. Au même moment, le commandant du troisième corps recevait de l'Empereur communication d'une lettre par laquelle on annonçait qu'un corps de vingt-cinq à trente mille hommes était sorti de Mantoue par la porte Pradella dans la journée du 25, et que ses avant-postes étaient au village d'Acqua-Negra. Ces renseignements élaient du reste corroborés par le général de Luzy, qui annonçait avoir vu une colonne considérable passer de sa gauche vers sa droite, par les renseignements émanant de gens du pays, enfin par une
. indication consistant en une longue traînée de poussière se dirigeant du côté d’Asola vers Acqua-Fredda.
Le maréchal Canrobert, voulant faire face aux exigences de la situalion, s'empressa d'envoyer le général Renault, avec six bataillons, soutenir le général de Luzy, sur la route de Ceresara. Le 41° prit position à deux kilomètres de Medole, à cheval sur la Seriola-Marchionole. Le 6° fut placé en retour, faisant face à Castelgoffredo, de manière à surveiller le mouvement tournant annoncé de la part de l'ennemi. Une section d’artillerie se mit en batterie sur la route, à hauteur des ürailleurs, et fit feu sur les colonnes autrichiennes qui se dirigeaient sur la droite du troisième Corps.
Celte disposition permit à la division de Luzy d'appuyer à gauche, vers le centre du général Niel, et, vers une heure de l'après-midi, les attaques sur Rebecco paraissant plus menaçantes, le maréchal Canrobert appela la totalité de la division Renault, moins deux bataillons du 23° de ligne, qu'il laissa à la garde de Medole. La division fut alors établie sur la droite et la gauche de la Seriola, se reliant fortement à la droite du quatrième corps, qu’elle suivit dans un mouvement prononcé que ce dernier dut faire vers la gauche.
Une partie de la division Renault se trouva donc, par suite de ce mouvement; à hauteur de Rebecco, sur lequel durent se porter un bataillon du 56’, le 90°, avec deux compagnies du 8° bataillon de chasseurs à pied, et une section d'artillerie. Cette attaque fut dirigée de la manière la plus énergique par le colonel Guilhem, du 90°, et le commandant Schwartz, du 56°. Cette colonne arriva en ligne au moment où le 75°, de la division de Luzy, débordé sur sa droite, était menacé d'être nié: Une vigoureuse charge à la baïonnette du 56°, dirigée par le commandant Schwartz, eut tn plein succès, et plus tard, vers les cinq heures, cette portion de la division Renault occupait le village de Rebecco.
D'après le maréchal Canrobert, le troisième corps, mis en face d’éven-
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