‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 118 sur 412 · De Maxdorf à Kerzendorf, 64 kii · texte numérisé non relu

De Maxdorf à Kerzendorf, 64 kii

qui me précèdent n'ont pas déjà jeté du monde sur la route de Magdeburg, je ferai intercepter cette route.

LE MARÉCHAL BERNADOTTE AU MAJOR GÉNÉRAL

Zerbst, 23 octobre 1806, midi.

Un adjoint que j'avais laissé près du général Rivaud, vient de me rendre compte que l'opération de la remise des chevaux se consommait. Hier à 4 heures déjà près d'un régiment avait mis pied à terre ; on comptait les chevaux et le commissaire des guerres en dressait procès- verbal ; le reste arrivait. Ayant été prévenu qu'une partie de cette cavalerie était encore sur la rive droite de l'£lbe; et étant instruit que le général Watier n'avait pas encore pu passer le pont près de Dessau, j'ai envoyé un officier d'état-major du général Oudinot pour la diriger sur Roslau auprès de ce général. Le général Watier vient de ni'assurer qu'il avait rencontré le régiment des chevau-légers du prince Jean conduit par cet officier.

LE MARÉCHAL BERNADOTTE AU MAJOR GÉNÉRAL

Zerbst, 83 octobre 1806.

Je reçois à 3 heures et demie après midi votre ordre d'aujourd'hui1; je mets de suite en route la division Drouet pour se porter avec 2 régiments de cavalerie à 4 lieues d'ici sur la route de Brandenburg ; nos reconnaissances ayant rencontré quelques postes sur la route de Magdeburg, je ne ferai partir la division Dupont que cette nuit ; sa présence ici est nécessaire jusqu'alors pour protéger nos parcs qui ne sont pas encore arrivés.

J'envoie aussi Tordre au général Rivaud de se rendre ici et de forcer de marche pour venir nous joindre ; je vous observe que cette division pourra à peine passer l'Elbe ce

l. Ordre de 2 heures du matiu de Wiltenberg, 44 kil.par Coswig et Roslau.

soir par Dessau ; on ne peut pas espérer qu'elle soit avec nous avant après-demain.

D'après les dispositions que j'ai prises, j'arriverai à Brandenburg après-demain matin *; je prends ma route par Deez, Schweinitz, Gloina, Ziesar et de là à Brandenburg par la grande route de Magdeburg.

J'ai chargé mon chef d'état-inajor de faire exécuter l'ordre de S. M. relatif au renvoi des éclopés à Wittenberg. Je présume qu'il s'en trouvera peu.

Division D rouet et 5* de chasseurs, Deez.

Ordre au général Dupont de partir le 24 à 3 heures du matin de Zerbst pour Ziesar où il prendra position, en se dirigeant par Deez, Schweinitz et Gloina. Le général Watier qui suit la même route avec les 2e et 4e de hussardB marchera en avant de sa division. Le quartier général sera demain à Ziesar.

On est obligé de se mettre en marche aussitôt la réception des ordres qui n'arrivent quelquefois que tard dans la journée (départ du 3e corps le 22 à 5 heures du soir ; départ de la division Drouet le 23 à 3 heures et demie de l'après-midi ; départ de la division Dupont le 24 à 3 heures du matin). Enfin il faut toujours être prêt à partir, et comme on ne sait jamais quand on s'arrêtera, il faut, toutes les fois que les circonstances le permettent, avoir mangé avant le départ. — Les distributions ont toujours lieu très-tard, quelquefois h 7 heures, 8 heures du soir, après la marche. Soit que la viande ait été abattue dans le lieu même, soit qu'elle soit apportée d'un autre point, il est souvent nuit lorsqu'on la distribue. D'où nécessité de faire la soupe la nuit ; le matin boire le bouillon avant le départ et emporter la viande ; manger une partie de la viande froide à la grand'halte et, en arrivant à la fin de la marche, faire cuire des légumes et y faire réchauffer le reste de la viande cuite la veille. Si on a du café, on peut en faire le soir, jet en faire assez pour remplir les bidons pour la marche du lendemain. Ou ne pourra jamais faire le café à la grand'halte; le temps manquera, les dispositions militaires obligeront à s'arrêter dans un endroit où il n'y aura à proximité ni eau, ni bois. — La mauvaise habitude dj faire le café dans la journée nuit à la bonne exéc ation des marches, en prolongeant outre mesure la durée de la grand'halte. Il faut rompre avec cjt usage. —

1. De Zerbst à Brandenbtrg, 67 ktl., par Deez, 13 kl1., et Ziesar, 40 kil.

La réquisition est la seule manière de se procurer des subsistances pour les hommes et les chevaux. Quand on ne peut pas distribuer de pain, il faut donner de la farine ; sinon, doubler la distribution de viande. Nos ancêtres ne connaissaient pas la conserve ; ils ne traînaient avec eux que de l'eau-de-vie, du sel et de la viande sur pied; tant mieux lorsqu'ils trouvaient des légumes, pommes de terre, haricots. — Les généraux prévenaient de l'heure du départ dès qu'ils la connaissaient. — Les histoires de troupiers de l'Empire, les souvenirs d'officiers nous montrent la troupe faisant la soupe pendant la nuit.

LE MARÉCHAL SOULT AU MAJOR GÉNÉRAL

Hohen-Warsleben, 23 octobre 1806 ».

Par mon dernier rapport, j'ai eu l'honneur de rendre compte à V. A. qu'on n'avait pu trouver au-dessus de Magdeburg un nombre suffisant de bateaux pour jeter un pont ; mais les recherches qu'on a faites aujourd'hui ont été plus heureuses : entre Schônebeck et Barby on a trouvé 60 bateaux d'une dimension assez grande et beaucoup de bois équarris. Aussitôt que j'en ai été instruit, j'ai envoyé des sapeurs et une compagnie de pontonniers pour prendre ces bateaux et les descendre jusqu'à hauteur de Westerhausen où le pont devra être jeté. Demain matin je serai de bonne heure sur les lieux et je compte que pour midi l'opération sera très- avancée.

M. le maréchal Ney a aussi envoyé les officiers du génie de son corps d'armée et des sapeurs pour le même objet ; ainsi l'opération se fera de concert.

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