‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 119 sur 412 · Li£ OÉséttAL COMPAK8 AU GÉMÉRAL 8A1NT-HIL Viit · texte numérisé non relu

Li£ OÉséttAL COMPAK8 AU GÉMÉRAL 8A1NT-HIL Viit

Hohen-Warslebeu, 23 octobre 1806.

Ayant beaucoup à me plaindre de la négligence de votre chef d'état-major qui depuis le 5 de ce mois n'a fait aucun envoi à l' état-major général du rapport historique des mouvements, cantonnements, positions de votre division, ainsi que des événements survenus, comme je lui avais prescrit par ma circulaire du 4 du môme mois, je vous prie, mon Général, de témoigner à votre chef d'état-major tout mon mécontentement et de le prévenir que je serai obligé de rendre compte de sa négligence à S. A. le Major général, s'il ne s'empresse à m'envoyer les rapports arriérés dont il est question dans ma lettre, et si par la suite il n'apporte pas plus d'exactitude.

L'établissement du pont à Westerhausen paraît avantageux en ce qu'il débouche de suite sur la route et qu'il sera appuyé par une île qui, quoique d'une très-grande étendue, est cependant susceptible d'être retranchée, et même d'y former des établissements, puisqu'elle contient 2 villages.

Demain je ferai un mouvement à droite pour rapprocher le corps d'armée du point où le pont doit être jeté et me mettre ainsi à même de déboucher aussitôt que j'en aurai reçu l'ordre; mais, aussitôt que le passage sera praticable, je porterai la cavalerie légère sur la rive droite de l'Elbe afin d'éclairer le pays et intercepter la grande route qui conduit de Magdeburg à Berlin.

Pendant que ces recherches se faisaient au-dessus de Magdeburg, on était aussi en reconnaissance au-dessous de cette ville, et j'ai trouvé qu'on pourrait faire 2 ponts volants à Glindenberg; j'ai ordonné qu'on y travaillât de suite, tant pour détourner l'attention de l'ennemi que pour ajouter, s'il le fallait, aux moyens de passage.

Hier j'ai rendu compte à V. A. que j'avais fait occuper le faubourg de Neustadt ; mais pendant la nuit l'ennemi a fait avancer 3 bataillons qui ont repoussé les faibles postes qu'on y avait placés, et ensuite il a lui-même mis le feu à une partie du faubourg; aujourd'hui il a beaucoup canonné sur les sentinelles qui étaient dans cette partie, mais le bataillon qui y était n'a pas souffert.

En faisant demain le mouvement dont j'ai l'honneur de rendre compte à V. A., j'engagerai M. le maréchal Ney à faire relever par quelques troupes celles que je retirerai du front et de la droite de Magdeburg.

Les Prussiens ont fait aujourd'hui meilleure contenance, et s'il faut en croire les rapports des déserteurs, il paraîtrait qu'ils veulent défendre la ville, quelque humeur que montrent les habitants.

Le dernier déserteur qui est arrivé dit que la garnison se compose des 3e* bataillons des régiments de Kleist, prince Louis, Rhinward, Brunswick et Bontkammer ; ces bataillons sont de paix ;

Le régiment de Kleist formant un bataillon ; le régiment prince Louis, un autre bataillon ; le régiment de Mallendorf, un autre ; le régiment de Gôtz, un autre ; un bataillon de fusiliers nommé Vernois ;

Le régiment d'Anspach complet, et 3,000 hommes de cavalerie formés par le régiment de Schmettau dragons et par divers détachements de plusieurs corps.

Il y a plusieurs généraux dans la place; les magasins sont grandement approvisionnés, et ce déserteur prétend qu'on a forcé la garde bourgeoise à faire le service.

Du reste on ne peut guère compter sur la force de la garnison, car tous les jours il en part quelque chose, mais je crois bien que les premiers rapports qui m'avaient été faits étaient au-dessous de la vérité.

Le parti que j'ai envoyé sur Helmst&dt1 rend compte qu'une colonne de 3,000 hommes, dont 900 de cavalerie, venant de Brunswick, avait d'abord pris la direction d'Hehnstâdt, mais qu'apprenant l'arrivée des Français, elle s'était de suite élevée pour aller passer l'Elbe à TangermUnde et même plus bas, si la communication par ce dernier endroit était déjà interceptée.

Un autre parti qui a été à Haldensleben * rend aussi compte de l'apparition d'une seconde colonne à 5 lieues de cet endroit, et qu'elle s'était également retirée aussitôt qu'elle avait appris qu'il y avait des Français à sa portée.

J'ai envoyé un parti jusqu'à Tangermtinde8. ■ Je dois regretter que les 2 colonnes dont il s'agit ne se soient pas davantage engagées, afin de pouvoir les enlever, mais le mouvement qu'il m'eût fallu faire pour les joindre n'aurait pu se concilier avec les dispositions de S. M. que V. A. a eu la bonté de me faire connaître, et d'après lesquelles je dois me tenir prêt à passer l'Elbe au premier ordre qui me sera envoyé.

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