kil. d'Erxleben
4. Le Maréchal n'indique pas la force de ces partis, mais je suppose qu'ils étaient de 30 à 60 chevaux. Le 9 octobre {féna, pages 443 et 444), le Maréchal ayant toute sa cavalerie réunie et voulant lier la communication avec la colonne du centre de l'armée, ordonne d'envoyer 1 escadron. Le 10 au contraire (p. 481), pour une autre reconnaissance sur un point déterminé, il n'envoie qu'un parti de 30 chevaux. Je pense donc que lorsqu'il n'est pas spécifié qu'il s'agit d'un escadron entier, lorsqu'on parle simplement d'un parti, on doit se figurer qu'il est question d'un détachement de 30 à 60 chevaux.
Le commandant du parti sur Tangermiindo a joint, à 2 lieues seulement de ce point, la queue d'une colonne qui se retirait. Il a craint que la colonne ne lui échappât. Sans lui donner le temps de se reconnaître, il l'a immédiatement chargée pour lui faire des prisonniers, seul moyen pour lui de se procurer des nouvelles. Par son audace le parti pouvait faire croire qu'il était suivi par une colonne plus forte dont il n'était que l'avant-garde. Là, l'attaque est le moyen. Le commandant du parti a jugé qu'il ne pouvait pas remplir sa mission par un autre moyen.
Le parti sur Gardelegen n'a pas hésité à pousser un escadron de hussards ennemis qui a fui devant lui.
Quant au parti sur Helmst&dt, ses renseignements pris, il revint en arriére et prit poste. Tous les partis ou reconnaissances revenaient en arrière pour
Ceux-ci rapportent que la colonne était composée de 12,000 à 13,000 hommes, en tête desquels était le régiment de Kôller, hussards, et d'autres détachements de la même arme. Ensuite venaient 16 bataillons d'infanterie, tous bien complets, et après des dragons dont ils ne peuvent dire le nombre. Le général Koller et un autre général commandaient l'avantgarde de cette colonne ; mais ils ignoraient quel était le commandant en chef. Ils ajoutèrent que la colonne avait ordre de se rendre à Magdeburg et que les chefs étaient résolus d'attaquer tous les Français qu'ils trouveraient sur leur route afin de pénétrer. Le parti fut poursuivi jusqu'en arrière d'Erxleben.
Aussitôt que je fus instruit de la marche de cette colonne, je pris des dispositions pour aller à sa rencontre, et pour cet effet je mis en marche sur Erxleben la cavalerie légère, une brigade de dragons et 2 divisions d'infanterie1, mais arrivé à hauteur d'Eichenbarleben j'ai appris que l'ennemi s'était retiré d'Erxleben et d'Helmstâdt pour aller prendre position à Flehrlingen. Ne doutant plus, d'après ce mouvement, que le commandant de la colonne n'eût le projet de s'élever jusqu'à Gardelegen pour de là venir passer l'Elbe à Tanger-
rendre leurs renseignements. Ayant eu Tordre de retourner le lendemain pour prendre de nouveaux renseignements, il tomba dans une grosse colonne qui marchait réunie sans reconnaissance en avant do son avant-garde. Il ne vit pas cette grosse avant-garde en temps opportun ; c'était pourtant son métier de reconnaissance. Il voulut se dégager, mais il ne put éviter une partie de cette ligne d'escadrons; il dut combattre, perdit du monde, 17 bommes; il parvînt cependant, par un hasard, à faire s prisonniers qu'il ramena II n'a pas cherché le combat; il Ta subi et il aurait peut-être pu l'éviter tout en accomplissant sa reconnaissance. Il aurait dû voir, observer, et au lieu de cela il a été surpris. Le résultat final n'a pas été complètement néfaste, mais le parti a perdu trop de monde. Quelle honte, s'il s'était laissé enlever intégralement ! Cavsliers chefs de partis et vous aussi généraux qui envoyez des reconnaissances, je ne puis rien vous dire que de Brack ne vous ait dit dans son chapitre Des reconnaissances. Je l'ai sous les yeux ; je vous engage à le relire.
l Ce mouvement fut fait avec tant de promptitude que le 24 de grand
matin le duc de Weimar put en ôtre instruit ; aussi il changea de suite de direction et se porta par Flehrlingen sur Gardelegen. Le 24 À midi le Maréchal reçut le rapport do la nouvelle direction que l'ennemi avait prise... (Journal du 4e corps). Il est plus exact de dire que les prisonniers faits au parti ont suffisamment renseigné le commandant de la colonne prussienne pour qu'il prit de suite la résolution de ne pas continuer sa marche sur Magdeburg. — Eichenbarleben, à 8 kil. de Hohenwarsleben.
miinde, j'ai de suite fait rétrograder l'infanterie et dirigé la tête de la colonne sur Wollmirstâdt ; en même temps j'ai donné l'ordre au général Margaron, commandant la cavalerie légère, de jeter de nombreux partis sur les flancs de cette colonne pour l'inquiéter et retarder sa marche et de diriger les 4 régiments qu'il commande sur Haldensleben.
Demain avant le jour je me mets en marche avec tout le corps d'armée pour me diriger directement sur Tangermttnde. La cavalerie légère marchera entre le corps d'armée et la colonne ennemie ayant toujours des partis sur elle , e t se dirigeant sur Stendal. En même temps une douzaine de bateaux d'une grande dimension que je suis parvenu à réunir et que je fais armer, se tiendront à hauteur du corps d'armée en suivant le cours de l'Elbe. Ainsi je serai toujours en mesure de jeter un pont et si V. M. m'appelle sur la rive droite du fleuve, je suis prêt à m'y porter, ou je manœuvre sur les 2 rives jusqu'à ce que j'aie détruit ce qu'il y a d'ennemis à la rive gauche à mesure qu'ils se présenteront.
Je me suis concerté avec M. le maréchal Ney pour l'exécution de ces dispositions et avant le jour il aura fait relever tout ce que j'avais de troupes devant Magdeburg; lui-même est persuadé que son corps d'armée est plus que suffisant pour contenir ce qu'il reste d'ennemis dans la place, et même pour détacher, s'il le fallait, une division ainsi que de la cavalerie.
Telle est la disposition que j'ai cru devoir prendre; je désire bien vivement que V. M. daigne l'approuver; en m'y déterminant je n'ai consulté que la gloire de ses armes, et il m'a paru qu'il devait en résulter un avantage pour le succès de ses autres opérations ; si je me suis trompé, l'excès de mon zèle m'aura entraîné.
J'ai fait partir pour Brtinswick le 15* de dragons qui est chargé de protéger les mesures que le sous-inspecteur aux revues Malraison doit prendre pour assurer l'exécution des instructions de V. M. à l'égard de ce duché ; dans la situation où je me trouve, je n'ai pas cru pouvoir détacher plus de cavalerie.
L'ennemi a brûlé les 2 faubourgs de Magdeburg les plus rapprochés de la place, ce qui me paraît prouver qu'il n'y a dans la ville que les troupes strictement nécessaires pour en assurer la défense.
V. M. lira peut-être avec intérêt la traduction d'une lettre qui a été saisie à la poste; j'ai l'honneur de la remettre ci-jointe ; elle est d'un professeur d'Helmst&dt.
Comme je terminais ma dépêche, je reçois du général Margaron un rapport dont j'ai l'honneur de remettre copie à V. M. ; elle verra par son contenu que le mouvement que j'ai préparé pour demain est absolument commandé par les circonstances, considérations qui me font espérer que V. M, daignera l'approuver. Je compte être demain de ma personne à Tangermunde, où certainement il y aura des prises de faites et bien des projets dérangés.
LE MARÉCHAL NET AU MAJOR GÉNÉRAL
Eichenbarleben, 24 octobre 1806.
J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. que de concert avec M. le maréchal Soult j'ai dirigé ce matin dans la position en avant d'Eichenbarleben la 3* division aux ordres du général Vandamme qui était campée à Schleibnitz1. 2 divisions du corps du maréchal Soult étaient en marche sur Helmstâdt.
Il a été résolu dans l'entrevue que je viens d'avoir avec le maréchal Soult que je ferais relever cette nuit dans la position en avant d'Olvenstâdt la division du général Legrand par celle du général Vandamme, de manière que le 4f corps d'armée pourra marcher en totalité à l'ennemi sur Tangermunde, le gagner même de vitesse et s'opposer à son pas-
tge.
Demain j'aurai un corps de cavalerie légère sur la rive
1. Le maréchal Ney 8*681 donc rendu à Eichenbarleben avec la division Vandamme comme le maréchal Soult le lui avait demandé par sa lettre du 13, à 10 heures du soir.
droite de l'Elbe, qui se liera avec celui que le maréchal Soult y enverra de son côté afin de couper toute communication de Magdeburg avec Berlin.
On continue à travailler avec succès à l'établissement d'un pont de bateaux à Schônebeck. J'espère qu'il sera terminé demain ; il sera facile de le rapprocher de Magdeburg vers Westerhausen s'il en était besoin.
La garnison de Magdeburg est selon tous les rapports de 7,000 à 8,000 hommes. On a fait partir en toute diligence les troupes en état de tenir la campagne ; elles ont été rassemblées, il y a 2 jours, à Burg, d'où elles sont dirigées sur Brandenburg au nombre d'environ 6,000 hommes.
J'attendrai avec une grande impatience les ordres de Y. A. Elle croira sans peine que la position où je suis doit me paraître fâcheuse, à moi qui pendant toute ma vie militaire ai été employé aux avant-postes, où je pourrais être plus utile qu'en restant en observation devant une place.
Quoi qu'il en soit, je mettrai tous mes soins à remplir les vues de l'Empereur partout où S. M. daignera m'employer.
LE MARÉCHAL MORTIER AU MAJOR GÉNÉRAL
Francfort, 24 octobre 1806.
En conséquence de l'ordre que vous m'avez donné par votre lettre du 18 de ce mois, j'avais désigné provisoirement l'adjudant-commandant Dalancour pour prendre le commandement de la place de Hanau , mais le gouverneur de cette forteresse refuse de le recevoir avant qu'il en ait reçu l'ordre de son souverain.
Sur la demande que fit l'officier français au gouverneur d'un acte de refus, il lui remit, pour le chef de mon état-major, une lettre que je joins ici : cet officier supérieur hessois1. le reçut d'ailleurs avec tous les témoignages possibles d'honnêteté.
Par ma dernière lettre je vous ai dit que les troupes arrive-