‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 144 sur 412 · M. Millier · texte numérisé non relu

M. Millier

raient à Fulde un jour plus tôt que je ne vous l'avais annoncé , mais je ferai mon possible pour brûler encore une étape.

J'enverrai à Eisenach le 2e léger avec Tordre de laisser des postes intermédiaires à Hunfeld et Vach.

Je pars dans le moment pour rejoindre la tête de la colonne de la lre division, avec laquelle je ferai route jusqu'à Fulde où j'établirai mon quartier général d'après Tordre de S. M.

LE GÉNÉRAL GLAEKE A L'EMPEREUR

Erfurt, 2i octobre 1806.

Je n'ai aucunes nouvelles de M. le maréchal Mortier et cependant je lui ai écrit tous les jours. Je crois la route d'Erfurt à Francfort sûre, mais elle le sera bien davantage quand M. le maréchal Mortier sera à Eisenach. Obligé aujourd'hui de faire évacuer des blessés sur Gotha où j'ai prié le Duc de faire établir un hôpital pour 600 blessés, je me suis vu dans la nécessité d'y envoyer 2 compagnies des grenadiers que j'ai ici. Dès que le maréchal Mortier occupera Eisenach, je ferai partir le 14e de ligne et l'enverrai sur Wittenberg. Je n'ai encore vu aucune des patrouilles de hussards et de chasseurs que V. M. a envoyées dans mes environs. Weimar est bien dégarni n'ayant que 40 hommes du 14*, et il s'y trouve des blessés et des prisonniers en grand nombre. On les évacuera sur Erfurt.

J'ai un absolu besoin d'un intendant, d'un officier du génie, d'une compagnie d'artillerie, d'un préposé de M. de la Bouillerie et surtout d'officiers de santé, pharmaciens, etc., car on m'annonce 5,000 blessés et je suis déjà forcé de les loger chez le bourgeois.

J'ai un bataillon du 14e logé à la citadelle. Le chef m'a fait une demande pour la solde. J'attendrai des ordres à ce sujet.

J'ai demandé à la ville de Wtirzburg de préparer un hôpital pour 1,000 malades. Le bataillon de Wtirzburg n'est pas encore arrivé.

LE GÉNÉRAL CLARK E A L'EMPEREUR

Erfurt, 24 octobre 1806, 3 heures et demie après midi.

C'est demain que j'enverrai à V. M. un nouvel état de l'artillerie que j'ai à Erfurt; n'ayant ici que le lieutenant Pluyette, quoiqu'il soit plein de zèle et fort intelligent, il ne peut suffire à l'immense travail que lui donnent les rentrées d'artillerie dans cette place. Ilm'annonce, il est vrai, qu'aussitôt que l'évacuation de l'artillerie d'Iéna, de Weimar et des environs aura été opérée, il arrivera ici un chef de bataillon qui est occupé en ce moment de cette évacuation. En attendant l'état de l'artillerie qui se trouve à Erfurt, en voici, Sire, un aperçu :

J'ai à la citadelle où je place toute l'artillerie, personnel et matériel, 30 canonniers de la 8e compagnie du 6e régiment d'artillerie à pied et de plus un détachement de soldats de Nassau-Usingen composé de 59 hommes et de 2 officiers et attaché au parc. Il est à remarquer que le général Saint- Laurent redemande ce détachement pour le grand parc.

Outre les pièces qui armaient la citadelle et dont j'ai déjà envoyé l'état à V. M., il existe au moins 80 pièces prussiennes de canon qu'on a réunies depuis la prise d'Krfurt. Le lieutenant Pluyette espère qu'on en rassemblera encore autant. V. M. voit que les suites de la bataille du 14 sont immenses.

Il a été laissé dans la place 7,000 à 8,000 fusils prussiens. C'est eux que la garnison a laissés sur les glacis. L'ordre ci-joint l que j'ai donné en fait déjà retrouver d'autres. On espère en réunir 10,000 à 12,000 de Weimar et d'Iéna. On a rassemblé au moins autant de caissons que de pièces de canon, mais ils sont fort dégradés.

Ce serait étourdir V. M. que de lui parler de tous les obstacles à vaincre pour pourvoir à tout ; je la prie d'être certaine qu'on fait tout ce que l'on peut.

J'ai à me louer de la discipline qu'on observe à Erfurt.

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