‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 156 sur 412 · RAPPORT A S. M. L EMPEREUR · texte numérisé non relu

RAPPORT A S. M. L EMPEREUR

Spandau, S5 octobre 1806.

Mouvement des troupes prussiennes. — D'après le bailli et une autre personne il a passé hier 80 hommes à cheval et depuis 4 à 5 jours 5 ou 6 au plus hommes épars. Ils venaient de Brandenburg et se sont dirigés sur Oranienburg.

Un détachement de 10 hussards a été dirigé sur Wtistermark.

Le général Milhaud avec le 10e de hussards s'est dirigé sur Oranienburg ; sur cette route se trouve Hennigsdorf où je devais envoyer un détachement.

La brigade du général Latour-Maubourg remplace ici les houzards.

Je joins ici un croquis du fort autant que j'ai pu en juger à un premier aperçu rapide.

La place a une enceinte avec parapet et je présume des fossés. Je n'en suis pas certain. Les maçonneries en sont découvertes : du point A elle peut être battue à 200 toises ou 150 toises ; — du point B à 50 ou 60, — du point C à 120 toises. Le fort me paraît obstrué de bâtiments et facile à incendier.

1. Billet au crayon. — Le général Latour-Maubourg s'était porte* à Spandau avec le premier régiment de la division Beaumont.

Au centre, mais plus rapprochée du bastion, une tour avec cavalier au-dessous, mais non armée encore. Sur le pourtour du fort une douzaine de pièces en batterie.

Le fort paraît environné d'eau qui a une largeur de 50, 60, 100 toises.

Indépendamment de ces larges flaques, il y a un fossé no de 10 toises de largeur sur lequel est un pont-levis / qui est relevé et par lequel nous avons parlementé.

Sur l'autre face un fossé hg qui n'a que 4 à 5 toises, revêtu en maçonnerie et servant à la navigation. Il y a une écluse en h; un deuxième pont-levis en q qui est levé.

Le fort ne paraît avoir que 3 sorties, celles q et/ ; celle q conduit immédiatement en ville ; du pont / on passe sur celui e qui est baissé et libre ; nous l'occupons ainsi que les maisons à droite et à gauche, et sur celui k qui mène à Charlottenburg, je crois.

Les dragons sont aussi en B et C à pied, en A à cheval.

La moitié de la ville avait une enceinte DD environnée d'eau qui est abandonnée par l'ennemi.

Les points A, B, C et surtout celui B me paraissent les plus favorables pour l'attaque.

Des dragons réunissent des bateaux sur les 2 rives.

Je crois qu'après un feu vif de canon et surtout si on peut faire brèche, ce qui exigerait un peu de temps et de démonstrations de troupes dans des barques avec des échelles, et comblant le fossé hg, on effrayera le commandant de la garnison.

Le commandant ayant demandé à me parler, je lui ai dit que l'infanterie et l'artillerie s'avançaient, que Spandau n'étant pas une place mais une prison, il était contre le droit de la guerre de s'y défendre, qu'ils seraient passés dans ce cas au fil de l'épée ; — que Spandau étant une prison, ils pouvaient laisser une garde de police pour les prisonniers, mais que nous devions être maîtres du fort.

Un jeune officier s'est borné à dire qu'ils avaient ordre du Roi de se défendre, qu'ils mourraient. Le commandant est âgé. Je me suis retiré.

Suivant le bailli il y a 400 invalides et 400 hommes des troupes du Roi et 80 chevaux.

Mais il paraît qu'il y a 300 invalides et 300 hommes de divers corps en plus. Il ne m'a pas paru d'après ce qu'ils ont montré sur les remparts qu'ils eussent plus de 400 hommes, point de cavalerie. Ils s'accordent à dire qu'il y a dans la place 50, 60, 90 pièces de canon.

Le général Bertrand.

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