RAPPORT POUR SA MAJESTÉ
25 octobre 1806.
Le né Wagner, domestique du prince Louis-Ferdinand, est parti de Berlin le 22 octobre portant une lettre au prince Auguste de Prusse de la part de la princesse sa mère. Il a trouvé ce prince à Burg où il est arrivé le 23 à 5 heures du soir. U est reparti de cet endroit le 24 le matin à 5 heures porteur d'une lettre du Prince à Madame sa mère et une seconde à une autre dame de Berlin. Le n* Wagner a été arrêté par nos avant-postes hier soir à 8 heures et demie près la métairie dite Ruhleben entre Spandau et Charlottenburg; le prince Auguste commandait à Burg 3 bataillons d'infanterie dont 1 du régiment d'Arnim. Le né Wagner a vu dans ce même endroit le bataillon des Grenadiers du Roi de la
major et que vous envoyiez autant que possible un chef de bataillon et un capitaine ou lieutenant pour le service de chaque jour. Je vous saluô amicalement.
Le Colonel aide-major général, Blbik.
Garde ; il n'a pu me dire quelle était la destination de ces troupes, mais il croit qu'elles doivent se retirer à Kiistrin où se trouve le Roi. Le même a rencontré dans sa route de Berlin à Burg et de Burg à Spandau où il a été arrêté, une infinité de soldats et même des officiers qui cherchaient leurs régiments, entre autres beaucoup de blessés ; il prétend qu'il règne parmi ces troupes un grand découragement ainsi qu'une grande consternation parmi les habitants.
Le prince Auguste a reçu une forte contusion à Auerstadt et un coup de mitraille qui lui a enlevé un morceau de son habit.
Scherb.
LE MARÉCHAL BERNADOTTE AU MAJOR GENERAL
Brandenburg, 25 octobre 1806, 10 heures du matin.
J'ai l'honneur de vous informer que je suis arrivé ici avec les divisions Dupont et Drouet et toute ma cavalerie l ; la division Rivaud est toujours en arrière; j'espère qu'elle pourra me rejoindre aujourd'hui ou au plus tard demain dans la matinée.
Tous les renseignements que j'ai recueillis ne me laissent aucun doute que le prince de Hohenlohe ne se soit retiré par Rathenow, Nauen, Oranienburgpour de là se porter sur Stettin par Zehdenick et Prenzlow. Si d'ici à demain matin je ne reçois pas d.'ordre contraire, je me mettrai en route pour suivre la trace de l'armée du prince de Hohenlohe et partout où je pourrai l'atteindre, je le combattrai. Dans le cas où ce projet n'aurait pas l'approbation de l'Empereur, je vous prie de me le faire savoir cette nuit ; car, si nous devons
i. De Ziesar à Brandenburg grande route de sable bordée d'arbres. Le pays qu'elle traverse est toujours landes, sables, pâturages, tourbières et bois de sapins. Avant d'arriver à Brandenburg on passe plusieurs ponts établis sur des canaux qui communiquent avec la Havel. On compte 18,000 habitants à Brandenburg. L'industrie de cette ville se borne à la fabrication de draps médiocres et d'une étoffe du nom de la ville. Son terroir est très-pauvre. Quantité de petits bateaux allant à la voile vont jusqu'à Hamburg par le moyen des lacs qui communiquent avec la Havel et d'un caual qui débouche dans l'Elbe. (Journal du l« corps.)