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CAMP. DK PROUE. XI

même, drapée d'un châle, à peu près comme la gravure de Londres représentant lady Hamilton, appuie la main sur son cœur et a l'air de regarder l'empereur de Russie. On ne conçoit point que la police de Berlin ait laissé répandre une aussi pitoyable satire.

Toutefois l'ombre du grand Frédéric n'a pu que s'indigner de cette scène scandaleuse. Son génie, son esprit et ses vœux étaient avec la nation qu'il a tant estimée, et dont il disait que, s'il en était roi, il ne se tirerait point un coup de canon en Europe sans sa permission.

LR GÉNÉRAL GUDIN AU GÉNÉRAL DAULTANNB.

25 octobre 1806.

Personne ne connaît la porte que vous dites de Dresde, de sorte que je suis dans le plus grand embarras pour connaître le point sur lequel je dois diriger ma division. Veuillez, je vous prie, me faire connaître de suite quelle est la route que vous avez voulu désigner.

Je vous préviens que nous n'avons reçu aucune subsistance à Tempelhof ; celles qui y avaient été envoyées de Berlin ont sans doute été partagées entre les 2 premières divisions comme cela arrive «habituellement ; car, depuis le commencement de la campagne, ma division a été constamment négligée par l'ordonnateur en chef, quoiqu'elle en ait plus besoin qu'aucune autre par sa position.

Je vous prie de me faire connaître les villages désignés pour ma division et mon quartier général afin que je puisse y envoyer à l'avance pour le sauver du pillage des 2 premières divisions.

3a corps. (Journal des opérations.)

25 octobre.

L'armée fut camper à la position indiquée par l'Empereur, où elle trouva sur place des fourrages et tout ce dont elle avait besoin pour dresser ses baraques.

Le 30a régiment, le 51e et le 61*, lre division, furent établis en avant de Biesdorf sur une ligne à peu près perpendiculaire à la grande route et parallèle au ruisseau qui couvrait son front de bandière.

Le 1er bataillon du 17* av3c 2 pièces de 4 fut placé en avant de

la. ligne et couvrait le village de Kanlsdorf. Le 2e bataillon occupait Cdpenick ; les postes se liaient avec ceux de la 2e division qui occupait la position en avant de Marzahn et avec ceux de la 3e campée à Hohen-Schtf nhausen .

L'artillerie et les équipages étaient placés dans la plaine de Biesdorf , en arrière du camp qui fut achevé en 24 heures sur 2 rangs de baraques.

Le général Yiallannes s'avançait en même temps à la tête de 400 chasseurs vers Francfort pour surprendre la ville et empêcher l'ennemi de brûler le pont. Le Maréchal avait donné des instructions très-détaillées à ce général pour exécuter ce coup de main. Il devait être suivi d'infanterie transportée sur des chariots et en poste ', en cas qu'il éprouvât de la résistance.

l'intendant général daru a l'empereur.

Berlin, 25 octobre 1806, 10 heures du matin.

Conformément aux ordres de V. M., je me suis rendu au quartier général de M. le maréchal Davout. Dès hier matin un détachement de 100 hommes de troupes légères est entré dans Berlin. M. le général Hullin a pris le commandement de cette place, et M. Désirât, commissaire des guerres que j'avais envoyé, a commencé la reconnaissance des caisses publiques et des magasins.

Jusqu'à présent les caisses inventoriées, au nombre de 19, ne présentent qu'un total de 200,709 écus ou environ 800,000 francs ; mais il faut remarquer qu'il en existe sûrement plusieurs autres qui n'ont pas été déclarées et que parmi celles qui ont été inventoriées il en est qui appartiennent à la ville et dont les magistrats réclament la restitution pour pouvoir subvenir aux dépenses municipales. La caisse de la ville est un objet de 162,874 écus.

Les magasins de subsistances militaires ont été saisis et on ▼a en faire la vérification ; ils contiennent suivant les déclarations des magistrats en farine pour le pain des soldats prus-

i. Le transport de la Garde, de Paris à Mayence, avait donné l'exemple. — L'infanterie transportée sur des chariots à la suite de la cavalerie n'est pas une nouveauté, ainsi qu'on voudrait le prétendre.

siens environ 16,875 quintaux de France ancienne mesure, laquelle devra subir un nouveau mélange pour être employée à la consommation des troupes de V. M.; — en seigle, 16,038 quintaux ; — en foin, 24,292 quintaux ; — en paille 41,477 quintaux; — en avoine, 600,000 rations, — Ces quantités ne peuvent être encore indiquées qu'approximativement, attendu l'incertitude où nous sommes jusqu'à présent sur les véritables rapports des mesures du pays avec les nôtres.

Il existe aussi 3 magasins d'habillement que Ton va vérifier. Si les déclarations que l'on en a faites sont exactes, ils contiennent en drap de diverses couleurs dont moitié en bleu, 19,747 aulnes du pays (je crois que l'aulne du pays n'est guère que les 2/3 de l'aulne de France1); — étoffe pour doublure, 12,270 aulnes ; — coutil, 25,230 aulnes ; — toile pour doublure, 22,620 ; — culottes de cuirassiers et de dragons, 2,103 ; — bonnets d'infanterie ou de grenadiers, 1,756 ; - — chapeaux, 6,309 ; — douzaines de paires de bas, 475 5/6 faisant 5,702 paires ; — gants de cavalerie, 4,000 paires ; — tentes diverses, 15,789 ; — sacs à pain, 78,150; — gibernes, 73,814; — haches avec les courroies et fourreaux, 10,303; — bêches, 5,655 ; — pioches, 3,696 ; — chaudrons, qui sont apparemment nos marmites, 49,000; — casseroles, qui sont apparemment nos gamelles, 47,000. — Les autres objets sont moins importants et trop multipliés pour être détaillés.

Jusqu'à présent je n'ai pas eu connaissance d'un magasin de souliers ni de capotes.

J'ai trouvé ici M. le prince de Hazfeld qui m'a dit être gouverneur civil de la ville, mais il ne paraît pas que le roi de Prusse lui ait donné des pouvoirs positifs pour être son commissaire spécial chargé d'entretenir des relations avec les autorités commises par V. M. Il m'a paru d'ailleurs peu au courant des affaires d'administration dont je m'entretiendrai ce matin avec les membres des autorités secondaires qui sont restées ici, aussitôt qu'ils auront présenté les clefs de la ville

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