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RAPPORT DE LA RECONNAISSANCE FAITE PAS LE GENERAL 8AVABT SUR NAUEN

A Wûstermark ' on commence à trouver des soldats de différents corps prussiens ainsi que des chariots d'équipages. Le général Savary voulant pousser jusqu'à Nauen, fit fouiller les villages de Markau et Bredow et s'avança lui-même jusqu'à Nauen. Tous les habitants et les prisonniers s'accordent à dire qu'aucun corps prussien n'est passé à Nauen, seulement des hommes égarés qui commencèrent à défiler hier à midi. Le plus fort de ces détachements était de 30 hussards et 2 officiers du régiment de Blticher. Environ 80 de ces hommes

1. De Potedam à Wûstermark, 19 kil. ; — de Wûstormark à Nauen, 8 kil. ; — à Schwanebeck, il kil.

égarés (dont une partie Bans armes) ayant couché dans les villages environnants Nauen, ont été faits prisonniers. Ils ont quitté leurs corps depuis Weimar.

Le général Savary pour faire rafraîchir les chevaux de sa troupe 3 'est retiré à Wttstermark où il attend les ordres de S. M. Nauen est occupé par un détachement de dragons.

Le Capitaine aide de camp,

CUBTINB.

LE GÉNÉRAL SAVARY A L'EMPEREUR

Wûslermark, s 5 octobre 1806, 6 heures du soir.

Depuis le départ de mon aide de camp Custine pour se rendre auprès de V. M., j'ai continué à prendre à Nauen même et dans les environs quelques renseignements, non pas sur les fuyards ennemis, mais sur une colonne que j'avais ouï dire être en marche et séparée de la grande armée prussienne. Je viens de rentrer à Wttstermark après avoir été à Markee, à Schwanebeck, Markau; je n'ai quitté Wttstermark que vers l'après-midi et je n'y ai rien appris d'autre sur l'armée prussienne. Il paraît que la campagne est remplie de fuyards prussiens de toutes les armes qui rentrent dans leurs familles et y reprennent leurs habits de paysans. J'ai effectivement vu dans quelques endroits de la plaine des fusils jetés comme si on y avait désarmé des bandes entières.

En rentrant à Wttstermark, j'ai pris les équipages du prince d'Orange; mais comme ils avaient un passeport du général Clarke, je leur ai permis de se diriger sur Berlin. Le maître d'hôtel qui parle assez bien français m'a dit qu'il avait quitté Rathenow hier matin et qu'en même temps qu'il en sortait, il avait vu passer 4 ou 5 bataillons de 200 ou 300 hommes chacun qui marchaient aussi sans destination et qu'un officier était venu en toute diligence les faire diriger sur Neustadt parce que, disait-on, les Français devaient être à Brandenburg. Il avait ouï dire seulement que de là ils iraient à Wtisterhausen.

J'essayerai de communiquer cette nuit avec la cavalerie du maréchal Bernadotte vers Brandenburg. Aussitôt que j'en aurai des nouvelles, je m'empresserai d'en rendre compte à V. M. ; je reprendrai ina route par Nauen où je m'établirai et j'enverrai des reconnaissances vers Brandenburg. Si les chevaux de mon détachement avaient pu faire quelques pas de plus, j'aurais remonté cette route sans revenir ici.

Extrait du journal des opérations du 4* corps.

La marche sur Tangermiinde se fit avec une grande rapidité,

et, quoiqu'elle fût de 13 lieues dans un chemin sablonneux, souvent coupé par des défilés, les troupes se rendirent à leur destination sans s'arrêter '.

Le 25 au soir, en arrivant à Tangermiinde, un parti de 50 hussards de Rudolf et 200 hommes d'infanterie furent enlevés, et l'arrière -garde de l'ennemi, composée de 3 bataillons et d'un régiment de cavalerie, fut trouvée en position à une demi-lieue du village de Stendal couvrant la route de Tangermiinde et celle de Burgstall, le restant de la colonne avant déjà filé sur Werben et Sandau pour y passer l'Elbe .

Dans cette marche la cavalerie légère du corps d'armée qui s'était portée sur Gardelegen pour suivre le mouvement de l'ennemi, enleva en arrivant à Letzlingen 60 hussards et 100 hommes d'infanterie.

Le passage de l'ennemi à Tangermiinde n'ayant pu s'opérer ainsi qu'il l'avait projeté, il restait à empêcher qu'il ne le fît à Sandau et à Werben, ou à lui enlever une partie de ses troupes ; mais il avait une telle avance sur le corps d'armée qu'il n'était pas possible d'obtenir ni l'un ni l'autre de ces résultats, et le Maréchal étant parfaitement persuadé qu'en s'engageant davantage il manquerait le but

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