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Une marche forcée exige une augmentation de ration

LS GÉNÉRAL COMPAX8 A l'ORDOHNATKUB.

Tangermûnde, 25 octobre 1806.

M* le Maréchal commandant en chef désire que les troupes du corps d'année reçoivent sur-le-champ une ration de bière ou d'eau-de-vie ; il vous charge de prendre vos mesures en conséquence.

La division de dragons et celle du général Legrand peuvent recevoir leur distribution ici ; vous devez la faire transporter à celle du général Levai qui est à une grande demi-lieue de cette ville sur la route que nous avons parcourue aujourd'hui ; celle du général Saint-Hilaire étant trop éloignée et devant arriver ici demain matin de bonne heure, faites-la-lui préparer pour qu'elle la reçoive à son passage. Veuillez, je vous prie, m'informer de ce que vous avez fait A cet égard pour que j'en rende compte à M. le Maréchal.

principal qu'il devait se proposer, puisque l'ennemi avait déjà commencé son passage à Sandau et qu'il pouvait impunément le continuer en 'descendant le fleuve sur tous les points qui lui étaient favorables, ne chercha plus qu'à le pousser par son avant-garde afin de rejeter encore plus bas les troupes qui n'avaient pas passé, et il prit luimême les mesures nécessaires pour passer, avec le corps d'armée, l'Elbe àTangermiinde.

Dans cette circonstance le Maréchal obtint peut-être le résultat le plus avantageux qu'il pouvait espérer pour les armes de S. M., car en rejetant l'ennemi au-dessous de Sandau et de Werben pour passer l'Elbe il désunit ainsi sa colonne et l'obligea, après avoir effectué son passage, à perdre au moinB deux marches pour se rallier, retard qui donna ensuite au corps d'armée le temps de la joindre sur la rive droite de l'Elbe après qu'il eût lui-même passé le fleuve.

Un autre résultat non moins important fut obtenu : l'ennemi pouvait, si le corps d'armée fût arrivé assez à temps pour l'empêcher de passer l'Elbe, se retirer par Celle et Hanovre sur Hameln où il eût joint la garnison prussienne qui occupe cette forteresse, passé le Weser et inévitablement entraîné à sa poursuite des forces beaucoup plus considérables que les siennes, lesquelles n'auraient pu participer de longtemps aux autres opérations de la campagne et auraient ainsi pour ce qui les concernait, involontairement dérangé les projets de S. M.

En présentant ces observations, le Maréchal n'a d'autre but que de justifier la conduite qu'il tint à Tangermiinde et de faire voir qu'en passant l'Elbe sur ce point, sans s'obstiner à poursuivre le duc de Weimar au-dessous de Werben, il contribua puissamment à l'entière défaite de l'armée prussienne et rendit même sa perte inévitable ; mais par le récit des opérations que nous allons reprendre, la vérité de cette assertion sera encore mieux démontrée '.

Nous avons dit que l'avant- garde du corps d'armée fut mise à la poursuite de l'ennemi ; malgré la rapidité de sa marche, et quoiqu'elle partît dans la nuit, elle ne put le joindre qu'à hauteur de Sandau au moment où ses dernières troupes passaient l'Elbe \ elle lui prit 200 hommes et beaucoup de bagages, et à Werben elle enleva

1. Ce journal, qui est signé du maréchal Soult, est daté de Berlin, 24 novembre. Le Maréchal trouvait nécessaire do rappeler les raisons qu'il avait données à l'Empereur dans ses lettres des 24 et 27 octobre, pour justifier ses opérations. — IL est intéressant de saisir la part que prend le commandant de corps d armée dans la rédaction du journal des opérations de son corps d'armée. — Le Maréchal sentait d'autant plus la nécessité d'exalter ses déterminations qu'on lui reprochait d'avoir agi avec lenteur et indécision. Le maréchal Ney put s'en convaincre lui-même lorsqu'il vit le maréchal Soult le 24 à Eichonbarleben. Voir, page 79, la lettre du général Du taillis, du 28, au Major général.

50 hussards et dispersa un corps de cavalerie assez considérable qui fat obligé de descendre beaucoup plus pour passer l'Elbe.

On trouva à Tangermttnde et sur l'Elbe à portée de cetteville des approvisionnements très -considérables en blé, farine, avoine, huile, vin et objets de salaison qui étaient destinés pour Magdeburg ; le corps d'armée en tira sa subsistance pendant son séjour à Tangermilnde, et, lorsqu'il partit, il fut remis le surplus sur procès- verbal aux magistrats du lieu, à charge par eux de le représenter lorsqu'ils en seront requis

L'état d'emplacement du 4e corps porte pour la journée du 25 : Cavalerie légère, en arrière de Letzlingen ; — 4e division de dragons, Ameburg ; — quartier général, 3* division, Tangermtinde ; — 2e division, Schernn (?) ; — Indivision, Bekdorf (?) ; — parc,Wollmiretadt.

LE MARÉCHAL NET AU MAJOR GÉNÉRAL

Schônebeck, 85 octobre 1806.

M. le maréchal Soult s'est mis en marche ce matin avec son corps d'armée sur la direction de Tangermtinde ; le but de ce mouvement est de fermer le passage de l'Elbe au duc de Weimar. M. le maréchal Soult a fait passer sur la rive droite du fleuve un corps d'infanterie et de cavalerie légère chargé de réunir et garder tous les bateaux quil sera possible de ramasser; il a également fait armer quelques bateaux dont il formera une flottille.

J'ai en conséquence fait relever tous les postes que le 4e corps occupait devant Magdeburg sur la rive gauche de l'Elbe.

Un corps de troupes légères aux ordres du général Colbert passera, demain l'Elbe à Schônebeck pour former l'investissement de Magdeburg sur la rive droite de ce fleuve.

Le pont de Schônebeck est parfaitement établi de même que celui sur le vieil Elbe à Plôtzky ; cette construction me donne les moyens de passer le fleuve avec mon corps d'armée sans pouvoir en aucune manière être inquiété par l'ennemi.

Les vivres pour mon corps d'armée sont assurés.

Le général Vandamme est arrivé au corps d'armée et a pris le commandement de la 3e division.

Le général Klein est également avec moi ; mais il n'a que 2 régiments de dragons, le 1er et le 14', formant ensemble 700 hommes montés. Ce général a détaché 3 régiments à Nordhausen pour battre la campagne et ramasser les prisonniers évadés. Cette disposition a été ordonnée par le Grandduc.

Le 10e de chasseurs a au plus 200 chevaux et le 3e de hussards est resté à Erfurt pour l'escorte des prisonniers.

Des convois de prisonniers et de déserteurs, qui m'arrivent chaque jour, exigent des escortes qui diminuent beaucoup ma cavalerie ; je suis obligé de les diriger sur Bernburg et Halle au lieu de les envoyer à Erfurt parce que les paysans des montagnes du Hartz sont révoltés, ce qui rend les communications difficiles et dangereuses.

Je prie V. A. de me faire envoyer un régiment de cavalerie légère de plus, s'il est possible. Cette demande est motivée par le plus pressant besoin.

LE GÉNÉRAL CLARKE A l'EMPEBEUR.

Erfurt, 25 octobre 1806, au malin.

Je profite du passage de S. A. le prince d'Isemburg qui se rend au quartier général de V. M. pour lui annoncer que le général de brigade Picard m'écrivit hier de Nordhausen qu'en vertu des ordres du maréchal Ney il était établi à Nordhausen avec une brigade de dragons composée de 3 régiments, et qu'il devait faire marcher des détachements pour battre les campagnes d'Erfurt, Langensalza et Mulhaueen pour ramasser les prisonniers ou débris de l'armée prussienne et les faire conduire à Erfurt1. Les détachements forts de 50 chevaux par régiment formant en tout 150 hommes et 1 chef d'escadron devaient coucher hier à Sondershausen et ils

i. Voir au 30 octobre le rapport du général Picard du 29.

coucheront aujourd'hui à Langensalza. Ils se dirigeront ensuite sur les divers points qui leur seront indiqués.

Place d'Erfurt. bappobt du 24 au 25 octobre.

Il est arrivé un transport de 671 prisonniers prussiens escortés par un détachement du 85* de ligne.

96 voitures de blessés français et 28 de blessés prussiens sans escorte, un convoi de 40 voitures d'artillerie prussienne escortées par 15 hommes du 6* régiment d'artillerie et 4 du 7*, un autre convoi de 10 bouches à feu escorté par 4 hommes du 6e régiment sont entrés à Erfurt venant de Weimar.

Un convoi de 682 prisonniers est parti ce matin pour Francfort escorté par une compagnie du 14e régiment commandée par le capitaine Lespicier.

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