M. DE THIARD AU MAJOR GÉNÉRAL
' Dresde, 26 octobre 1806.
Je suis arrivé dans cette résidence hier matin. J'y ai trouvé le général Hédouvillequi m'y avait précédé. Nous nous sommes rendus ensemble chez l'Electeur qui nous a reçus le plus mal possible. C'était un mouvement d'humeur et les détails sont inutiles.
La division bavaroise, forte de 7 bataillons, 3 étant restés en arrière, est entrée ce soir en ville. Elle commet passablement d'excès, a beaucoup de prétentions, parle de réquisitions de souliers, etc. En général je suis très-mécontent de son esprit, mais je peux assurer V. A. que je remédierai aux grands inconvénients, si je ne peux réprimer les petits. La proposition de saisir l'arsenal fera ici une grande sensation. Je la ferai demain et je réussirai. M. le colonel Doguerau me presse beaucoup ; mais cependant il me laissera le temps nécessaire pour mener les choses à bien.
Il n'y a dans cette résidence, ni même dans l'armée, aucun magasin de draps, équipements, etc., par la raison que les compagnies sont au compte des capitaines...
350 t CAMPAGNE DE PRUSSE.
Je désirerais que la division bavaroise sût d'une manière positive qu'elle n'a gagné ni la bataille d'Austerlitz, ni celle d'Iéna,qu'unmotdeS. M. peut rendre l'armée saxonne tout autant qu'elle. Il y a encore dans la ville 2,600 hommes, mais dans les 48 heures il n'en restera que le nombre que S. M. a fixé.
Je prierai V. A. d'observer que je n'ai pas un adjudant de place pour m'aider et que la proclamation que j'ai la liberté de lui adresser, lui prouvera que je me suis donné beaucoup de besogne ; pas un gendarme pour maintenir la police, et que, dans ce moment, j'ai dans mon antichambre 2 ordonnances bavaroises ivres, méritant elles-mêmes une punition, et pas un sou, ce qui partout est cependant bien nécessaire.
Je suis beaucoup plus content des vaincus que des alliés.
l'empereur au maréchal davout.
Potsdam, 26 octobre 1806, 4 heures du matin.
Envoyez des partis le long du chemin de Francfort et du canal qui se jette dans l'Oder, près de Francfort, afin de prendre tous les bateaux partis de Berlin, il y a 5 ou 6 jours, portant des objets appartenant à la cour ou des objets d'artillerie. J'imagine que vous avez envoyé des partis sur Kttstrku Les deux divisions de cuirassiers de Nansouty et d'Hautpoul se rendent à Berlin. Je me rends aujourd'hui à Charlottenburg. J'attends des détails sur la situation de Berlin.
Un parti de cavalerie qui se porterait sur le second canal arrêterait tout ce qui serait évacué de Berlin par là.
ORDRE
Potsdam, 26 octobre 1806.
M. Montesquiou remettra cette lettre au maréchal Davout. Il verra la situation du corps du maréchal Augereau. Il parcourra les cafés, etc., de Berlin et viendra me rendre compte de tout ce qu'il aura vu à Berlin.
l'empereur au général savart, a nauen.
Potsdam, 26 octobre 1806, 4 heures du matin.
Restez toute la journée dans votre position. Portez- vous partout où vos chevaux peuvent aller. Si vous pouvez aller
jusqu'à Fehrbellin1, il sera possible que vous y trouviez quelque chose. Si vous trouvez des chevaux, envoyez-en à Spandau pour monter les dragons. Envoyez-moi des renseignements si vous en avez d'importants. Vous pourrez les envoyer directement au prince Murât qui est à Oranienburg.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU GRAND-DUC DE BERG
Polsdam, 26 octobre 1806.
L'Empereur, Monseigneur, a ouvert la dépêche que le général Lasalle vous expédiait, datée de Oranienburg, par laquelle il vous faisait connaître qu'il avait rencontré une trentaine de hussards ennemis, qu'il en a pris quelques-uns et que les autres s'étaient enfuis2. Ce général envoyait également les lettres qu'il avait interceptées à la poste, mais du reste il n'avait rien appris d'important de la marche de l'ennemi.
S. M. a reçu en même temps un rapport du général Savary qui lui fait connaître qu'il y a plusieurs corps de 4 à 5 bataillons qui sont égarés et qui étaient hier en marche de Kathenow sur Neustadt et Wusterhausen.
L'Empereur ne doute pas que vous n'ayez poussé des reconnaissances et que vous marchiez promptement sur Zehdenick, d'où il doit résulter de très-bons effets et couper plusieurs corps à l'ennemi.
Comme je vous l'ai mandé hier, le quartier général sera ce soir à Charlottenburg.
Même dépêche au maréchal Lannes.