Voir à la journée du 28 le rapport du général Durosnel
9. De Burlin à Neubrùck, 17 kil. ; — de Neubrlick à Kremmen, 20 kil. ; — de Kremmen à Alt-Ruppin, 27 kil.
tâcher de rencontrer le général Savary qui erre sur ce point depuis 3 jours avec 150 chevaux pour avoir des renseignements sur F ennemi.
Ce colonel enverra aussi 25 hommes à Oranienburg.
L'Empereur ordonne, M. le Maréchal, que vous fassiez partir un général de brigade avec le 7e d'infanterie légère et 2 pièces de canon ; il se rendra à Neubruck sur la Havel, tant pour garder ce pont que pour avoir des nouvelles et se tenir en communication avec les partis que le 7e de chasseurs aura envoyés sur les différentes directions et surtout du côté d'Oranienburg ; ce général me rendra compte exactement de tout ce qu'il apprendra à 25 lieues à la ronde.
Le reste de votre corps d'armée se reposera aujourd'hui.
Faites faire la visite de vos caissons, afin de faire ôter ce que les corps ont pu y mettre et qu'ils soient entièrement libres pour y placer des subsistances. L'intention de l'Empereur est que vous vous procuriez à Berlin par les soins de l'Intendant général 30,000 rations de pain biscuité que vous mettrez dans vos fourgons.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL BERNADOTTE, porté par M. Clary.
Charlottenburg, 27 octobre 1806, 5 heures du malin.
Je vous préviens, M. le Maréchal, que le grand-duc de Berg a rencontré hier l'ennemi en force à Zehdenick. Il n'y a pas de doute que le prince de Hohenlohe n'ait suivi sa marche de Rathenow sur Ruppin. Envoyez des officiers d'état-major pour suivre la marche du grand-duc de Berg afin que vous soyez prévenu à temps ! ; soutenez le grand-duc de Berg avec la plus grande activité, car il est probable que l'ennemi ne se laissera pas prendre sans 6e battre.
L'Empereur a l'espérance qu'entre vous, le grand-duc de Berg et le maréchal Lannes, vous ferez plus de 20,000 pri-
1. La communication entre les corps d'armée est de règle et est indispensable dans les opérations combinées.
sonniers et prendrez le reste de l'artillerie et des bagages des Prussiens.
S. M. pense que vous devez marcher à grandes journées sur Gransee en vous faisant éclairer sur Lindow et Ruppin et à 5 ou 6 lieues au delà jusqu'à ce qu'on ait rencontré le grand chemin de Eyritz à Rheinsberg.
Le prince de Hohenlohe a 12 à 15,000 hommes réunis et en bon ordre, et 12 à 15,000 autres suivent derrière en petites parties.
Continuez, M. le Maréchal, à me donner de vos nouvelles.
Il y a à Neubrllck sur la Havel un poste de 25 hommes du 7* de chasseurs.
Donnez l'ordre que les bateaux que vous avez fait arrêter et que vous avez dirigés sur Brandenburg, se rendent à Spandau.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU GRAND-DUC DE BERG
Charlottenburg, 27 octobre 1806, 5 heures et demie du matin.
Je vous préviens, mon Prince, que le maréchal Bernadotte avec son corps doit être à Kremmen. Il n'y a aucune espèce de doute que vous n'ayez aujourd'hui débordé le prince de Hohenlohe, et avec les corps d'armée des maréchaux Lannes et Bernadotte vous avez plus qu'il ne vous en faut pour en faire bonne raison ; il est fâcheux que M. le maréchal Lannes n'ait pas couché à Falkenthal comme il le pouvait.
L'Empereur, Monseigneur, se fie sur votre activité ordinaire pour poursuivre vivement l'ennemi, comme il compte sur votre prudence pour ne l'attaquer qu'en règle s'il se trouvait en force.
L'ennemi se voyant débordé, il est à croire qu'il cédera pour vous échapper ; ayez donc soin de lui tenir toujours l'épée dans les reins.
Le maréchal Bernadotte marche sur Gransee, le maréchal Lannes sur Zehdenick ; ainsi vous aurez 2 corps d'armée à même hauteur.
L'Empereur espère que vous lui amènerez le prince de Hohenlohe et que dans quelques jours vous aurez tout son corps et le reste de l'artillerie et des bagages des Prussiens.
Je vous envoie copie de la lettre que j'écris au maréchal Bernadotte.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL LANNES
Charlottenburg, 27 octobre 1806, 5 heures et demie du matin.
L'Empereur, M. le Maréchal, pense que vous avez eu tort d'envoyer votre cavalerie sur votre gauche puisqu'il y a 24 heures que ces pays ont été fouillés par d'autres corps de cavalerie.
M. le maréchal Bernadotte est à Eremmen ; ainsi vous vous trouvez soutenu et il est à votre hauteur quoiqu'il ne «oit parti qu'hier de Brnadenburg et vous de Spandau. L'Empereur est bien fâché que vous ayez si peu marché. S. M. vous avait mandé que le prince de Hohenlohe avec les débris de son corps avait passé à Rathenow, Neustadt, et vraisemblablement se portait sur Rheinsberg pour gagner Stettin ; si vous aviez pu coucher hier à Falkenthal, ou enfin si vous marchiez aujourd'hui avec toute l'activité possible avec votre cavalerie légère afin de l'avoir disponible pour la jeter aux trousses de l'ennemi, il n'y a aucune espèce de doute que rien n'échappera du corps ennemi.
Quant aux vivres, votre corps d'armée a pris hier à Spandau 12,000 rations de pain ; avec de la viande et des pommes de terre, on peut vivre pendant quelques jours lorsqu'il s'agit d'arriver à d'aussi grands résultats ; tombez donc sur l'ennemi ; que vos troupes mangent le pain qu'il a fait faire -, ce pain sera plus savoureux pour vos braves que ne le serait de la brioche ; dites d'ailleurs à vos soldats que quand ils auront pris le prince de Hohenlohe, l'Empereur les fera relever aux avant-postes et les fera venir quelques jours à Berlin pour se refaire et se reposer.
S. M. en passant hier à Spandau a vu quelques blessés, des bagages et des caissons de régiment qui allaient vous
rejoindre; elle voudrait que ces objets embarrassants restassent à Spandau.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL DAVOUT
Cliarlottenburg, 27 octobre 1806, 5 heures et demie du matin.
Je n'ai rien à vous mander de particulier, M. le Maréchal. L'intention de l'Empereur est que votre ordonnateur voie M. l'Intendant général de Tannée, afin que vous ayez aprèsdemain matin 60,000 rations de pain biscuité que vous porterez sur vos caissons ; à cet effet ordonnez une revue afin de faire ôter ce que les corps ont mis dans ces voitures qui sont destinées aux vivres.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL SOULT
Charlotlenburg, 27 octobre 18O6, 6 heures du matin.
Je n'ai rien de particulier à vous mander, M. le Maréchal ; l'Empereur attend de vos nouvelles et espère apprendre que vous avez détruit le corps du duc de Weimar.
Nous apprenons que le grand-duc de Berg, soutenu des maréchaux Lannes et Bernadotte, a débordé le corps du prince de Hohenlohe à Zehdenick. S. M. espère qu'il détruira entièrement ce corps d'armée ; les maréchaux Augereau et Davout sont en avant de Berlin et ont des partis sur l'Oder; on arrête tous les jours beaucoup de fuyards, de détachements épars, de l'artillerie et des bagages.
Le quartier général est à Charlottenburg.
L'Empereur a trouvé des magasins de vivres immenses dans la forteresse de Spandau ; on travaille à mettre dans le meilleur état de défense la forteresse et la ville de Spandau.