Le i«r corps avait passé la nuit du 25 à Brandenburg
L.B QKNBRAL RENÉ,. COMMA.NDÀKT d'aRMBB A POTSDAM, AU MAJOR OÉKKRAL.
Pois dam, 28 octobre 1806.
J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. que j'ai reçu une députation de
Brandenburg pour me demander instamment d'envoyer un officier pour prendre
le commandement de cette place. Les traînards y ont commis toutes sortes
d'excès, le désordre est extrême et les habitants sont dans la désolation. J'ai
généraux à n'amener avec eux que les hommes capables de supporter les fatigues.
cru remplir les intentions de V. A. en y envoyant de suite M. le chef d'escadron Lavenant qui arrivait à l'instant.
Dés son arrivée, cet officier me rendra compte do ce qui se passe et aura l'honneur d'en informer V. A.
Ordre à M. Lavenant de rentrer au quartier général. M. le général René a eu tort. U n'avait pas ce droit.
Bekthikr. Ordre du 30 octobre.
LK CHKF D'KSCADBOX LAVBKANT A M. HASTBBL, CHEF d'eTAT-ICAJOB GÉNÉRAL,.
Erandenburg, 29 octobre 1806.
J'ai quitté d'après vos ordres Lobenstein pour me rendre au quartier général. — En passant à Potsdam je me trouvais chez lo général René lorsqu'une dépulation de Brandonburg venait le supplier d'envoyer un commandant afin d'arrêter le brigandage qui désolait la ville et les villages circonvoisins ; le général René me donna Tordre d'y aller de suite et en prévint S. A. le prince Ministre. J'ai l'honneur de vous en rendre compte et vous prie de me communiquer vos ordres à ce sujet. J'ai trouvé ici un chaos presque inextricable. Les habitants fuyaient de tous côtés pour se dérober aux exactions les plus atroces commises par beaucoup de militaires qui passent, et d'autres qui abandonnent lâchement leurs drapoaux sous le prétexte de fatigues et d'infirmités, pour se livrer impunément au brigandage, parce qu'ils ne sont pas contenus par la présence de l'autorité militaire. Ils parcouraient par bandes do 5 ou 6 . la ville et les villages qu'ils dévastaient et où ils faisaient contribuer les habitants après les avoir mutilés de la façon la plus inhumaine et môme jusqu'aux
enfants : il y en a un, dit-on, qui a été tué
Depuis S jours les choses ont déjà changé de face. J'ai donné les ordres les plus sévères et ai pris plusieurs mesures qui obvient à l'inconvénient de la pénurie de troupes, afin de protéger les habitants et rétablir l'ordre et la discipline sans cependant léser le militaire. U y a ici un flux et un reflux continue) de passage, comme point de la ligne qui aboutit aux 2 corps d'armée qui bloquent Magdeburg. Il y a d'ailleurs un grand nombre de militaires égarés dans lo cercle de Brandonburg, que je dirige sur leurs corps respectifs.
D'après les informations que j'ai prises, j'ai découvert 3 bateaux chargés de projectiles de toute espèce et de munitions ; ces cargaisons qui appartiennent au Roi, se dirigeaient sur Magdeburg pour son approvisionnement ; je les ai fait arrêter et garder jusqu'à nouvel ordre. Veuillez me dire si je dois les faire déposer ici ou diriger par le canal sur Spandau : cette dernière mesure me parait plus vraisemblable ; j'attendrai à ce sujet vos ordres. J'ai demandé au général René un détachement do 20 hommes ; car il est des circonstances où je ne puis employer avec succès la garde bourgeoise que j'ai un peu organisée et que j'utilise pour le service de la ville.
11 y a un hôpital où plusieurs soldats s'hébergeaient sans aucune raison de santé ; je les ai lait partir de suite pour leurs corps et n'y ai laissé quo ceux qui étaient vraiment malades ou blessés. Il n'en reste plus qu'une quarantaine.
On me fait le rapport que plusieurs bateaux armés de soldats prussiens ont gagné le large de ce canal et qu'ils doivent les faire couler, s'ils ne peuvent s'échapper. Je vais armer une petite chaloupe et faire mon possible pour les prendre. Il parait que ces bateaux sont remplis de matériel d'artillerie et de munitions.
Il sera formé à Oranienburg, par division, un détachement de tous ceux qui ne pourraient pas suivre. Ce détachement sera commandé par un officier de chaque régiment, et un officier supérieur nommé par le général Dupont commandera tous les détachements réunis du corps d'armée et le rejoindra à petites journées.
Le présent ordre sera lu de suite à la tête de toutes les compagnies.
Le Maréchal, Prince de Ponte-Corvo, Bbbnadotte.
LE GÉNÉBAL L. BBBTHIEB AU OÉNÉBAL DUPONT.
Badingen, 27 octobre 1806-, il heures du soir.
Le général Dupont est prié de presser la marche d'un régiment sur Badingen ' ; il est essentiel qu'il arrive sur-le-champ ; les autres régiments suivront à une heure de distance.
Le général Dupont annoncera à ses troupes que l'armée ennemie est cernée et que le point de Badingen est extrêmement faible, qu'il serait à craindre que l'ennemi le perçât.
P. -S. — Le commissaire est parti pour Gransee, afin d'aller chercher de l'eau-de-vie et du pain.
La division de cavalerie poussait des reconnaissances sur la route de Zehdenick et Gransee et vint s'établir en avant du village de Badingen *. — Les divisions Rivaud et Drouet vinrent prendre position aux environs do Badingen où se trouvait le quartier général. — La division du général Dupont marchait sur la route de Zehdenick. — Le parc était à Nauen. (Journal des opérations du ier corps.)
L'état d'emplacement porte 2e division à Bergsdorf , ce qui permet de supposer que cette division et la 3* s'arrêtèrent à Bergsdorf, et que la division Dupont se remit en marche et atteignit Badingen où elle passa la fin de la nuit depuis 3 ou 4 heures du matin.
1. Le Maréchal, précédant son infanterie, s'était porté avec sa cavalerie légère à Badingen sur la route de Gransee à Zehdenick, pour l'intercepter. L'ordre du jour ayant ordonné pour le 27 un repos de 10 heures du soir à 2 heures du matin, l'infanterie s'était probablement arrêtée à fiorgsdorf, 8 kil. de Badingen. — Le présent ordre avait donc pour objet de faire prendre les armes à un régiment de suite, c'est-à-dire aussitôt la réception de Tordre, vers minuit et demi ou l heure du matin, ot de faire partir les 2 autres régiments de la division l heure après, à 2 heures du matin, comme l'ordre du jour l'avait prescrit. Le chef d'état-major avait soin de prévenir qu'on était allé chercher des subsistances, indication toujours alléchante pour le soldat.