LE GÉNÉRAL MILHAUD AU GRAND-DUC DE BEHQ
Pasewalk, 29 octobre 1806.
J'ai l'honneur de prévenir V. A. I. que j'ai fait diriger sur Prenzlow au moins 3,000 prisonniers de guerre et que dans une heure j'enverrai à votre quartier général les officiers d'infanterie et de cavalerie prisonniers de guerre parmi lesquels 2 princes de Mecklembnrg et de Lifs, une centaine d'officiers de cavalerie et d'infanterie de tout grade et un colonel-brigadier, commandant la colonne. Le régiment des carabiniers .du Roi avait 400 chevaux et autant d'hommes, dont la plupart a défilé en pleurant '. — Nous avons pris les 500 chevaux ; mais il est indispensable que V. A. donne des ordres pour que 2 régiments de cavalerie viennent prendre ces chevaux. Ma brigade a tout au plus 700 chevaux et nous sommes fort embarrassés pour avoir soin de tant de chevaux.
Le désespoir est le signe certain de la perte de la puissance prussienne ; je l'ai vu peint sur la figure de tous les officiers prussiens qui accusent leurs généraux et les directeurs du Cabinet prussien.
Nous avons pris hier et dans la nuit plus de 60 fourgons.
LE GRAND-DUC DE BERG A i/EMPEREUR.
Lôckuitz, 29 octobre 1806, 2 heures après midi.
Sire, le général Belliard envoie à M. le Major général la capitulation d'un corps d'environ 6,000 hommes qui a déposé les armes ce matin à Pasewalk devant les troupes du général Milhaud ; je charge ce général de conduire ces troupes à Spandau et de remettre les 1,200 chevaux pris. Je fais relever ce général à Pasewalk par une brigade de la division Grouchy qui sera chargée d'observer Bliicher, sur la route de Strasburg et de Ferdinandshof *. J'espère que ce général sera forcé de se rendre, toute communication avec Stettin et l'Oder lui étant coupée. Le général Lasalle est en ce moment bien près de Stettin 8 ; la ville n'est point appro vision -
1 . Les mômes signes se représentent dans tous les lemp9, preuve certaine qu'il y a partout de braves gens.
2. De Pasewalk à Strasburg, 16 kil. ; — à Ferdinandsbor, 19 kil.