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CAMP. DB PBUMS. — II

LE MARECHAL LANNES A L EMPEREUR

Lôcknitz, 99 octobre 1806.

J'ai eu l'honneur d'écrire aujourd'hui de Prenzlow à V. M. que je partais avec le 5e corps d'armée pour me rendre à Locknitz. J'ai poussé la brigade du général Claparède à 2 lieues de Stettin. Le grand-duc de Berg y a envoyé son chef d'état-major pour sommer la place. D'après les renseignements que l'on a eus, il ne s'y trouve presque personne, et il y a tout à parier qu'elle se rendra. Dans ce cas j'y mettrais un fort régiment, et dans le cas contraire le grand-duc de Berg m'a dit qu'il laisserait delà cavalerie pour empêcher que rien n'y entrât.

Le général Milhaud a fait mettre bas les armes avec 600 hommes à une colonne de 5,000 à 6,000 hommes, dont 1,800 chevaux. Demain au point du jour le grand-duc de Berg doit se porter avec toute sa cavalerie, sur Pasewalk où l'on présume que se trouve la colonne du général BlUcher, ou du moins dans les environs. V. M. peut être tranquille. Nous sommes placés de manière à ce que pas un homme des troupes sorties de Magdeburg ne nous échappe.

La division Suchet qui se trouve à Berkholz et celle du général Gazan à Brtissow appuieront la cavalerie du grandduc de Berg sur Pasewalk ou tout autre endroit suivant les mouvements de l'ennemi.

L'armée prussienne est dans une telle terreur qu'il suffit qu'un Français se présente pour faire mettre bas les armes.

Je n'ai pas encore de rapport aujourd'hui du général Treillard ; j'espère qu'il m'annoncera beaucoup de prisonniers et de bagages.

Il serait possible que le général Bllicher apprenant la prise du prince Hohenlohe, se jetât dans le Mecklenburg, croyant ainsi nous échapper ; mais il se tromperait beaucoup. C'est tout au plus s'il gagnerait 2 fois 24 heures : quand les Prussiens font 6 à 8 lieues par jour, ils croient avoir tout fait, et

leurs généraux ne veulent pas croire que nous fassions 12 à 15 lieues par jour ; mais une chose qu'ils avouent franchement, c'est qu'ils ne croyaient pas les troupes françaises aussi braves ; ils disent aussi qu'ils seraient également braves s'ils avaient à leur tête l'empereur des Français ; ils disent encore que V. M. doit avoir une grande pitié des principaux chefs de leur armée et qu'il n'y en a pas un seul qui possède assez de talents pour s'apercevoir des manœuvres que V. M. faisait sur leurs derrières, et qu'enfin V. M. leur avait enlevé une armée de 140,000 hommes en détail.

Cavalerie légère du 5* corps, Prenzlow.

1er Corps. ORDRE DE MARCHE POUR LE 29 OCTOBRE.

Quartier général à Fùrstenberg, 28 octobre 1806.

Le général Watier ouvrira la marche avec les 2e régiment de hussards et 5* de chasseurs ; il partira à 5 heures du matin.

Les divisions d'infanterie suivront son mouvement dans l'ordre suivant :

Le généra] Drouet partant à 5 heures du matin ;

Le général Rivaud à 5 heures et demie ;

Le général Dupont à 6 heures.

Le 4e de hussards formera l'arrière-garde et sera sons les ordres du général Dupont.

Le corps d'armée se dirigera sur Lychen à 4 lieues de Ftirstenberg sur la route de Boitzenburg.

Les équipages des divisions marcheront à la suite de chaque division.

Les troupes sont prévenues qu'un régiment de dragons prussiens est égaré et se trouve sur nos derrières ; en conséquence les généraux ordonneront de marcher serré et de faire suivre les équipages immédiatement après l'artillerie.

Pendant la marche, MM. les capitaines se tiendront à la queue de leurs compagnies, afin de veiller à ce que le soldat marche bien, ne s'écarte pas de la colonne et soit toujours prêt à combattre '.

Le Prince se plaint de ce que MM. les chefs de bataillon et adju-

1. Cette mesure, à laquelle certains chefs se refusent encore, est donc vieille d'un siècle ! Turenne, César, Annibal, Alexandre, eux aussi, l'avaient peut-être ordonnée !

dants-majors ne se portent pas assez sur les flancs de leurs régiments pour surveiller les marches.

Le grand parc se rendra demain d'Oranienburg à Zehdenick.

P. o. de S. A. le prince de Ponte-Corvo, Le général de division chef de Vétat-major générai, L. Bebthieb.

LE MARÉCHAL BERNADOTTE AU MAJOR GÉNÉRAL

Boitzenburg, 29 octobre 1806, i heures après-midi.

Prince, j'ai l'honneur de vous rendre compte que j'arrive à l'instant à Boitzenburg1 avec ma cavalerie légère et la division Drouet. Je pousse cette division jusqu'à Naugarten, et ma cavalerie encore plus avant. Les 2 autres divisions d'infanterie étant encore assez en arrière s'arrêteront ici.

Le corps du général Blticher, dont je suis toujours la trace, est parti d'ici ce matin à 5 heures. Il se dirigeait sur Prenzlow ; mais, ayant appris que les troupes françaises occupaient cette ville, le général Blticher s'est de suite jeté à gauche et a marché sur Ftirstenwerder. Il est à présumer qu'il cherche à gagner Strasburg et Pasewalk, à moins que, renonçant à pouvoir passer l'Oder, il n'entre dans la Poméranie suédoise.

Demain je partirai avant le jour et je marcherai directement sur Wilsickow, de manière à couper la route de Strasburg & Pasewalk. Si le général Blticher a suivi cette route, j'y serai bien certainement arrivé 2 heures après lui ; mais dans le cas où il aurait pris une autre direction, je continuerai à le poursuivre, et j'espère, dans l'une ou l'autre hypothèse, ne point tarder à l'atteindre.

2e de hussards et 5e de chasseurs, Naugarten ; — division Drouet. Herkholz ; — quartier général, division Rivaud, Boitzenburg ; — division Dupont, 4e de hussards, Hardenbeck ; — parc, en marche

1. De Fûrstenberg à Boitzenburg, sa kil.; — de Boitzenburg à BerkJiolz, 4 kil. ; — de Berkholz à Naugarten, 4 kil. ; — de Fûrstenberg à Hardenbeck, 28 kil.

sur Templin. — Les divisions sont en colonne sur la route à 3 ou à kil. de distance Tune de l'autre.

LE XABÉCHA.L BBRNADOTTB AU GÉNÉRAL DUPONT.

Boitzenburg, 29 octobre 1806, 6 heures du soir.

J'apprends à l'instant, M. le Général, que la colonne ennemie commandée par le général Blîicher, au lieu de suivre la route de Fiirstenwerder, s'est jetée à gauche sur Schlicht.

Je vous prie d'envoyer de suite une reconnaissance sur Fttrstenhagen et FUrstenau1. L'officier devra questionner les paysans et prendre tous les renseignements possibles sur la position actuelle de l'ennemi.

Vous continuerez à garder sous vos ordres le 4e régiment de hussards.

1er Corps d'armée.

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