L EMPEREUR A LA PRINCESSE FERDINAVD DB PRUSSE
Berlin, 28 octobre 1806.
Tai recula leltre de Votre Altesse Royale. J'ai été touché de la position de Mme de Hatzfeld. Je l'ai convaincue que son mari avait bien des torts, et que les lois do la guerre le condamnaient à des peines capitales. Toutefois je lui al même évité les désagréments d'un jugemeut et lui ai remis sa peine et la pièce de conviction. II est vrai que la douceur et la peine profonde do Mme de Hatzfeld m'ont forcé à ce que j'ai fait; mais je serais fâché que Votre Altesse Royale n'y vit pas aussi l'intention où j'ai été de lui être agréable.
l'kMPSRBUR A Mme DE HATZFELD.
Berlin, si octobre 1806.
J'ai In avec plaisir votre lettre. Je me souviens aussi avec plaisir du moment où j'ai pu finir toutes vos peines. Dans toutes les circonstances qui pourront se présenter où je pourrai vous être utile, vous pouvez accourir à moi, et vous me trouverez aise de vous être agréable.
Vous voudrez bien désigner un adjudant de place prussien pour faire la visite des casernes conjointement avec MM. Beaulieu et Denniée.
Grande-Armée. place de beblin.
Rapport du 28 au 29 octobre.
Il est entré hier soir dans la place le 28e régiment d'infanterie légère, 1 compagnie de pontonniers pour faire le service de l'arsenal, 1 bataillon du 34% 1 détachement du 105* et 1 du 57e.
Les membres composant la Société de commerce désireraient avoir l'honneur d'être présentés à S. M.
Il existe beaucoup de marchandises provenant de différentes villes de commerce et destinées pour Berlin dont une grande partie se trouve sur l'Oder.
De Hamburg. — Vin, riz, eau-de-vie, beurre, fromage, harengs, café, sucre, tabac, huile, sirops, raisins et drogueries.
De Stettin. — Vin, harengs, brandevin, grains, huile, café, chanvre et suif.
De Magdeburg, sorti avant le blocus. — Grains, huile, poudre et amidon.
Les négociants désirent pour que ces approvisionnements arrivent à Berlin, que leur transport tant par terre que par eau soit assuré et que tous les bateliers soient munis de passeports français afin de ne pas être inquiétés ; ils désirent aussi que le service des postes pour les villes qui se trouvent conquises par l'armée française puisse se faire exactement.
La plus parfaite tranquillité règne dans cette ville, mais il parvient toujours quelques plaintes de la part des habitants des maisons de campagne et des villages environnants.
Dans les cafés et particulièrement au spectacle, on s'est entretenu de l'arrestation du prince de Hatzfeld, mais on n'y prend pas un vif intérêt. On y fait aussi courir le bruit que le roi de Prusse doit venir à Berlin.
On soupçonne que la superbe collection des pièces gravées et des médailles qui consistent en 20,000 pièces a été enlevée et cachée par un nommé Henry. J'ai une pièce qui prouve ce fait, je vais la remettre à M. Daru pour faire faire les recherches de ce trésor.
Le général colonel des grenadiers à pied, commandant la place,
Hulin.
LE GÉNÉRAL LEMAROIS AU MAJOR GÉNÉRAL
Wittenberg, 29 octobre 1806.
J'ai l'honneur d'adresser à V. A. S. l'état de situation de ma garnison ; demain les dragons partiront pour Spandau d'après les ordres de V. A. J'ai fait partir aujourd'hui les compagnies de hussards du 1er régiment; j'ai seulement gardé 10 hommes d'après l'autorisation que m'en avait donnée V. A.
V. A. ignore que je n'ai qu'un seul officier avec 7 dépôts, et qu'il est d'une nécessité absolue que j'en reçoive.
Le génie a autant d'ouvriers qu'il lui en faut; la construction des fours va toujours lentement.
J'ai fait prendre pour 4 jours de pain aux troupes de passage et j'ai écrit au colonel commandant par intérim à Leipzig pour qu'il me fasse expédier ce que la ville devait me fournir de vivres.