L» MARECHAL DAVOUT A i/lNTKHDAST OtvtBAL
Friedrichsfeld, 27 octobre 1806.
J'ai l'honneur de vous adresser, M. l'Intendant général, l'état des besoins les plus urgents du 8e corps d'armée, en vous priant de donner les ordres pour que cette fourniture soit faite dans le plus bref délai ; dans le cas de départ je vous aurai obligation de désigner un local où ces divers objets puissent être déposés sous une garde que fournira le général Hulin jusqu'à ce que les corps puissent les envoyer chercher d'après la répartition que j'en ordonnerai, sur lavis que vous me donnerez de la livraison des effets demandés
Capotes 6,000
Paires de souliers 18,000
Chemises 6,000
Marmites 600
Gamelles 800
Grands bidons 800
Haches 800
Guêtres noires 6,000
On peut satisfaire dès à présent à ces trois demandes qui d'ailleurs peuvent être susceptibles de réduction1.
Il restera encore 5,000 capotes disponibles.
On propose d'attendre que les draps à livrer à Leipzig et ceux qu'a promis le commerce de Berlin Boient entrés en magasin pour en annoncer la distribution et d'ordonner qu'il soit fait une revue pour constater les besoins réels des corps.
La confection des capotes exige une fourniture de toile à raison d'une aune 5/8, mesure de France, par capote.
L'Intendant général demande l'autorisation d'en faire la réquisition.
1. Les administrateurs suspectent toujours la bonne foi des demandes, qu'elles viennent des généraux ou des corps eux-mêmes. Le mot réduction est toujours dans leur bouche.
LE GÉNÉRAL SAVÀRY AU MAJOR GÉNÉRAL
Kremmen, 30 octobre 1806, 9 heures du matin.
Je suis arrivé à Kremmen hier dans la nuit avec le détachement du 7e régiment de chasseurs que j'avais pris àNeubrtick et j'avais donné ordre à celui d'égale force qui était à Oranienburg, de venir m'y joindre, ce qu'il a fait dans la nuit.
A 2 heures du matin il m'est arrivé le reste de ce régiment qui revenait de Neu et Alt-Ruppin * où il avait rencontré les ennemis sur le chemin de Rheinsberg à un endroit que l'on appelle Braunsberg*. Le détachement qui formait r avant-garde fut suivi, poussé et permit 2 chasseurs et 2 prisonniers. Une reconnaissance de ce même régiment qui avait été envoyée vers Woltersdorf y trouva aussi les ennemis» Des vivandières qui furent prises, apprirent qu'il y avait de la cavalerie prussienne à Neustadt.
Le 7e régiment de chasseurs fit sa retraite par Alt-Ruppin sur Kremmen où il me rencontra. Il amenait avec lui 21 prisonniers d'infanterie et 1 déserteur des dragons prussiens du régiment de Royal-Bavière ; voici le rapport de ce déser-
1. Le 7e de chasseurs avait été dirigé sur Ruppin par ordre du Major général au maréchal Augereau du 27 a 4 heures et demie du matin. Voir page 402.
8. Le régiment arriva à Neu-Ruppin, 68 kil. de Berlin, le 28 au soir probablement. Ce fut le 29 qu'il poussa sur Rheinsberg.
teur que j'ai interrogé : son régiment fort de 400 chevaux environ est accompagné du régiment de hussards de Fleiss et de celui des hussards que Ton appelle vulgairement de Berlin, mais qui est celui de Rudolf et un ramassis de cavalerie de plusieurs régiments formant 300 ou 400 hommes. Toute cette cavalerie, de 2,300 hommes à peu près, fait partie du corps du duc de Weimar ; elle est commandée par le général Belay, colonel des dragons de Royal-Bavière; l'infanterie peut être forte de 8,000 à 10,000 hommes et a avec elle 16 pièces de canon et 2 obusiers.
Tout ce corps d'armée de M. de Weimar a passé l'Elbe dans la nuit de dimanche * à lundi dernier à peu près à 2 lieues au-dessous de la petite ville de Yent*. Comme il n'y avait point de pont, ils ont été obligés de passer en bateaux. On en avait réuni 24 et ils mettaient jusqu'à 30 chevaux et 30 cavaliers dans un bateau ; malgré cela le passage a duré jusqu'à lundi à 4 heures du soir que les chasseurs français sont arrivés et ont fait prisonnier un bataillon de fusiliers qu'on n'avait pas eu le temps d'embarquer 8. Il ajoute qu'il n'y avait pas de pont à Yent, ce dont il est sûr, son régiment y ayant été cantonné \
Lundi tout ce corps d'armée de M. de Weimar est venu coucher à une lieue de l'endroit où il avait passé le fleuve. Le mardi6 ils sont venus à Havelberg et le mercredi6 à Rheinsberg.
Il ajoute qu'ils avaient ordre de marcher sur Berlin pour