Dimanche 26. — Nuit du 86 au
2. Probablement Genthin. Il s'agit du passage à hauteur de Tangermùnde qui se trouve à 8 lieues euviron en aval de la ville de Genthin.
5. Ces renseignements semblent s'accorder assez bien avec ceux du journal des opérations du 4e corps. — Si la colonne du duc de Weimar ne termina son passage que le 27 à 4 heures du soir, on devra reconnaître que le général Du taillis avait rois on en incriminant la lenteur des marches et l'indécision du maréchal Soult, dont ce Maréchal a cru du reste devoir se justifier avant même d'avoir reçu des reproches. Voir la lettre du général Dutaillis du 28 octobre, page 79.
4. Le régiment avait été probablement cantonné à Genthin en se rendant à l'armée au commencement d'octobre.
6. Mardi 28. De Schônhausen, vis-à-vis Stendal, à Havelberg, 28 kil.
6. Mercredi 29. De Havelberg par Kyritz et Bâgelin à Rheinsberg, 62 kil.
se joindre au prince de Hohenlohe, mais c'est à Rheinsberg hier mercredi à 10 heures du matin qu'ils ont appris que les Français occupaient Berlin et qu'aussitôt l'infanterie s'était remise en marche en partant par le même chemin par lequel elle était venue l -, il ne sait pas où elle a été, mais il a ouï dire à ses officiers qu'on allait se retirer à Mecklemburg- Strelitz, que l'on espérait que le prince Hohenlohe aurait gagné Stettin et qu'on leur disait que des Russes arrivaient à leur secours.
J'ai maintenant le 7e régiment de chasseurs en entier fort de 244 hommes, 14 officiers compris. J'aurai cet après-midi le 1er régiment de hussards auquel j'ai donné l'ordre d'être rendu à midi à Fehrbellin. Je serai demain de très-bonne heure dans les environs de Rheinsberg et suivrai le duc de Weimar à la piste ; je trouverai un moyen de lui faire savoir la défection du prince Hohenlohe et je ferai en sorte de communiquer avec les troupes qui viennent de l'Elbe à sa poursuite.
Si j'apprends que je suis assez près des troupes du duc de Berg pour communiquer avec elles, je lui enverrai des rapports, mais jusqu'à présent je le crois si loin et j'ai si peu de monde que je ne m'exposerai pas à les répandre.
Je laisse ici 21 prisonniers sous la responsabilité du bourgmestre. J'en donne avis au général Amey à Neubrtick afin qu'il les envoie chercher par un détachement.
Je vous prie, Monseigneur, de me répondre par l'officier que je vous envoie et de ne pas mettre de retard à son retour, car dans la position où je serai demain, il m'importera beaucoup de savoir où est le duc de Berg afin que, si je suis poussé, j'aie un chemin de plus pour moi.
Agréez, Monseigneur, l'hommage et l'assurance de mon respect.
Les prisonniers paraissent n'avoir rien dit, mais le déserteur a parlé.
i. Pour se porter de Rheinsberg par Zechlin sur Mirow, on doit sortir de Rheinsberg par la route de Râgelin ; la bifurcation n'a lieu qu'à 1,500 mètres de la ville.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL SOULT
Berlin, 80 octobre 1806.
Je m'empresse, M. le Maréchal, de vous donner des nouvelles précises que le général Savary donne du duc de Weimar, en date de Kremmen, où il se trouve avec le l6r de hussards et le 7e de chasseurs \
Le duc de Weimar était à Havelberg le mardi 28 ; il était à Rheinsberg le mercredi 29, et il se trouvait alors sur les derrières du maréchal Bernadotte qui était le 28 à Flirstenberg, et du prince Murât qui se trouvait le 28 à Prenzlow.
Le prince Murât avait déjà débordé la tête du général Bliicher et avait pris et fait mettre pied à terre à 5 régiments de cavalerie ; il est vraisemblable que dans la journée il se sera emparé de tout le corps.
Le maréchal Bernadotte suivait en queue le général Blticher et avait lui-même sur ses derrières le duc de Weimar.
Soit que vous soyez à Rathenow, soit que vous soyez à Fehrbellin, l'intention de l'Empereur est que vous suiviez le duc de Weimar qui n'a plus que trois partis à prendre : se jeter sur Stettin et, quand il sera instruit que le chemin est coupé, il voudra rétrogader ; se rendre dans le Mecklemburg, ou enfin retourner sur l'Elbe pour se jeter en Hanovre ; dans chacun de ces trois cas vous devez le poursuivre. Si, après avoir voulu aller à Stettin, il rétrograde, il tombe dans vos mains ; s'il veut passer l'Elbe, il en est de même ; enfin s'il va dans le Mecklemburg, poursuivez-le jusqu'à Stralsund.
Je vous envoie cette dépêche en duplicata sur Rathenow et sur Fehrbellin f.
1 Le rapport du général Savary parti de Kremmen à 9 heures du matin, ne parvint pas à Berlin, 36 kil., avant 8 heures de l'après-midi. L'ordre au maréchal Soult n'a donc pas été donné avant 4 heures du soir.
s. Lorsque le Major général envoie des dépêches en duplicata, il en fait toujours mention. Dès que cette mention n'est pas indiquée, l'ordre n'a été transmis qu'en une seule expédition. — Ceci comme réfutation à l'assertion de M. Denniée, page 194 de l'itinéraire de l'Empereur Napoléon pendant la campagne de i8ia où il parle de la prévoyance si inquiète et si minutieuse
L'Empereur n'a connu à Berlin d'une façon certaine la marche du duc de Weimar que par les renseignements du général Savary, renseignements qui furent recueillis à Braunsberg, à 76 kil. de Berlin, le 29 dans la matinée par le 7° de chasseurs et qui parvinrent au Commandant en chef seulement le 30 à la fin de l'après-midi.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU GRAND-DUC DE BERG
Berlin, 30 octobre 1806.
Je vous envoie, mon Prince, copie de Tordre que j'adresse au maréchal Soult ; cela vous instruira des nouvelles que le général Savary a données à S. M. — A l'instant l'aide de camp du général Belliard arrive qui annonce la prise d'un corps d'environ 6,000 hommes *.
Copie de Tordre au maréchal Soult fut envoyée au maréchal Bernadotte.
L'ordre au maréchal Soult peut servir d'instruction générale ; il contient toutes les indications nécessaires pour l'exécution de la manœuvre. — Un ordre rédigé dans cette forme peut donc être envoyé en copie aux commandants de corps d'armée chargés de concourir à l'exécution d'un mouvement combiné.
du Major général. J'ai la preuve que l'ordre si important du Si janvier 1807, 6 heures du soir, ne fut pas expédié au maréchal Bernadolte par 8 officiers, mais par 2 jeunes officiers de correspondance à peine arrivés de l'École militairo, qui furent pris avec leurs dépèches par les Cosaques à Lautenburg. L'avenir nous réserve peut-être des aventures analogues avec les officiers de réserve officiers d'ordonnance. Et d'un autre côté le général de Fesenzac ne se fait pas faute d'avouer qu'on s'inquiétait peu à l'état-major général de la Grande Année si un officier était en état ou non, faute de chevaux ou de renseignements, de remplir la mission qui lui était confiée. Le débrouille-toi a toujours été en honneur dans l'armée française. Certes il faut demander beaucoup à l'intelligence, à l'initiative individuelle, mais le chef quel qu'il soit et dans quelque circonstance que ce soit, doit pousser la prévoyance aussi loin que les facultés humaines peuvent le permettre.
1. Lettre du Grand-duc à l'Empereur du 29, 2 heures après midi. Voir page 495.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU GÉNÉRAL SAVARY
Berlin, 30 octobre 1S06.
Je vous envoie, Général, copie de Tordre que j'adresse au maréchal Soult, rédigé d'après les nouvelles que vous avez données de Kremmen. L'intention de l'Empereur est que vous suiviez les mouvements des Maréchaux-, le grand-duc de Berg était hier matin 29 à 8 heures à Pasewalk où il attaquait une partie du corps du général Blticher, et il en avait déjà pris 5 régiments ; le maréchal Bernadotte était le 28 à Fûrstenberg et se dirigeait sur Lychen, poussant en queue l'arrière-garde du général Blticher, et ne se doutant pas d'avoir derrière lui le duc de Weimar ; telle est la position des choses.
L'Empereur trouve qu'il sera bon que vous vous portiez en avant, avec les précautions nécessaires, à Neu-Ruppin.
A Fehrbellin vous devez trouver des nouvelles de M. le maréchal Soult \
LE GRAND-DUC DE BERG AU MARÉCHAL BERNADOTTE
Lôcknitz, 30 octobre 1806.
Mon Cousin, je reçois à l'instant vos dépêches l'une de Fttrstenberg du 28 octobre et l'autre de Lychen du 29, et je vous adresse copie de celle que je vous ai écrite hier à 10 heures du soir * par un officier de correspondance de S. M. ;
1. La cavalerie légère du 4« corps avait dû, de Dreeiz, envoyer le 29 un parti sur Fehrbellin et s'informer s'il y était déjà passé des troupes françaises. Ordre du maréchal Soult du 29. Voir page 503.
2. La dépêche du Grand-duc avait été envoyée & l'Empereur. Voir la lettre du Grand-duc à l'Empereur du so à 5 heures du matin.
LE GRAKD-DUC DB BBRG AU MARÉCHAL BBBNADOTTB.
Lôcknitz, 29 octobre 1806, 10 heures du soir.
Mon Cousin, je vous ai fait connaître ma marche sur Prenzlow hier et aujourd'hui je vous annonce mes succès complets ; 16,000 prisonniers, 60 pièces de canon, 50 drapeaux ou étendards, le prince de Hohenlohe, le prince
en vous portant sur Strasburg vous devez marcher vraisemblablement sur les traces du général Blûcber. Là vous vous trouverez parfaitement en mesure de le suivre dans toutes les directions qu'il se décidera à prendre. Il est.... avec Pasewalk qui sera occupé ce soir par le général d'Hautpoul et une brigade de dragons et où selon toutes les apparences sera mon quartier général. Vous trouverez ci-joint une lettre du général Belliard qui m'annonce que tout est à peu près arrangé pour la capitulation de Stettin. Apprenez-moi bien vite que vous avez joint le général Blttcher et que vous lui avez fait mettre bas les armes.