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LE GÉNÉRAL BELLIARD AU GÉNÉRAL D'HAUTPOUL

Lôcknitz, 80 octobre 1806, 2 heures du matin.

Dirigez votre marche sur Pasewalk où vous établirez votre quartier général. Vous êtes prévenu que le prince de Ponte-Corvo marche de Boitzenburg sur Strasburg et Woldegk, et que vous trouverez une brigade de dragons à Pasewalk ; comme il ne reste plus que le général Blttcher avec 10,000 hommes, sommez ou chargez hardiment tout ce qui se présenterait devant vous de troupes prussiennes ; faites parvenir la lettre ci-jointe au prince de Ponte-Corvo qui doit se mettre en marche ce matin de Boitzenburg sur Strasburg.

LE GRAND-DUC DE BERG A L'EMPEREUR

Lôcknitz, 80 octobre 1806, 2 heures du matin.

Tandis que le général Milhaud faisait mettre bas les armes à un corps de 6,000 hommes à Pasewalk, le général

Auguste de Prusse prisonniers, sont le résultat de la journée. Aujourd'hui le général Milhaud que j'avais envoyé & Pasewalk a fait mettre bas les armes à un corps de 6,000 hommes dont 5 régiments de cavalerie, des canons et 30 drapeaux. Le général Beaumont mon aide-de-camp a enlevé aux portes de Stettin 400 hommes et 4 pièces de canon ; il nous reste encore le général Blucher avec 18,000 a 14,000 hommes. Mais comme la retraite lui est coupée sur l'Oder, il suffit de le rencontrer pour lui faire mettre bas les armes.

Dans ce moment le général Belliard est dans Stettin ; tout me porte à croire que celte place pourra capituler; demain à la pointe du jour je compte marcher sur Blucher par Pasewalk. Certainement c'en est fait de lui ; je vous prie de nous faire connaître votre mouvement et la position que vous avez prise.

Lasalle était aux portes de Stettin et sommait le gouverneur de se rendre ; j'ai l'honneur d'adresser à V. M. la capitulation1. Les hussards deV. M. prendront possession ce matin à 6 heures des portes de la place. J'ordonne au général Lasalle de se porter rapidement sur Damm et de chercher à s'empa-

i. Après que le fort dit Preussen et la place de Stettin ont été sommés par le général Lasalle au nom de S. A. I. et R. le grand-duc de Borg et que cette sommation, après un premier refus, a été répétée avec instance, il a été conclu par le lieutenant-général baron de Romberg, gouverneur, et le général-major Knobelsdorf, assistés par les généraux du génie du Raudera et le major du génie de Barum, de rendre la ville de Stettin et le fort de Preussen, seulement sous les conditions suivantes, à M. le général Lasalle, commandant l'avantgarde de S. A. I. et R. le grand-duc de Berg.

Art. 1er. — Toute la garnison actuelle y compris le petit état-major et tous les militaires ne faisant pas partie de la garnison obtiendront librement la sortie avec armes et bagages pour se rendre soit en Prusse occidentale et septentrionale ou en Silésie.

Hép. — La garnison sortira avec les honneurs de la guerre, déposer» les armes sur les glacis, sera prisonnière de guerre et envoyée en France. Les o (liciers seront prisonniers sur parole et il leur sera délivré des pjsseports pour se rendre où bon leur semblera.

Art. 2. — La garnison susmentionnée conserve sa propriété et se rend sur parole au lieu qu'elle choisira.

Hép. — Les officiers conserveront leur épée, leurs bagages, leurs chevaux et tout ce qui peut leur appartenir.

Art. 3. — Il n'y a que les propriétés royales qui seront remises aux troupes françaises.

Hép. — Tout ce qui se trouve dans la place appartenant & S. M. le roi de Prusse sera remis aux troupes françaises. Art. 4. — La garnison sortante recevra tous les secours nécessaires. Hép. — Accordé.

Art. 5. — Il sera accordé aux troupes prussiennes au moins 24 heures pour l'arrangement de leurs affaires.

Hép. — Il sera accordé jusqu'à midi aux troupes prussiennes pour l'arrangement de leurs affaires.

Art. s. — Pendant cet intervalle de 24 heures, on remettra aux troupes det S. M. l'Empereur des Français la .porte de Berlin.

Hép. — La porte de Berlin sera remise aux troupes françaises qui auront un poste sur le pont de l'Oder. Ces deux postes seront occupés à 6 heures du matin par les troupes françaises.

Art. 7. — Les troupes impériales françaises respecteront et protégeront les propriétés des habitants de la place de Stettin, du fort de Preussen et des faubourgs.

Hép, — Accordé.

Art. 8. — Les familles de tous les militaires peuvent compter fur la protection des troupes impériales françaises.

Hép. — Accordé.

Art. 9. — A dater de la ratification de cette capitulation, cesseront toutes les hostilités contre la ville de Stettin. Hép. — Accordé.

Art. 10. — Les malades et blessés de l'armée prussienne qui se trouvent

rer de la place qui est, dit-on, très-mauvaise. — M. le maréchal Lannes va faire occuper Stettin par un régiment de son corps d'armée. — Le maréchal Bernadotte que j'avais dirigé par ma gauche, était hier matin à Lychen sur les traces du général Blticher ; il a dû coucher cette nuit à Boitzenburg ; je lui ordonne de se porter sur Strasburg et Woldegk ; le général d'Hautpoul part ce matin de Prenzlow pour se porter sur Pasewalk ; le général Beker s'y trouve déjà avec une brigade de dragons ; je vais m'y porter moi-même avec la division Grouchy et le corps du maréchal Lannes. — Je ne renverrai pas la division d'Hautpoul, ayant déjà renvoyé la division Beaumont et la brigade du général Milhaud pour escorter les prisonniers. Je pousserai, conformément aux ordres de V. M., Blticher jusqu'à Stralsund quoiqu'il fût peutêtre bien essentiel de marcher par la rive droite de l'Oder sur Kustrin, mouvement que je ne ferai certainement pas sans vos ordres. — Je vais faire établir avec mes troupes légères la communication avec Berlin ; cette route est beaucoup plus courte et les postes mieux servis. Je ferai surtout occuper Schwedt, et rétablir le pont qui, dit-on, est coupé. — Comme je présume que Blticher sera à nous dans la jour-

dans la place sont abandonnés aux traitements généreux des troupes françaises.

Rép. — Accordé.

Art. il. — Le trésor qui se trouve dans la place sera remis aux troupes françaises.

Art. 12. — Il sera nommé de part et d'autre des officiers d'artillerie et du génie pour remettre et recevoir tous les magasins, munitions, cartes, plans, etc., qui sont dans la place.

Stettin, le 89 octobre 1808, à 6 heures du soir.

Vue et approuvée la présente capitulation pour être exécutée.

LC BARON DB RoMBBBQ, GOUVERNEUR.

Au quartier général de Môhringen, le 29 octobre 1806. Le général de brigade, Lasallb.

Par ordre de S. A. le grand-duc de Berg et de Clèves, lieutenant de l'Empereur, vue et approuvée la présente capitulation pour être exécutée.

Le général de division, chef de l'élat-major général,

BbLLXARD.

A Môhringen, le 29 octobre 1806, à il heures et demie du soir.

née, je prie V. M. de me faire donner ses ordres pour les cantonnements des corps d'armée qui sont avec moi et qui ont le plus grand besoin de repos.

Je vais faire diriger la garnison de Stcttin par la route d'Angermttnde sur Berlin.

P.-5. — V. M. recevra une lettre qui était adressée au prince de Ponte-Corvo, mais elle doit être sans inquiétude ; car, ayant reçu une heure après des dépêches du prince de Ponte-Corvo, je lui ai adressé, en lui répondant, copie de ma première lettre ; il sera ce soir à Strasburg et Woldegk ; mon quartier général sera à Pasewalk où je vais me porter. Au lieu de laisser une brigade, je laisserai une division entière à Stettin ; elle occupera Schwedt, Damm et Pôlitz, et fournira l'escorte nécessaire pour la garnison. Je pourrais même laisser le corps entier, et marcher avec le maréchal Bernadotte, mais comme je ne l'ai pas sous la main, j'emmènerai une division.

5a corps. Quartier général, Pasewalk ; — ln division, bivouac en avant de Pasewalk ; — 2e division et parc, Stettin ; — cavalerie légère, Prenzlow.

LE GÉNÉRAL BELLIARD AU MAJOR GÉNÉRAL

30 octobre 1806.

J'ai l'honneur de vous rendre compte que le commandant de Stettin a capitulé à 1 heure du matin. J'avais été envoyé par le Prince à Stettin pour sommer le commandant, mais Lasalle avait commencé la besogne et je lui ai laissé finir et faisant mettre les réponses aux demandes du gouverneur. Le Prince envoie la capitulation à S. M. J'aurai l'honneur de vous envoyer l'état des prisonniers et des magasins. Je pense, mon Prince, que vous serez content de nous. — La vieille patraque de gouverneur nous a salués de quelques coups de canon et a fini par se rendre à discrétion après avoir fait beaucoup de difficultés. Stettin est une grande ville où

nous trouverons beaucoup de ressources. Je ne crois pas que ce soit une bonne place ; l'officier du génie a ordre de la reconnaître et je vous en enverrai le rapport.

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