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sont retirées sur Anklam. Le brait courait qu'elles devaient faire leur retraite dans l'île de Rugen, l'eau qui sépare l'île de la terre n'a que 2 ou 4 pieds de profondeur ; elle se passe sur de très grands chevaux.
Je reçois ce rapport, Monseigneur, en arrivant ici, il est 7 heures du soir. J'arrête ici pour rafraîchir mes chevaux et les reposer ; ils sont bridés depuis 3 heures du matin. Les prisonniers de Stettin voulaient se révolter; ils ont menacé et frappé leurs officiers; il était temps que l'infanterie du général Victor arrivât ; aussitôt que j'ai été débarrassé de cette corvée, je me suis porté, avec ma brigade, à Damm ', où en arrivant j'ai reçu les ordres du général Belliard que j'ai mis de suite à exécution. Demain à 6 heures, je me mettrai en marche pour Uckermtinde qui est à 5 milles d'ici.
Je puis donner pour certain à V. A. I. que le trésor du roi de Prusse est à Swienemiïnde. On peut y arriver par la rive droite de l'Oder, encore faut-il s'embarquer pour y arriver ; depuis 2 jours il était sorti de Stettin. On dit que S. M. prussienne est à Stargard et la Reine à Swienemttnde, d'où elle doit passer en Russie.
P. -S. — Pendant la nuit dernière et aujourd'hui il est passé ici plus de 1,200 hommes en désordre, rendant leurs armes. Je rouvre ma lettre, Monseigneur, pour vous apprendre qu'après ma sortie de Stettin, la garnison qu'on avait laissée sur les glacis a voulu reprendre les armes; Ô00 déjà les avaient repris; on a battu la générale, le bataillon d'élite les a fait rendre de nouveau sans coup férir.
5,500 hommes ont été pris à Stettin et 120 bouches à feu. Le général Victor s'étant emparé du commandement, je n'ai plus suivi ces détails.
LE GÉNÉRAL BEIER AU GRAND-DUC DE BERG
Cosenow, 30 octobre 1806.
Je me suis approché à 8 heures du soir de la ville d'Ànklam pour reconnaître les feux de bivouac établis sur la route de Stettin ; le point sur lequel je me suis dirigé était gardé par un piquet de hussards appuyé d'infanterie ; et quelques paysans, ainsi qu'un postillon, sortis de la ville, m'ont assuré qu'elle était encombrée de fuyards de tous les régiments, sans pouvoir répondre aux questions relatives à la marche du général Blttcher.
l. Damm est à 8 kil. à Test de Sleftin sur la rive droite de l'Oder. — Le général Lasalle dut rebrousser chemin.
Comme le brouillard augmente l'obscurité et que la ville est fermée, j'ai fait halte à Cosenow, et demain à la pointe du jour je sommerai l'officier commandant les troupes de les constituer prisonnières. Il ignore la proximité des troupes françaises et ne sait d'ailleurs par ou se retirer, puisque j'ai la certitude que les Suédois se refusent de les recevoir en Poméranie, à l'exception des bagages, qui ont déjà été dirigés, tant du Mecklemburg que d'Anklam, dans l'intérieur de la Poméranie.
On croit qu'il n'y a plus d'armée sur la rive gauche de l'Oder, car tout ce qui compose le rassemblement d'Anklam consiste en petits détachements isolés dont je rendrai compte demain matin à V. A. I.
Le rapport du maréchal Bernadotte du 31 doit être classé à cette place en raison des renseignements qu'il contient sur la journée du 30.
LE MARÉCHAL BERNADOTTE AU MAJOR GÉNÉRAL
Neu-Brandenburg, 81 octobre 1806, 10 heures du malin.
J'ai eu l'honneur de vous écrire avant-hier soir de Boitzenburg que je marchais pour couper la route de Strasburg à Pasewalk, d'après tous les rapports qui m'annonçaient que le général BlUcher se dirigeait sur cette route.
Etant parti hier matin de Boitzenburg, je reçus par mes reconnaissances 1 de nouveaux rapports qui m'apprirent que le général Blticher, cherchant toujours à nous éviter, après avoir voulu marcher d'abord sur Prenzlow, ensuite sur Ftirstenwerder, s'était enfin décidé à se jeter encore plus à gauche et s'était porté sur Neu-Strelitz, laissant néanmoins quelques détachements sur la route de Fiirstenwerder pour nous observer et faire croire ainsi que tout son corps d'armée avait suivi cette route. Je fus donc obligé de changer aussi la
1. Reconnaissances sur Pùrstenhagen, Fûrstenau,Sch lient, faites par le 4e de hussards attaché à la division Dupont. Le général Watier avait dû également recevoir Tordre d'envoyer des reconnaissances vers Fiirstenwerder, Woldegk, Strasburg. — Les papiers provenant du général Dupont permettent de supposer les ordres donnés au général commandant la cavalerie pour les reconnaissances.
mienne, et, forçant de marche, tout mon corps d'armée vint prendre position hier soir entre Teschendorf et Neu-Brandenburg, tandis qu'un régiment de cavalerie l dirigé par le colonel Gérard, mon premier aide de camp9, fut chargé d'harceler l'ennemi sur la route directe de Neu-Strelitz. Ce régiment dépassa cette ville, prit à l'ennemi environ 400 hommes avec beaucoup de bagages et reconnut que le gé- * néral Blticher marchait sur Waren dans l'espoir d'y opérer sa jonction avec une autre colonne aux ordres du prince de Weimar, laquelle est partie de Havelberg sur l'Elbe et a dû se retirer par Wittstock, Rftbel et Plau. Il paraît que ce corps ainsi réuni a le projet de se diriger sur Teterow ou Schwerin, de manière à se ménager pour dernière ressource l'embarquement à Rostock ou Wismar.
Ces renseignements m'ont été confirmés ici à Neu-Brandenburg où toutes mes troupes sont venues prendre position à 7 heures du matin. Je les fais reposer en ce moment, et de suite je vais marcher sur Waren. J'enverrai des détache-
1. Reconnaissance semblable à celle du général Milhaud sur Boilzenburg, du général Lasalle sur Prenzlow le 27 dans l'après-midi.
s. Service des aides de camp officiers supérieurs. Nécessité pour le commandant de corps d'armée d'avoir auprès de sa personne au moins un officier supérieur, son aide de camp, qui soit son homme de confiance. — Les officiers supérieurs attachés à l'état-major du corps d'armée ne sont pas en rapport journalier avec le commandant de corps d'armée et sont trop loin de lui pour qu'il les connaisse et qu'il puisse s'en servir utilement lorsqu'il a besoin pour le suppléer dans la direction des troupes d'officiers qui sachent sa manière de voir et soient au courant des opérations, comme peuvent l'être le premier et le second aide de camp. — Ces aides de camp, avec le chef et le sous-chef d'élal-major du corps d'armée, sont les véritables officiers d'état-major, car je ne puis pas appeler officiers d'état-major ceux qui s'occupent des prisonniers, des petits dépôts, etc., besogne des adjoints ou adjudants, besogne que tout officier peut faire, qui demande il est vrai du soin, mais non les qualités militaires indispensables aux officiers d'étal-major. — Ces aides de camp officiers supérieurs étaient des hommes mûrs de 30 à 40 ans, ayant acquis de l'aplomb et de l'expérienco dans le service des troupes. — Le général n'est pas lié à tel ou tel officier supérieur, son aide de camp ; il peut à chaque instant se séparer d'un officier pour en prendre un autre s'il juge que l'intérêt du service, son intérêt personnel ou celui de l'officier le commandent. Mais il choisira un autre officier qui lui sera signalé pour son jugement et l'élévation de son caractère. Dans beaucoup de circonstances le général a besoin de causer librement et intimement avec un officier droit et expérimenté. Une estime mutuelle, fruit de rapports journaliers, est seule capable d'abaisser la barrière qui sépare les échelons de la hiérarchie.
ments qui s'élèveront sur ma droite le plus possible afin de m'assurer si l'ennemi s'y porte.
Pour accélérer ma marche le plus possible, je laisse ici, en dépôt, tous les hommes éclopés ou par trop fatigués ; je n'emmène que les gens bien dispos ; je compte avoir ainsi environ 12,000 hommes, déduction faite du bataillon resté en arrière avec mon parc d'artillerie. Ce nombre sera sans doute suffisant pour combattre la colonne ennemie.
Ma cavalerie se trouve très-diminuée par les marches forcées et les fréquents détachements qu'elle a dû fournir. Je ne puis guère compter aujourd'hui que sur 700 à 800 chevaux ; et j'ai été forcé de renoncer à faire poursuivre le haras royal qui a passé ici avant-hier, se dirigeant sur Usedom. J'en ai donné avis au grand-duc de Berg.
Je laisse également ici toute l'artillerie dont je puis me passer à la rigueur et je n'emmène que 6 pièces par division avec 2,000 coups de canon. L'adjudant commandant Luthier reste pour commander cette place ; il réunira les détachements qui se trouvent en arrière. Cette ville a de bonnes portes.
Depuis 8 jours, la chasse que nous avons donnée à la colonne ennemie, nous a déjà procuré près de 3,000 hommes, tant prisonniers que traînards, et une quantité immense de bagages.
Je ne puis vous expédier cette dépêche par un officier d'état-major; il ne m'en reste que 2; tous les autres sont en course; 4 sont absents, soit près du Grand -duc. Je crains bien qu'ils ne soient tombés dans des patrouilles ennemies.
De Weggun le 1er corps se dirigea par Ftirstenwerder sur Woldegk. Voir au 31 le rapport de la reconnaissance du lieutenant Bavaillot sur Woldegk.
1" corps. La division de cavalerie poussait des reconnaissances jusque sous les murs de Neu-Brandenburg. La division Dupont bivouaqua en avant de Stargard sur la route de Neu-Brandenburg -, les divisions Rivaud et Drouet ainsi que le quartier général à Stargard
et en arrière "• Le parc de réserve du corps d'armée qui avait toujours suivi à une journée de marche fut établi à Templin où il resta jusqu'au 23 novembre. (Journal du 1" corps.)
1er corps d'armée.