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ORDRE DE MARCHE FOUR LE 31 OCTOBRE

Stargard, 80 octobre 1806.

Le corps d'armée se réunira demain 31 octobre en avant de Neu- Brandenburg à 6 heures précises du matin.

La division Dupont, précédée par le 4e régiment de hussards, s'établira à la droite du général Bivaud et faisant face à Friedland.

La division du général D rouet partira de Stargard à 4 heures du matin et se placera faisant face à Wulkenzin.

La division du général Rivaud partira de Stargard à 4 heures et demie, s'établira faisant face à Treptow et se trouvera au centre du corps d'armée.

Le général Dupont dirigera la marche de ses troupes de manière à pouvoir passer à Stargard avant ô heures du matin '. Il aura une arrière-garde de voltigeurs et de grenadiers pour protéger les équipages et faire suivre les traînards de toutes les divisions.

MM. les généraux recevront de nouveaux ordres dans cette position '.

1. De Boitzonburg à Weggun, 8 kil. ; — de Weggun par Fùrstenwerder à Woldegk, 15 kil. ; — de Woldegk à Bredenfeld, il kil. ; — de Bredenfeld à Teschendorf, 6 kil. ; — de Teschendorf à Stargard, 6 kil. ; — de Stargard à Neu-Brandenburg, 9 kil. ; — de Bredenfeld à Neu-Strelitz, 26 kil.

2. Les divisions sont de 4,500 à 5,000 hommes, artillerie comprise. Le Maréchal compte une demi-heure pour l'écoulement de chaque division.

s. A proximité de l'ennemi la nécessité de recueillir des renseignements, de voir confirmés ceux déjà connus, oblige très-souvent à la guerre, avant de commencer la marche, à rassembler les troupes, aies tenir réunies en position sur un point où l'on fixera la direction à suivre. Le rassemblement n'est pas une vaine parade, c'est toujours une nécessité de guerre lorsqu'on s'y voit contraint. Témoin le rassemblement du l*r corps à Neu-Brandenburg et bien d'autres que je citerai plus tard dans la campagne d'Eylau. Le commandement profite de cette halte obligée qui peut durer 3 et 4 heures pour faire reposer les troupes. Le point de réunion, ici comme àWeggun le 30, est quelquefois a 7 ou 8 kilomètres en avant ou sur les flancs du lieu de la couchée.

Les généraux de l'Empire ne rassemblaient pas leurs troupes pour avoir la satisfaction de les voir réunies dans un champ carré, de les voir ensuite se mettre en marche, défiler devant eux et s'allonger sur une route. — On a imputé à crime les rassemblements parce que à une époque malheureuse les troupes ont subi des retards considérables dans les marches, retards provenant de rassemblements mal conçus, de dispositions insuffisantes dans la ma-

Si le corps d'armée va plus loin que Neu-Brandenburg, on formera un nouveau détachement des hommes trop fatigués pour pouvoir suivre et qui resteront dans cette ville.

Le général Watier a reçu des ordres particuliers1.

P. o. de 8. A., le général de division chef de l' état-major, L. Berthier.

LE MARÉCHAL SOULT AU MAJOR GÉNÉRAL

Wùsterhausen, 80 octobre 1806, 8 heures du soir.

J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. que le corps d'armée a pris position aujourd'hui en avant de Wttsterhausen ; la cavalerie légère a été portée sur Wittstock et Rheinsberg.

Demain je dirigerai le corps d'armée sur Rheinsberg où il serait possible que je rejoignisse l'ennemi.

Hier le duc de Weimar est parti de Kyritz et a dirigé ses troupes sur Stettin en les faisant passer partie par Neu-Ruppin et partie par Rheinsberg ; il est vraisemblable que lorsque le duc aura appris là défaite du prince de Hohenlohe,

niére de régler les mouvements. Les rassemblements de la campagne de 1870 n'étaient pas des rassemblements : c'était de l'encombrement dans les marches, c'était du défaut de dispositions, tandis quête rassemblement est une manœuvre de guerre. — Le résultat des faux rassemblements a été la suppression dans le décret du 26 octobre 1883, de l'article 127 de l'ordonnance du s mai 1882 dont on n'avait pas compris la valeur; je dis suppression, car l'article 136 du règlement actuel ne peut remplacer l'article 127 de la vieille ordonnance. Eh bien! la valeur de guerre des rassemblements, elle est tout entière contenue dans l'ordre de marche du 1er corps pour le si octobre et dans le rapport du maréchal Bernadolte du 31 octobre à 10 heures du matin pendant le rassemblement môme en avant de Neu-Brandenburg. Voilà à quoi sert l'étude de l'histoire des guerres, à comprendre les règlements. Un règlement de guerre comme l'ordonnance du 3 mai 1832 est toujours à hauteur. Il fallait savoir le lire. On pouvait y apporter certaines modifications, mais le bouleverser, jamais. C'est un crime d'avoir porté la main sur l'ordonnance du 3 mai 1832. Saint règlement, fruit de l'expérience de 20 années de guerre, tu as été une des victimes expiatoires de nos malheurs. Repose en paix. Tu renaîtras de tes cendres et ton souvenir conduira encore nos enseignes sur le chemin de la victoire — Lisez l'article 216 du règlement du 23 mai 1887 sur le service en campagne dans l'armée allemande et vous verrez quelle valeur vos adversaires attachent aux rassemblements que d'un trait de plume vous avez rayés de vos règlements.

1. Au 1er corps, comme au 4e corps, le commandant de la cavalerie reçoit des ordres particuliers. — Que de regrets de ne pas les avoir !

pour se sauver, il sera entré dans le Mecklemburg et peutêtre même cherchera-t-il à revenir sur ses pas. Quelque parti qu'il prenne, entouré comme il est, il ne peut échapper.

Je reçois dans l'instant la lettre que V. A. m'a fait l'honneur de m' écrire hier à 10 heures du soir * et j'y trouve à ma bien grande satisfaction que S. M. daigne me laisser carte blanche pour faire le plus de mal possible à ses ennemis ; je ne négligerai rien pour répondre à sa confiance, et le seul regret que j'éprouve, est que je n'aie pu lui annoncer encore de plus grands succès ; mais V. A. permettra-t-elle que je lui fasse une observation au sujet de ce qu'elle dit à S. A. I. et R. le grand-duc de Berg dans sa lettre du 29 qu'elle a eu la bonté de me communiquer : « que le duc de Weimar m'a surpris le passage de l'Elbe. »

J'étais devant Magdeburg et j'avais ordre de jeter un pont au-dessus de cette ville pour y passer l'Elbe et me tenir prêt à me porter sur Berlin si j'en recevais l'ordre, lorsque les partis que j'avais envoyés à Helmstâdt sur la route de Brunswick, m'annoncèrent qu'une colonne ennemie se présentait et semblait se diriger sur Magdeburg. Sans perdre une heure, je fus à sa rencontre et immédiatement je me dirigeai sur Tangermiinde pour le prévenir, lorsque je pus juger que sa direction était changée. Je pris sur moi ce mouvement que je crus utile aux armes de S. M. quoique j'eusse eu l'ordre de passer l'Elbe au-dessus, de Magdeburg, et ma crainte alors fut que l'Empereur ne me désapprouvât puisque, pour un objet particulier, je pouvais m'écarter de ses dispositions générales.

J'ai fait des marches inouïes pour atteindre l'ennemi et, si je ne l'ai point enlevé, c'est qu'il m'était physiquement impossible de le déborder avant qu'il arrivât sur l'Elbe et même qu'il eût jeté une partie de son monde sur la rive opposée. Je me ferais moi-même les reproches les plus amers si dans cette circonstance j'avais négligé une disposition et

1. De Berlin par Spandau et Nauen à Rathenow, 76 Ici].; — de Rathenow à Wûsterhausen, 35 kil.

si j'avais perdu une minute. Je prie V. A. de vouloir bien en donner l'assurance à S. M. et de la persuader que le vœu le plus ardent que je forme est de pouvoir contribuer à la destruction de son dernier ennemi et pour cela que ma vie et toutes mes facultés lui sont consacrées.

10 heures du soir. P.-S. — Je rouvre ma lettre pour annoncer à V. A. que j'espère demain joindre l'ennemi. Le général Guyot me rend compte de Ragelin où il est établi avec la cavalerie légère que ce matin le général Pleiss en était parti avec 2 régiments de hussards, 1 de dragons, 2 bataillons d'infanterie et plusieurs compagnies de chasseurs du pays (le général Pleiss commande l'arrière-garde du duc de Weimar), et s'est dirigé avec cette troupe sur Zechlin, entre Rheinsberg et Wittstock1, mouvement qui me paraît justifier ma présomption que l'ennemi ayant été instruit de l'événement arrivé au prince de Hohenlohe, cherche pour se sauver à pénétrer par le Mecklemburg, ou à revenir sur ses pas; ainsi j'aurai le bonheur, je crois, de le trouver sur ma route. J'attends encore le rapport des reconnaissances que j'ai envoyées à Wittstock, à Zechlin et à Rheinsberg pour avoir plus de certitude sur la direction que la colonne ennemie aura prise en partant de Zechlin ; aujourd'hui à 2 heures après-midi il était encore dans ce dernier endroit. Demain au jour je serai en marche pour le chercher.

3e division, Brunn* ; — quartier général, 2e division, Wilsterhau sen; — 1" division, Neustadt; — parc, Tangermttnde.

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