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LE CHEF D'ESCADRON BOTER AU GÉNÉRAL BELLIARD

Anklam, 1er novembre 1806, 9 heures du soir.

En conformité des instructions que m'a laissées le général Beker, j'ai eu une entrevue avec M. le comte de Ltfwenhaupt, lieutenant de hussards, commandant les troupes suédoises sur la Peene ; je l'ai

1. De Friedland à Demmin, 44 kil. ; — de Sieden-Brûnrow à Demmin, 6 kil. ; — d'Uckermunde à Jarmen, 56 kil. ; — do Jarmen à Demmin, 90 kil.

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sommé de faire restituer sur-le-champ les effets que l'armée prussienne a réfugiés en Poméranie et notamment le trésor retiré dans l'intérieur de cette province ; je l'ai prévenu, d'après mes instructions, que l'armée française pénétrerait en Poméranie pour reprendre de vive force des objets devenus sa propriété d'après la capitulation ; cet officier, qui est fort jeune, m'a dit ne pouvoir me donner aucun renseignement sur ce qui faisait l'objet de notre entrevue, et je crois bien, mon général, qu'il n'est pas dans la confidence ; peut-être s'adresserait-on avec plus de succès à M. le baron d'Essen, gouverneur général de la Poméranie, mais je n'ai pas osé prendre sur moi cette démarche que j'avais d'abord résolue, mais que je diffère jusqu'à ce que vous m'ayez donné des ordres. Le général d'Essen réside à Stralsund à 16 lieues d'ici.

Les équipages des généraux Bila et de leurs colonnes doivent passer la Peene cette nuit pour suivre leur destination ; il m'a paru qu'il y avait du louche relativement aux fonds qui s'y trouvent ; j'ai ordonné à l'officier du 13e régiment de dragons qui est chargé de les escorter jusqu'à ce qu'ils aient rejoint la brigade, de tenir des bordereaux de ces fonds qui passent sur le compte des individus et qui pourraient appartenir aux régiments.

LE MARÉCHAL LANNES A L' EMPEREUR

Pasewalk, i«r novembre 1806.

J'ai eu l'honneur d'annoncer hier à V. M. 30 pièces de canon, 60 caissons, autant de chariots chargés de munitions, le tout attelé de 8 et 10 chevaux par voiture et 1,500 canonniers d'artillerie légère. En vérité, Sire, je n'ai jamais rien vu de plus beau que ces hommes. C'est un superbe parc. Je le fais partir d'ici ce matin et le dirige sur Spandau. Presque tous ces canonnière sont à cheval et marchent dans le plus grand ordre. V. M. I. pourrait, si elle voulait, les faire conduire en Italie. Je suis sûr qu'en mettant avec eux quelques officiers qui parlassent allemand, ces gens-là serviraient parfaitement. Je désirerais que V. M. vît ce convoi ; cela la déciderait à l'envoyer dans le royaume d'Italie.

Le grand-duc de Berg m'écrit qu'il compte joindre l'ennemi, c'est-à-dire le grand corps du duc de Weimar et de Blticher, avec le prince de Ponte-Corvo, dans la journée de

demain. Il a déjà fait quelques prisonniers de la queue de la colonne. D'après cet avis je rappelle toute la cavalerie légère que j'avais envoyée sur Boitzenburg et vais rassembler tout mon corps d'armée à Stettin.

On. a trouvé dans cette place plus de 200 pièces de canon sur leurs affûts et beaucoup d'autres de rechange, infiniment de poudre, de munitions et de magasins.

Je jetterai toute ma cavalerie légère sur la rive droite de l'Oder. Je ferai ramasser tous les blés et farines que je pourrai pour augmenter vos magasins ; je ferai faire des fours et autant de biscuit qu'il me sera possible.

La garnison de Stettin était de 6,000 hommes. Je la fais escorter sur Spandau par un régiment de la division Gazan. Il ne reste plus qu'un régiment à ce général. La division Suchet a fourni également beaucoup de monde pour l'escorte des prisonniers, de manière que mon corps d'armée est réduit à très-peu de chose.

Si Stettin offre assez de moyens pour habiller le soldat, je le ferai, car il est tout nu. On s'occupe de dresser l'inventaire de ce qui existe dans la place. J'aurai l'honneur de l'adresser à V. M.

En attendant je prie V. M. I. de me faire connaître ses intentions le plus tôt possible. Mon quartier général sera ce soir à Stettin.

J'ai fait lire hier la proclamation de V. M. à la tête des troupes : les derniers mots qu'elle contient ont vivement touché le cœur du soldat. Ils se sont tous mis à crier: Vive l'Empereur d'Occident ! Il m'est impossible de dire à V. M. combien ces braves gens l'aiment, et vraiment on n'a jamais été aussi amoureux de sa maîtresse qu'ils le sont de votre personne. Je prie V. M. de me faire savoir si elle veut qu'à l'avenir j'adresse mes dépêches à l'Empereur d'Occident et je le demande au nom de mon corps d'armée *.

5e corps: 2° division, quartier général, Stettin; — lre division r LScknitz ; — cavalerie légère, Môhringen.

1. Quelle flagornerie ! Le style de l'époque finit toujours par percer.

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LE MARÉCHAL BERNADOTTE A L'EMPEREUR

Kossentin, 1er novombre 1806, 8 heures après midi.

L'officier que V. M. m'a expédié le 28 octobre dernier1 m'a trouvé aujourd'hui à 3 heures du matin marchant sur Waren.

Conformément à l'ordre de V. M. je m'étais rendu d'abord à Gransee, mais ayant appris que l'ennemi s'était dirigé sur Lychen, j'avais résolu de l'y suivre. Cependant un des officiers envoyé pour communiquer avec le grand- duc de Berg et le maréchal Lannes, trouva à Zehdenick le général Suchet% et il en reçut l'assurance positive que déjà le Grandduc occupait Lychen. Je crus alors devoir me porter plus à gauche et j'arrivai à Ftirstenberg. L'ennemi avait passé par cette ville et de nouveaux renseignements annonçaient sa retraite sur Lychen. Je l'y suivis et je marchai sur ses traces jusqu'à Boitzenburg. Le général Blticher avait quitté ce dernier endroit pendant la nuit ; forcé de renoncer à gagner Prenzlow, il avait d'abord marché 2 lieues sur Fttirstenwerder, mais s'était enfin jeté tout à fait à gauche, se dirigeant sur Neu-Strelitz, Friedland, etc. Je changeai ma route en conséquence et je me portai sur Stargard et Neu-Brandenburg pour lui couper la retraite, tandis qu'un de mes régiments de cavalerie fut chargé de harceler son arrière-garde sur la route de Neu-Strelitz.

Après une courte halte à Neu-Brandenburg, j'ai continué ma marche sur Waren où j'ai enfin atteint la queue de tout le corps ennemi composé des colonnes réunies de Weimar et de Blticher et fort d'environ 25,000 hommes. Il se dirige depuis hier sur Plau et Ltibz ; je ne m'arrêterai plus que pour annoncer à V. M. l'anéantissement de ce reste de l'armée prussienne.

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