CAMP. DS PBUSMB. II
et les chevaux capturés en attendant que je puisse rassembler tous les matériaux qui doivent servira la rédaction d'un état de situation.
D'après le compte fait par cet officier, il existe indépendamment des 2 généraux, 1,200 et tant d'hommes de cavalerie montés et plus de 1,500 hommes d'infanterie dont 1 bataillon de 700 grenadiers, 1 drapeau et 4 pièces de canon attelées.
Le nombre d'officiers excède de beaucoup celui des soldats, et sur la quantité plusieurs sont restés en arrière pour attendre les équipages qu'ils avaient envoyés à l'île d'Usedom, et sur la reprise desquels ils fixent toute leur attention.
LE OHBF D'EBCàDUOK BOTEE AU GENERAL BELLIAED.
Anklam, 2 novembre 1806.
Votre lettre pour le chef d'escadron Daiguillon arrivera trop tard. Les caisses dont j'ai eu l'honneur de vous parler sont parties depuis minuit et doivent avoir dépassé Friedland ; elles étaient sous l'escorte d'un détachement du 13e régiment do dragons, commandé par un officier qui avait ordre de les attendre et avec qui sont partis les équipages déjà arrivés.
Je vais passer en Suède avec 25 hommes pour reconnaître la marche de l'ennemi qui, d'après les renseignements que j'ai, passe dans l'île d'Usedom, principalement par Wolgast; mais il n'a plus que des colonnes d'équipages à qui j'ai fait dire par le major Langvert que je leur accordais la, même capitulation qu'à lui. Elles arriveront demain; mais, mon Général, veuillez me donner des ordres sur ces chevaux et bagages.
LE OBEF D'EBCADBOK DÉET AU GRAND-DUO DE BBEO.
Wolgast, 8 novembre 1806.
J'ai l'honneur de vous faire passer ci-joint la capitulation passée entre le lieutenant-colonel de Prittwitz et moi ! . Il se trouve en ce
l. Capitulation de la garnison do Wolgast entre le lieutenant-colonel et intendant M. de Prittwitz et M. Déry, lieutenant-colonel, aide de camp de 8. A. I. le grand-duc de Berg.
Art. 1er. — La garnison de Wolgast, composée des dépôts des régiments de l'armée prussienne, est prisonnière de guerre ; elle sortira demain à 9 heures de la place, déposera les armes sur le glacis et remettra tous les chevaux, fourgons et autres effets appartenant à S. M. le roi de Prusse.
s. — MM. les officiers des différents régiments conserveront leurs armes,
moment à Wolgast environ 2,000 hommes de tontes armes, 84 officiers et 4,000 à 5,000 chevaux de dragons, hussards et de caissons. Le trésor du Roi de 10 millions avait déjà filé depuis 6 jours par Anklam. Je n'ai trouvé à Wolgast qu'une caisse de régiment contenant 1,000 fr. en petite monnaie. Demain je ferai partir pour Anklam toutes les voitures, les chevaux et les hommes. Je vous prie, Monseigneur, de vouloir bien faire donner des ordres au commandant de la place d' Anklam pour que tout soit dirigé sut un point que vous désignerez. Je laisserai pour l'escorte de ces équipages 50 hommes pris dans les 2 détachements de dragons et de hussards ', et demain je tâcherai de rejoindre V. A. I. à Demmin avec le reste de ma troupe.
M. Déry ne parle pas dans son rapport des détachements qui l'accompagnaient, et le capitaine Guérin commandant le détachement de dragons n'a pas l'air de son côté de s'être trouvé sous les ordres de M. Déry. Ce sont des exemples fâcheux sur lesquels il est bon d'appeler l'attention pour qu'ils ne se renouvellent jamais.
RAPPORT DU DÉTACHEMENT DU CAPITAINE GUERIN, DU 10e DE DRAGONS, PARTI DE DEMMIN LE 2 NOVEMBRE AVEC 50 HOMMES DU RÉGIMENT ET 50 HOMMES DU 11*1.
Ce détachement est parti de Demmin à 2 heures du matin, s'est dirigé sur Wolgast (Poméranie suédoise), marchant à la poursuite des bagages de l'armée prussienne.
Le détachement est arrivé à nuit close près de Wolgast, est tombé sur les avant- poste s ennemis, les a fait prisonniers ; aussitôt les avant-postes enlevés, le capitaine Guérin détacha M. Coulon, sous-lieutenant du régiment, avec un trompette, pour aller sommer
chevaux et bagages ; Us s'engageront sur leur parole d'honneur à ne pas servir contre S. M. l'Empereur et Roi jusqu'à parfait échange ; ils recevront dos passeports pour retourner dans leurs foyers. Les valets de pied retourneront chez eux.
s. — Toutes les caisses des régiments, celles appartenant au Roi et celles qui peuvent se trouver dans l'île d'Usedoin seront remises fidèlement.
Fait à Wolgast, le 2 novembre.
PaiTTWITB. DfiRT.
1. Détachement do dragons parti de Demmin et détachement de hussards parti de Jarmen. Voir pour ce dernier détachement Tordre du général Lasalle, page 618.
s. Détachement pris en nombre égal dans les a régiments de la brigade.
le corps ennemi de se rendre. Cette sommation fut acceptée; 800 hommes de divers dépôts de cavalerie de toutes armes, 1,500 hommes d'infanterie de divers corps, formant des petits dépôts, et 300 caissons ou voitures attelées furent le résultat de cette affaire.
Les avant-postes ennemis ayant été surpris ne purent résister ; quelques coups de carabine furent tirés de part et d'autre. Le capitaine Guérin eut son cheval blessé d'une balle et en périt le lendemain.
Le colonel Dommanqet, du 10° de dragons.
OBDBE.
Le général Dupont partira de Malchow aujourd'hui 2 novembre pour se rendre directement à Samoter-Krug passant par Àlt-Schwerin •.
Le général Dupont partira à 9 heures et demie de la position qu'il occupe actuellement.
Général L. Berthjbb.
C'est un lieu de rassemblement ou le général Dupont recevra des ordres pour continuer son mouvement. — On ne peut pas trouver d'ordre de mouvement plus concis.
LE MARÉCHAL BERNADOTTE A L'EMPEREUR
Samoter-Krug, a novembre 1806.
Comme j'ai eu l'honneur de l'annoncer hier à V. M., j'ai rencontré l'ennemi en avant de Waren ; il n'a montré que la cavalerie, et à peu près 1,500 chevaux ; je les ai fait attaquer par la mienne, et après l'échange de quelques coups de canon et quelques petites charges, ils se sont retirés sur Jabel où ils ont pris position sur les hauteurs avec assez d'infanterie. Aussitôt que la nôtre a été arrivée, j'ai dirigé quelques compagnies de voltigeurs • pour enlever ces hau-
1. De Malchow à Alt-Schwerin, 7 kil.j — d'Alt-Schwerin à Samoter-Krug,. 5 kil.
S. Toujours les tirailleurs.
teurs ; cela a été fait de suite ; mais derrière ce village se trouvait un bois fort long et un défilé très-difficile; 2 ponts, les seuls passages qui existassent, étaient rompus et l'ennemi a paru vouloir défendre la tête du bois ; j'ai de suite fait avancer 2 régiments précédés par quelques compagnies de voltigeurs ; bientôt nous avons été maîtres de la tête du bois $ mais comme ce bois était très-profond, les Prussiens ne l'ont cédé que pas à pas et en faisant toujours bonne contenance ; arrivé à Silz, l'ennemi s'est établi dans ce village, appuyant sa droite au lac de Fleesen, et prolongeant sa gauche vers Nossentin auprès de grands marais. Là, couvert par un défilé, son infanterie, occupant sur toute la ligne un rideau très-avantageux, et soutenu par une artillerie assez nombreuse, a disputé ce passage avec une grande opiniâtreté ; après une très-vive fusillade, nos troupes se sont précipitées sur tout ce qui était dans le village, et l'ennemi a été culbuté; il s'est rallié derrière sa cavalerie qui, au sortir du débouché, se trouvait en bataille dans une assez belle plaine ; la nôtre, au contraire, n'a pu sortir du défilé qu'avec beaucoup de peine, et dès lors les Prussiens ont eu le temps de prendre une nouvelle position en arrière de Silz * ; je les y ai fait attaquer. Ils ont encore été chassés -, nous les avons poursuivis jusqu'à Neu- et Alt-Sparow, où la nuit nous a surpris; l'obscurité nous a empêchés de les pousser plus loin. Nous leur avons fait perdre beaucoup de monde ; à l'exception de
1. Remarquer que l'ennemi déguerpit toujours avant d'être chargé. C'est là le rôle de l'arriêro-garde : tenir des positions successives pour forcer l'ennemi à faire des dispositions d'attaque qui le retarderont ; faire mine d'accepter le combat pendant qu'une partie de l'arriére-garde prend une position plus en arriére ; se dérober tout à coup sans se laisser entamer en se repliant sous la protection des troupes qui occupent celte nouvelle position ; gagner ainsi la fin de la journée et 111er ; ne prendre position que tard dans l'aprèsmidi pour éviter d'être obligé d'accepter le combat ; no jamais donner à l'ennemi le temps d'exécuter les mouvements débordants qui l'amèneront sur vos flancs ; voilà la manœuvre. — On peut faire ce métier-là pendant plusieurs jours ; avec des troupes marchant très-bien et ayant bon moral on peut faire une belle retraite. Mais il faut qu'à la fin de cette retraite on soit assuré de trouver un appui sans lequel on succombe infailliblement. Le général doit avoir une grande fermeté de caraciôre et savoir inspirer à ses troupes son calme et son sang-froid. — Cette manœuvre a besoin d'être apprise ; on doit la pratiquer pendant les manœuvres du temps de paix.
notre dernière attaque qu'ils n'ont pas beaucoup soutenue, ils se sont battus avec courage. Le corps de Weimar, qui n'avait pas donné dans la campagne, a été constamment en première ligne. Si j'avais eu 2 heures de jour de plus, je suis certain que nous aurions eu la moitié de cette colonne. Le maréchal Soult était arrivé avec toute sa cavalerie légère ; il avait, de son côté, poursuivi la colonne du duc de Weimar qui venait de se réunir à Waren à celle du général BlUcher. Ce sont les troupes de ces 2 généraux que noua avons combattues. Je pense, cependant, qu'elles n'étaient pas toutes là; l'ennemi n'a pas montré plus de 12,000 à 14,000 hommes. Il n'y a pas plus de 6,000 des nôtres qui aient donné. Nous avons eu tout au plus 200 hommes hors de combat. Quelques officiers ont été tués ou blessés.
Un événement qui a failli m'être funeste, a encore empêché que nous n'ayons une colonne de 4,000 hommes. Le jour allant totalement disparaître et cette colonne se retirant, je la fis vivement serrer par le général Dupont. En même temps j'appelai le 5e régiment de chasseurs pour lui couper la retraite du bois. Ce corps emporté par son impétueuse audace, forma ses escadrons au galop et obliqua trop à gauche. Voulant rectifier ce mouvement rapide, je fus renversé avec mon cheval et le régiment me passa sur le corps. Il trouva, un moment après, un large fossé qui le força à se jeter à droite, mais l'ennemi avait déjà gagné le bois.
Nous lui avons fait dans la journée près de 1 ,000 prisonniers et pris une grande quantité de bagages.
L'ennemi se retire sur Schwerin ; nous ne lui donnons pas un moment de répit ; il e6t harcelé à chaque instant ; mais la faiblesse de ma cavalerie m'empêche de profiter aussi vite que je le voudrais des avantages qui peuvent se présenter ; l'ennemi a considérablement de cavalerie ; il nous a fait voir hier plus de 3,000 chevaux, et la mienne ne va pas à plus de 750.
Je me suis entendu avec le maréchal Soult ; nous marchons tous deux de concert ; il manœuvre sur la rive droite de l'Elde et moi sur la rive gauche, en nous dirigeant sur
Schwerin, tant que nous saurons que l'ennemi prend cette direction ; je serai ce soir à Welzin en avant de Lttbz et Passow et je pousse une division à Granzin.
Quoique j'aie eu pendant 3 jours le corps du duc de Weimar sur mes derrières, nous n'avons pas perdu une seule voiture de bagages.
Le 2 au matin on marcha à la poursuite de l'ennemi qui s'était retiré dans la nuit vers Schwerin et s'était posté à Kladrum et Prestin.
A la nuit le corps d'armée prit position la cavalerie légère et la division Drouet à Granzin ' ; — la division Rivaud à Benthen ; — la division Dupont à Passow et en avant ; — le quartier général à Welzin.
La division Drouet fut encore obligée pour s'établir à Granzin d'en déloger de nuit l'ennemi ; elle 7 prit 1 major, 300 hommes et 1 obusier.
Des partis de cavalerie couraient la nuit toutes les routes pou r connaître quelle direction l'ennemi prenait. Le général Blttcher, ne voulant que retarder sa perte et n'ayant aucune ligne d'opérations forcée, pouvait se jeter où il le jugerait convenable ; ainsi on avait toujours à craindre de faire de faux mouvements qui lui donneraient du temps ; comme à cette époque ce qui pouvait arriver de plus heureux à l'ennemi eût été de repasser l'Elbe pour se jeter dans le Hanovre et peut-être plus loin, le prince de Ponte-Corvo dans ses manœuvres eut toujours pour but de lui en ô ter la facilité. (Journal des opérations du 1er corps.)
Voir le rapport du 4 novembre du maréchal Bernadotte à l'Empereur.
ORDRE
Conformément aux ordres du Prince, le général Dupont prendra position aujourd'hui 2 novembre à Passow. Il est prévenu que le quartier général du Prince sera établi à Welzin à une demi-lieue en avant de ce village ainsi que les 2 autres divisions.
Général L. Bbbthieb.
t. De Samoter-Krug à Passow, 19 kil. ; — de Passow à Benthen, s kil. ; — do Benthen à Granzin, 4 kil. et demi.
1" COBPS D'AEMiE. OEDBE.
Quartier général à Welzio, a novembre 1806.
Le Prince maréchal désirant mettre un terme aux excès que commettent journellement quelques mauvais sujets répandus dans les régiments du corps d'armée, invite MM. les officiers généraux et chefs de corps à faire connaître aux troupes que les hommes qu'ils feront arrêter pillant des effets ou enfonçant des portes et armoires, seront jugés de suite par une commission militaire que le Prince nommera, et exécutés sur-le-champ '.
8. A. ordonne expressément à MM. les généraux commandant les colonnes de faire mettre pied à terre aux soldats d'infanterie montés sur des chevaux et de rendre les colonels responsables des ordres qu'ils voudront bien renouveler à cet égard.
Le Prince recommande aux généraux cette exactitude et cet ensemble dans les opérations au moyen desquels on peut terminer promptement une campagne qui ne pourrait être désormais prolongée que par la négligence dans l'exécution des ordres donnés, et particulièrement pour ce qui concerne les heures fixées pour le départ, ordre qui doit toujours être regardé comme de rigueur, puisque les retards pourraient faciliter à l'ennemi qui se retire les moyens d'échapper à notre poursuite.
Le Maréchal Prince de Ponte- Corvo, Bebnadotts.
1er corps d'abmeb.
OBDBE DE MABOHE DU 3 N0YSMBBB.
Quartier général à Welzin, a novembre 1806.
Le 1er corps d'armée se réunira demain à Kladrum * ; le général Watier ouvrira la marche avec les 2 régiments de hussards et partira à 6 heures et demie précises.
Le général Drouet suivra son mouvement et partira à 7 heures.
Le général Rivaud aura sous ses ordres le 5e de chasseurs auquel
1. Dés rentrée en campagne, toutes les mesures devraient être prises pour le fonctionnement immédiat des commissions militaires. Cette mesure préventive contribuerait puissamment au maintien de la discipline.
s. De Granzin à Kladrum, 12 kil.
il transmettra ses ordres pendant la nuit afin qu'il parte avec lui à 6 heures et demie précises, et suivra la division Drouet.
Le général Dupont marchera sur la même route et partira à 6 h. du matin.
Les divisions Dupont et Rivaud se dirigeront premièrement sur Granzin, et suivront la route qu'a tenue le général Drouet par Grebbin, Kossebade et Kladrum, où ils recevront de nouveaux ordres.
Les équipages des divisions parmi lesquels il ne devra y avoir absolument que les voitures des généraux suivront immédiatement la queue de chacune de leurs divisions. Toutes autres voitures ne devront partir qu'une heure après les équipages de la dernière division.
Le général Eblé donnera des ordres aux parcs des divisions, Testés à Neu-Brandenburg, de se diriger sur Waren, Plau, Liibz et Schwerin.
P. 0. du Prince de Ponte-Corvo, Le Général de division L. Berthieb.
LE MARÉCHAL SOULT A L'ëMPEREUR.
Plau, a novembre 1806, 10 heures du soir.
Dans les 3 derniers jours le corps d'armée a fait des marches forcées pour joindre l'ennemi et pendant ce temps il ne m'a pas été possible de m'arrêter un instant pour rendre compte à V. M. des mouvements qui s'exécutaient, ni des motifs qui m'ont déterminé à les faire opérer. Je reprendrai donc dans ce rapport tout ce qui a eu lieu depuis mon départ de Wusterhausen.
Dans la nuit du 30 au 31 octobre, il me fut rendu compte que le parti que j'avais envoyé à Wittstock s'était emparé dans cette ville d'un équipage de pont de l'ennemi, ainsi que de beaucoup de bagages, et que tout ce qu'il y avait de troupes là était parti la veille pour se diriger en grande hâte sur Mirow.
Les reconnaissances envoyées sur Bheinsberg me firent le rapport que l'ennemi se dirigeait sur Strelitz et qu'il y avait un camp à Zechlin.
Je donnai immédiatement ordre au corps d'armée de se mettre en marche et je le dirigeai sur Zechlin où le 31 au soir il prit position. L'arrière-garde de l'ennemi en était partie le matin se rendant à Mirow et de là sur Strelitz ; mon avant-garde la joignit et lui prit 200 hommes.
Le mouvement de l'ennemi sur Strelitz étant bien prononcé, hier 1er novembre je mis en marche le corps d'armée et le dirigeai sur Mirow où il me fut rendu compte que l'ennemi s'était rallié à Speck et y était encore pendant la nuit; r avant-garde se mit à sa poursuite , et le corps d'armée suivit. Le soir les divisions arrivèrent à Waren1.
A Speck l'avant-garde joignit l'ennemi et le mena rondement jusqu'à Waren ; dans ce mouvement elle lui prit 300 hommes. En arrivant à Waren, 3 escadrons (350 chevaux) se trouvèrent compromis; le général Guyot les prit dans leur entier; il s'y trouva 1 colonel, 2 majors et 20 autres officiers, la plupart dragons de la Reine.
Une heure après l'arrivée de l'avant-garde à Waren, le général Savary, aide de camp de V. M., ayant avec lui 2 régiments de hussards, et le corps d'armée de M. le maréchal Bernadotte débouchèrent de la route de Neu-Brandenburg ; dès lors les troupes se confondirent et marchèrent immédiatement à l'ennemi qui montrait 5,000 à 6,000 hommes en arrière de la ville ; la cavalerie du corps d'armée exécuta une charge et prit encore 200 hommes *, mais, arrêtée par l'infanterie ennemie qui tenait un bois et un défilé, elle dut attendre que celle de M. le maréchal Bernadotte fût arrivée pour marcher de nouveau à l'ennemi.
Aussitôt que cette dernière infanterie fut formée, le Prince de Ponte-Corvo fit ses dispositions ; l'ennemi fut attaqué et renversé sur tous les points. Dans la poursuite qui eut lieu jusqu'à Alt-Schwerin, divers corps ennemis, entre autres
1. De Zechlin à Wareu par Mirow, ltf fortes lieues dans les sables sans s'arrêter. (Journal du 4e corps.)
a. Le »*• régiment de chasseurs se distingua particulièrement dans cette charge, et le lendemain il reprit une vingtaine de prisonniers que l'ennemi lui avait faits. (Journal du 4e corps.)
les hussards d'Usedom et une colonne d'infanterie, furent coupés ; maiê la nuit étant survenue, M. le maréchal Bernadotte ne put pas, dans l'obscurité qui régnait, recueillir le fruit de ses succès.
Pendant la nuit l'ennemi a opéré sa retraite sur Passow et Ltibz, annonçant ainsi le projet de se reporter sur l'Elbe, ou d'aller prendre position en arrière du lac de Schwerin.
Dès la pointe du jour les 2 corps d'armée se sont remis en marche ; celui commandé par le Prince de Ponte-Corvo s'est dirigé sur Weisin et le 4e corps a pris par Plau pour se rendre à Ltibz où l'avant-garde s'est arrêtée portant des partis sur Parchim et dans la direction de Schwerin *.
L'ennemi n'a pas été rencontré de la journée dans la direction que j'ai prise, quoique nous suivions ses traces, et d'après le rapport des déserteurs qui nous sont arrivés, il paraîtrait qu'il s'est élevé afin de reprendre la grande route de Schwerin, ou peut-être pour marcher sur Gttstrow, et de là aller dans la Poméranie suédoise; mais dans ce cas sa perte serait beaucoup plus prompte, car il donnerait dans la cavalerie de S. A. le grand-duc de Berg qui doit être du côté de Schwaan.
Il est bien positif que l'ennemi a eu intention de se reporter sur l'Elbe pour repasser ce fleuve et de là marcher en Hanovre ; je ne sais même pas s'il a renoncé à ce projet, car le moindre mouvement qui menace un de ses flancs le fait changer de direction. Celui que j'ai fait dans le jour vers Parchim semble l'avoir redressé ; demain peut-être il sera à Neustadt, et c'est dans cette persuasion que je vais me diriger sur Parchim afin de le prendre en flanc s'il occupe la position de Schwerin et en même temps l'empêcher de passer l'Elbe, ou pour lui ôter tout moyen de retour si, après s'être élevé vers Sternberg ou Gttstrow, il voulait encore revenir.
l. Le S au malin le 4e corps se dirigea par Alt-Schwerin sur Plau et Lùbz.... ....Los divisions d'infanterie campèrent en avant de Plau. (Journal du 4e corps.) — D'AU-Schwerin à Plau, il kil.
4e division de dragons, en roule pour rejoindre, bivouac à Wend-Prieborn, 18 kil. an sud de Plau.
Le concert d'opérations qui est établi entre M. le maréchal Bernadotte et moi, doit assurer V. M. que bientôt nous aurons à lui rendre compte de la destruction de ce qui reste d'ennemis entre l'Elbe, la Baltique et l'Oder, mais elle considérera sans doute comme très-avantageuse pour ses armes que la jonction du 4e corps avec le 1er se soit opérée ; car l'ennemi ayant au moins 30,000 hommes de réunis depuis qu'à Waren les colonnes du duc de Weiinar et du général Blticher se sont confondues, M. le maréchal Bernadotte n'eût pas été en force pour l'attaquer, et il paraît que le général Blticher qui commande en chef cette réunion de troupes est décidé à se défendre jusqu'à toute extrémité ; au moins hier il l'a prouvé en défendant, le terrain avec opiniâtreté avec une arrière-garde de 10,000 à 12,000 hommes dont près de 4,000 de cavalerie.
Les rapports que je recevrai pendant la nuit me décideront sur la direction à donner au corps d'armée en partant de Lttbz, mais elle sera toujours par la ligne la plus droite pour joindre l'ennemi et l'obliger, si on ne peut l'avoir autrement, à en venir à une affaire générale.
L'ennemi fait monter la réunion de ses troupes à 40,000 hommes, mais d'après les calculs les plus exacts je ne crois pas qu'il en ait plus de 30,000 qui se composent de la colonne du duc de Weimar, de celle du général Blticher et de la partie de celle du prince de Hohenlohe qui a pu s'échapper.
Le duc de Weimar a quitté le commandement il y a 5 jours en partant de Wittstock, et il l'a remis au général Werning, disant que sa Maison ayant fait la paix avec V. M. il pourrait jouir de ses avantages.
J'ai dû faire un grand détour pour joindre l'ennemi, mais je suivais les traces de la colonne du duc de Weimar que j'étais même parvenu à atteindre et ignorant la position du 1er corps d'armée à Strelitz et à Neu-Brandenburg, je ne pouvais éviter de m'engager sur la droite du lac Mttritz, car ce n'est qu'à Speck, mon avant-garde étant déjà à Waren, que j'ai appris que la veille, l'ennemi en se présentant à
Strelitz y avait rencontré une reconnaissance des troupes de V. M. qui l'avait fait revenir subitement sur ses pas et prendre la direction de Waren. Du reste étant de jour en jour plus resserré, il lui devient tous les jours plus difficile d'échapper.
OBDRE.
Plau », 2 novembre 1806.
Les 3 divisions d'infanterie partiront demain à 5 heures du matin de leur bivouac et se dirigeront sur Lîibz *, où elles recevront de nouveaux ordres pour continuer le mouvement.
Les divisions marcheront dans le même ordre qu'aujourd'hui. MM. les généraux devront avoir rallié pour l'heure du départ leur artillerie pour qu'elles marchent dans l'ordre accoutumé.
La compagnie d'artillerie du capitaine Hubert joindra demain la division de cavalerie légère à Liibz ou en avant de cette ville.
Le général Lariboisière fera diriger le parc d'artillerie sur Wittstock et Freyenstein, où il lui sera donné de nouveaux ordres.
Si les équipages n'avaient pas dépassé Mirow3, ils suivraient la
1. LB GÉNÉRAL COMPAH8 AU PAYEUR PRINCIPAL DU 4e CORPS d'aRMSE.
Plau, 2 novembre 1806.
S. Exe. M. le maréchal Soult commandant en chef vient d'être prévenu par S. A. le prince Ministre de la guerre qu'une somme de 150,000 fr. en monnaie de Prusse, pour paiement de 2 mois de frais do bureau extraordinaire aux chefs des états-majors, était tenue en réserve dans la caisse du payeur général de la Grande Armée. — Je vous invite, M. le payeur, à demander de suite au payeur général que les fonds nécessaires pour acquitter ces 2 mois de frais de bureau vous soient envoyés, et à me prévenir lorsqu'ils seront à votre disposition, à l'effet que je puisse, ainsi que les chefs d'état-major des divisions, toqcher les fonds qui me sont accordés.
Circulaire aux chefs d'état-major des divisions.