De Plau à Lûbz, 16 kil
Plau, 2 novembre 1806.
Il est ordonné au sieur...., maréchai-des-logis au 16» de chasseurs, départir de suite pour porter à Waren une dépêche à M. le chef de bataillon Menu, commandant en cette ville.
Il est en outre ordonné à ce maréchal-des-logis, aussitôt sa dépêche remise, de partir de Waren pour aller au-devant des équipages de M. le Maréchal commandant en chef et remettre une lettre à M. le chef de bataillon Armant, vaguemestre général.
Pour cet effet le maréchal-des-logis se rendra à Mirow et plus loin sur la route qu'a tenue le corps d'armée, dans le cas qu'il ne trouverait pas les
route de Freyenstein. Les prisonniers de guerre qui sont à Waren seront dirigés sur Spandau en passant par RCbel, Rheinsberg, Alt- Ruppin, Fehrbellin et Spandau, et il sera donné une garde suffisante
conformément à l'ordre du , et elle sera prise parmi les
gens écloppés réunis à Waren. Le surplus des gens écloppés ou traîneurs, sous les ordres du chef de bataillon Menu, partira demain de Waren pour joindre le corps d'armée en passant par Plau et Liibz, où il lui sera donné de nouveaux ordres.
Le chef de bataillon Menu aura pour instruction de ramasser tous les traîneurs, de les réunir en corps et de suivre le corps d'armée en exécution des ordres qui lui ont été adressés à Waren.
Il sera donné ordre au bataillon qui était à la garde du parc d'artillerie de rejoindre sa division par Wittstock, Freyenstein et Liibz.
MaI Soult.
LE GÉNÉRAL SAVARY AU MAJOR GENERAL
Wangelin, 2 novembre 1806, midi.
J'ai eu l'honneur d'écrire à V. A. de Neu-Strelitz l par le retour de M. de Canisy, écuyer de l'Empereur. Je me suis
équipages à Mirow. Le maréchal-des-logis rejoindra avec les équipages et apportera un reçu de M. le chef de bataillon Menu, portant la date et l'heure à laquelle il aura remis sa dépêche.
Sur sa route d'ici à Waren et de cet endroit à Waren, le maréchal-des-logis prendra des renseignements sur les équipages de H. le Maréchal afin de les joindre au plus tôt.
G*i Gokpams.
LK aAïrtRÀL COKPAN8 AU CHEF DE BATAILLOH MEKU.
Plau, 8 novembre 1806.
En exécution des ordres de M. le Maréchal commandant en chef, il vous est ordonné de faire partir demain S tous les prisonniers et déserteurs dont vous oies chargé, pour Spandau, en passant par Rôbel, Rheinsberg, Alt-Ruppin, Fehrbellin et Spandau ; vous les ferez escorter par une garde commandée parun capitaine et composée de 1 homme à raison de 8 prisonniers ; celle garde sera prise parmi les hommes écloppés que vous avez dû réunir à Waren.
Vous partirez également demain de Waren avec la compagnie de voltigeurs du 18e de ligne et tous les traînards du corps d'armée que vous aurez ramassés; vous amènerez avec vous les chevaux de prise qui vous ont été confiés et vous en ferez prendre le plus grand soin par les militaires qui sont sous vos ordres.
Vous viendrez coucher demain avec toute votre troupe à Plau où vous recevrez de nouveaux ordres pour continuer le lendemain votre marche.
Les officiers prussiens dont je vous ai laissé les noms suivront leur troupe sur Spandau.
De Waren à Plau par Nossentin et AU-Schwerin, 40 kil.
1. Lettre de Neu-Strelitz, 81, 9 heures du soir. Voir page 670.
mis en marche de Neu-Strelitz hier et suis venu par Kratzeburg où j'étais à 6 heures et demie du matin ; j'y ai appris la réunion des corps de Blticher et de Weimar qui s'était opérée la veille à cet endroit même et qui ensuite avaient marché sur Waren où je suis arrivé vers 10 heures. Il venait de se passer échauffourée de l'autre côté de la ville entre la cavalerie légère du maréchal Soult, du maréchal Bernadotte et celle de l'ennemi qui depuis 10 heures jusqu'à 1 heure ramena 3 fois différentes toute notre multitude sans ordre jusque sur un défilé que nous avions mis derrière nous sans en avoir garni la tête avec de l'infanterie, et tout cela faute d'attendre un quart d'heure l'arrivée de la division Dupont qui était à portée. Je ne fus point témoin de ces mauvaises dispositions, mais les colonels des régiments de chasseurs qui s'y trouvaient m'en rendirent compte, particulièrement celui du 22' qui y fut blessé d'un coup de sabre. J'entrai en ligne vers les 2 heures ; la cavalerie prussienne était dans une très-belle plaine à la gauche de Jabel en nous faisant face ; on ne pouvait y arriver que par un défilé formé par un bois et un lac ; les hauteurs de Jabel étaient couronnées de beaucoup d'infanterie et de beaucoup d'artillerie.
Je crus devoir me ranger sous les ordres du Prince de Ponte-Corvo qui ajouta à ma colonne de cavalerie le 9' régiment d'infanterie légère et 3 pièces de canon ; il me donna sa droite par conséquent. Je fus chargé de passer ce défilé et d'attaquer la cavalerie prussienne qui était en vue. Il marcha avec la division Dupont, celle de Drouet, sa cavalerie, celle du maréchal Soult, sur Jabel, où il s'engagea une vive fusillade.
Je me hâtai de passer mon défilé avec les éclaireurs du 9e régiment que je jetai à la lisière du bois et je les fis suivre par mes 3 pièces d'artillerie autrichienne. Le 9° régiment qui devait suivre, après avoir passé le même défilé, reçut ordre de changer de direction et de marcher par Jabel sur sa gauche. Je marchai moi à la tête de ma colonne d'éclaireurs et attaquai tout de suite cette cavalerie prussienne et je me disposais à la faire talonner par mes 2 régiments,
lorsqu'un officier d'état-major me les détourna maladroitement pour les faire marcher aussi sur Jabel; j'allai moimême les chercher et les ramener au point où je faisais attaquer mes éclaireurs et les 3 pièces d'artillerie vers Grabow1 et Sommerstof sur le grand chemin par Grttbenhagen à Gtlstrow. J'avais acculé sur le défilé de Sophienhof 3,000 hommes d'infanterie et 2 pièces de canon abandonnée» et c'est au moment de les faire sabrer que ce malheureux officier d'état-major m'avait enlevé mes 2 régiments; j'eus donc la douleur de voir passer à la portée de ma mitraille cette colonne de fuyards, fusillant cependant, sans avoir un cheval pour les faire poursuivre. Je les fis canonner et ils ripostèrent après avoir passé le défilé de Sophienhof.
Je fis supplier le maréchal Bernadotte de me rendre 1 bataillon d'infanterie et à la chute du jour il m'envoya le général Werlé avec le 27e d'infanterie légère. Je marchai alors avec ce régiment, 3 pièces de canon et ma cavalerie sur le grand chemin de Grubenhagen par une nuit obscure à travers une grande plaine, suivant à la piste les fuyards prussiens que je chassais devant moi ; je me dirigeai sur Wangelin où je coupai une colonne qui se retirait de l'affaire de Jabel à travers les lacs; elle s'éparpilla et je suis occupé depuis ce matin à la pointe du jour à la faire rechercher. Hier à la nuit tombante mes éclaireurs de droite firent prisonnier ' 1 officier des hussards de Usedom, qui se trouve être le fils du général Schimmelpenning et aide de camp du général Usedom ; il avait été envoyé par son général près du général BlUcher pour lui demander des ordres au moment où il avait entendu la canonnade ; il m'apprit que le corps du général Usedom fort d'environ 1,000 chevaux et 2,000 hommes d'infanterie avec quelques pièces de canon avait passé la nuit précédente à Rambow, que c'était de là d'où il était parti pour se rendre chez M. de BlUcher et afin de savoir s'il fallait continuer de marcher sur Gross Luckow et Grttbenhagen, ou bien se rendre à l'action qu'il entendait. Les papiers trouvés dans