‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 316 sur 412 · LANNES · texte numérisé non relu

LANNES

Le Roi est passé à Stargard le 30 octobre ; il s'était d'abord dirigé sur Colberg ; mais ne s'y croyant pas en sûreté, il s'est dirigé sur Graudenz, où il est actuellement. La Reine a passé ici à Stettin il y a environ 15 jours. Elle se trouve en ce moment avec le Roi.

LE MARÉCHAL LANNES A L'EMPEREUR

Stettin, s novembre 1806.

J'ai reçu la lettre que V. M. m'a fait l'honneur de m'écrire ; il m'est impossible de lui rendre le plaisir qu'elle m'a

fait éprouver. Je désire rien tant au monde que d'être sûr que V. M. sache que je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour sa gloire.

J'ai fait part à mon corps d'armée de ce que V. M. a bien voulu me dire pour lui. Il serait impossible de peindre à V. M. le contentement qu'il a ressenti. Une seule parole d'EUe suffit pour rendre tous les soldats heureux.

3 hussards s'étaient égarés hier du côté de Gartz ; ils se sont trouvés au milieu d'un escadron ennemi ; ils ont couru à lui en le couchant en joue et lui disant qu'un régiment le cernait, qu'il fallait sur-le-champ mettre pied à terre. Le commandant de cet escadron a fait mettre pied à terre et a rendu les armes à ces 3 hussards, qui ont conduit ici l'escadron prisonnier de guerre.

J'aurais désiré connaître les intentions de V. M. pour savoir si j'aurais pu porter la division Suchet à Stargard l et la cavalerie en avant. Par ce moyen nous eussions économisé les vivres de la place de Stettin, auxquels cependant je n'ai pas encore touché 5 les soldats sont cantonnés dans les environs et vivent chez les habitants.

J'ai fait aujourd'hui le tour de la place avec le général Chasseloup ; il la trouve mauvaise ; je crois aussi qu'il faudrait y dépenser beaucoup d'argent pour la mettre en état de défense. Nous avons été à Damm; c'est une superbe position naturelle ; on n'y arrive que par une chaussée d'une lieue et demie sur laquelle se trouvent au moins 40 ponts. Je pense que si V. M. veut aller en avant, elle rendra cette position inexpugnable.

On vient de m'annoncer que le Roi avait très-maltraité les messieurs qui l'entouraient et qui lui avaient conseillé la guerre ; qu'on ne l'avait jamais vu aussi en colère, qu'il leur avait dit qu'ils étaient des coquins et qu'ils lui avaient fait perdre la couronne, et qu'il ne lui restait d'autre espoir que d'aller trouver le Grand Napoléon, et qu'il comptaît sur sa générosité.

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