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RAPPORT JOURNALIER SUR LE BLOCUS DE MAGDEBUBO

Schônebeck, 2 novembre 1806.

Les 26, 27 et 28 ont été employés à contraindre les postes avancés de l'ennemi sur les 2 rives de l'Elbe à se retirer immédiatement sous le canon de la place ; dès lors le blocus a été complet.

L'ennemi a beaucoup canonné sur nos postes; mais, comme ils sont retranchés, il n'y a eu ni tués ni blessés.

Le 29 même canonnade de la part de l'ennemi sur les postes du général Vandamme, retranchés à portée de fusil de Neustadt: ni tués ni blessés.

Dans la nuit du 29 le général Vandamme a fait tirer une trentaine d'obus qui sont tombés dans la ville sans y mettre le feu. L'ennemi a répondu avec sa grosse artillerie, mais sans aucun effet.

Le 30 et le 31 ont été employés à enlever quelques petits postes ennemis ; on a pris une trentaine d'hommes, tué ou blessé le même nombre. Nous avons eu 2 hommes tués et 3 blessés.

Le 31 l'ennemi a fait une sortie par Friedrichstadt, rive droite de l'Elbe ; elle était composée d'environ 600 hommes d'infanterie, 50 cuirassiers et 2 pièces de canon. L'ennemi, après s'être mis en bataille entre Crakau et Prester, a enlevé 6 voitures de fourrages, et est immédiatement après rentré dans la place.

Dans la nuit du 31 au 1er novembre, le général Colbert avec 600 hommes du 6e léger, 2 compagnies de voltigeurs du 39°, soutenu par 1 escadron de hussards et de chasseurs et 2 pièces de 4, s'est approché de Friedrichstadt, hors de la portée du canon, a enveloppé les villages de Crakau et de Prester, de même que toutes les fermes plus rapprochées de la place. Cette opération a eu lieu à 3 heures du matin ; l'ennemi avait retiré la veille pendant la nuit tous ses petits postes antérieurs. Le feu a été mis à toutes les fermes qui

renfermaient des denrées, en sorte que l'ennemi ne peut plus en tirer aucun secours.

Les postes du général Colbert sont à une portée et demie du canon de la place, et le service se fait de manière que rien ne peut en sortir. Ses postes principaux occupent Biederitz, Alt et Neu-Konigsborn, Menz, Giibs, Zippeleben et Pechau.

La réserve d'infanterie et de cavalerie légère est à Gerwiscb, Woltersdorf, Nedlitz et Gommera.

6 compagnies de grenadiers sont à Schônebeck pour la garde du pont sur l'Elbe et prêtes à soutenir les troupes du général Colbert en cas de sortie.

Dans cette même nuit du 31 au 1er novembre, le général Marchand a fait enlever un poste ennemi de 15 grenadiers, fourni par celui de Closterberg ; l'ennemi a eu en outre 4 tués et 6 blessés. Nous n'avons eu ni tués ni blessés.

Une reconnaissance générale combinée avec les troupes du général Vandamme a eu lieu cette même nuit sur tout le développement de la ligne de blocus sur la rive gauche de l'Elbe et jusqu'aux fossés de la place. L'objet principal était d'enlever des postes, mais l'ennemi avait eu la précaution de les faire rentrer au coup de canon de retraite. La fusillade a été assez vive ; nous n'avons eu ni tués ni blessés.

On sait que la garnison est fatiguée de service ; elle le sera encore davantage par les alertes que nous lui donnons de temps à autre.

J'ai fait reconnaître le Closterberg; j'espère pouvoir l'enlever d'un coup de main ; en même temps on escaladera Sudenburg et Neustadt. Si les ouvrages de la place qui protègent Sudenburg et Closterberg s'opposent à la conservation de ces 2 points, on y mettra le feu afin que l'ennemi ne puisse y puiser aucune ressource, et qu'il soit obligé d'en recevoir la population qui est déjà trop considérable dans Magdeburg pour ne pas espérer une révolte générale si je reçois quelques mortiers pour bombarder la ville.

M*1 Net.

LE MARECHAL L ANNE S A L EMPEREUR

S te t tin, 2 novembre 1806.

J'ai l'honneur de prévenir V. M. I. que je suis arrivé hier au soir à Stettin. La division Suchet arrive en ce moment et passe l'Oder pour aller s'établir en arrière de Stargard. Cette ville offre assez de ressources pour la faire vivre. Je choisirai également un bon endroit sur la rive droite de l'Oder pour la cavalerie légère qui a grand besoin de repos.

J'ai eu l'honneur de mander à V. M. I. qu'on avait trouvé 200 pièces de canon à Stettin. Depuis on en a encore trouvé 300, ce qui fait 500 bien connues dans ce moment-ci. Il y a également de bien connu 150 milliers de poudre, énormément de boulets.

On a trouvé 46,357 quintaux de seigle, 19,785 d'avoine et 6,182 de farine. Il est possible qu'il se trouve encore beaucoup d'autres choses en subsistances: on s'occupe de dresser un inventaire exact, et aussitôt qu'il sera fait, j'aurai l'honneur de l'adresser à V. M. I.

Je désirerais que V. M. ait la bonté de me faire connaître ses intentions ; si nous devons rester ici quelque temps, alors je pourrai m'arranger de manière à ce que le soldat soit bien.

Les négociants de Stettin sont aussi Anglais qu'à Londres, et par conséquent portés de très-mauvaise volonté, ainsi que les administrations de la ville.

La place ne paraît pas être grand'chose ; la citadelle serait susceptible de défense. Damm avec quelques réparations fera une très-belle tête de pont. On ne peut arriver là d'ici que par une chaussée flanquée par des marais impraticables. Damm est à une lieue et demie d'ici. Au surplus le général Chasseloup fait sa tournée et donnera des détails à V. M.

Je suis, avec le plus profond respect et parfait dévouement,

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