De Plau à Lûbz, 16 kil
1. De Lùbz à Wessin, 23 kil"; — de Wessin à Crivitz, 5 kil. ; — de Crivitz à Rabensteinfeld, 10 kil.
2. De Crivitz à Plaie, 12 kil. ; — de Plate à Pampow, 10 kil.
2 colonnes sur un front de division toutes les fois que le terrain le permettra. L'artillerie sera au centre et formera la troisième colonne. Les chevaux de suite, les voitures et autres objets d'embarras seront laissés en arrière. Les généraux s'assureront que la troupe est bien pourvue en cartouches ; dans le cas contraire, ils lui en feront distribuer.
Le général Lariboisière donnera ordre au parc d'artillerie de se rendre à Lttbz ou le bataillon de traîneurs, commandé par le chef de bataillon Menu, aura aussi ordre de se rendre.
Le Maréchal se flatte que dans la journée de demain il n'y aura pas un seul homme qui reste en arrière ni s'écarte de la colonne et il espère même qu'au premier coup de canon qui sera tiré, ceux que les fatigues ont empêchés de joindre, seront de suite à leur drapeau.
Le général Margaron enverra prendre en avant de Crivitz la compagnie d'artillerie légère qui est affectée à sa division et il devra l'avoir réunie à elle en avant de Plate, à 7 heures et demie du matin, ainsi que les régiments sous ses ordres.
LE MARÉCHAL NET AU MAJOR GÉNÉRAL
Schônebeck, s novembre 1806.
J'ai reçu aujourd'hui à 2 heures du matin la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Berlin le 1er de ce mois et par laquelle vous me renouvelez Tordre de faire établir un pont de bateaux sur l'Elbe.
V. A. aura vu par mes précédentes lettres que ce pont existe vis-à-vis Schônebeck depuis le 25 octobre. J'ai eu l'honneur de vous adresser le — octobre le levé d'une partie du cours de l'Elbe où se trouvent le grand et le petit pont. Cette pièce contenait les observations du chef de bataillon Prudhomme, commandant le génie du corps d'armée, sur les obstacles qui s'opposent à former un établissement dans l'une des îles situées à 1 ou 2 lieues au-dessous de Magdeburg ; il résulte de ces observations qu'il faut se borner à l'île de Gommera.
Conformément à vos ordres, j'ai changé la direction des 2 régiments de dragons qui ont couché hier à Nedlitz, route de Brandenburg, pour se diriger sur Berlin. La brigade du général Picard a dû passer l'Elbe aujourd'hui à Dessau ; j'en
ai prévenu le général Klein qui m'a répondu qu'il allait rejoindre cette brigade et se rendre à Berlin avec sa division réunie.
La division du général Vandamme est absolument insuffisante pour bloquer Magdeburg sur les 2 rives de l'Elbe, le développement des fortifications étant immense. J'ai parcouru toutes les positions qu'il est indispensable d'occuper: celles de la rive droite exigent moins de monde, cependant il n'y a pas sur ce point le quart des troupes nécessaires ; et en cas de sortie le général Colbert serait contraint de se replier sur Pechau et Q-ommern, en attendant les secours que je lui enverrais de la 2* division.
J'aurai l'honneur de vous adresser avant 3 jours un plan de Magdeburg sur lequel seront figurés les camps et postes que j'ai établis sur les 2 rives de l'Elbe pour le blocus de cette place.
Ce travail, dont les officiers du génie sont occupés depuis 4 jours, prouvera à V. À. que la totalité des troupes n'est pas trop nombreuse pour bloquer une place qui renferme beaucoup plus de monde qu'on ne croit et qu'il est nécessaire d'observer de très-près, pour la priver des ressources en subsistances qu'elle pourrait tirer de ses dehors.
Les pourparlers que j'ai eus depuis 2 jours avec des officiers civils et militaires de Magdeburg prouvent plus que jamais qu'un simple bombardement ferait tomber cette place; j'ai dans ce moment les moyens de l'exécuter et je n'attends pour cela que les ordres de V. A.
Si l'Empereur désire que je laisse devant Magdeburg la division Vandamme et que je me rende à Berlin avec le surplus de mes troupes, je ne vois d'autre moyen de remplir ses intentions, sans compromettre cette division, que de négocier avec le gouverneur comte de Kleist un armistice qui constituerait cette place en état de blocus, sans aucune espèce de communications avec le dehors pour une durée fixe de 15 jours ou d'un mois. Je pourrais réussir dans cette négociation. Le gouverneur m'a renouvelé hier la demande d'un passeport pour un de ses aides de camp qu'il désirait envoyer
à Berlin pour s'assurer de la situation des armées prussiennes; il proposait une cessation d'armes jusqu'au retour de cet officier. J'ai offert ce passage aux conditions que la ville se rendrait aussitôt qu'il serait prouvé qu'il n'existe plus d'armée prussienne ; cette condition n'a pas été acceptée.
M. le baron de Williben, ancien lieutenant-colonel au service de Prusse, président du premier cercle de l'administration de Magdeburg, et qui réside à Strassfurt, a été nommé commissaire par les autorités civiles de la province pour se rendre à Berlin près de V. À., et s'il est possible auprès de S. M., pour obtenir que la place ne soit pas bombardée. Cet officier a fait d'inutiles efforts pour convaincre le comte de Eleist que l'opiniâtreté de la défense est sans objet dans les circonstances actuelles ; il prétend que la place renferme plus de 16,000 hommes de toutes armes; je crois ce nombre exagéré.
Je prie V. A. de me faire connaître à quel parti je dois m'arrêter ou de me borner à un simple blocus ou de bombarder la place, ou enfin de négocier un armistice pour retirer la moitié de mes troupes et les diriger sur Berlin.